A la battue avec des calibres de pistolets de cow boys ?
L’arme rayée se démocratise chez nous, même à la battue grâce à l’approche-affût, la lutte antiparasitaire avec des « packs » aisément disponibles et une notion de prix où les carabines à levier de sous-garde commencent à faire leur entrée, ce qui aurait fait plus que sourire il y a vingt ans, pensez, des « carabines de cow-boys » au saut du layon…
L’offre s’est densifiée, nous en avons souvent parlé ici (1), et nous n’aborderons pas ce jour les calibres puissants (444,450 Marlin et autres) qui ne font plus rigoler grand monde au saut du layon tant ils sont puissants et efficaces. Ni ceux prévus au départ pour des armes longues (45-70, 30-30) mais sur l’offre de base sur des calibres qui peuvent être attractifs car ce sont ceux (38 SP, 45 ACP, 44 Magnum) d’armes de poing qui peuvent intéresser les tireurs-chasseurs (eh oui, il y en a plus qu’on ne croit) mais surtout les débutants du fait d’une disponibilité variée et importante (2). Ci-contre la différence entre le 38 SP et le 357 Mag.
Quelques considérations balistiques sont à prendre en compte d’entrée : avec les composants modernes des poudres il y aura nécessairement augmentation de la vitesse dans un canon généralement trois fois plus long, puisqu’on passe grosso modo d’une vingtaine à 60 centimètres . L’autre avantage sera le recul moindre pour des calibres d’armes de poing qui peuvent faire peur, qu’il s’agisse du célèbre pétard de l’inspecteur Harry (44 Mag), jusqu’à des calibres « infernaux » comme le 454 Casull ou le 460 S et W qui deviendront, épaulés sur des carabines custom, doux comme des moutons.
Comme bien souvent, le choix des munitions sera important et il faudra par principe éviter celles des semi-autos (38 Spécial qui est un 9 mm, 45 ACP) car elles ont des étuis courts ne pouvant encaisser la charge de poudre lente qui, seule, permettra l’augmentation de la vitesse dans un canon long. Autre écueil, les balles d’armes de poing à pointes creuses qui seront trop fragiles à l’impact, et donc dans l’optique chasse, aller aux balles chemisées, mais aussi les semi-wadcutter qui pourront présenter des problèmes d’alimentation.
Vont donc rester le 357 magnum (qui est un 38 bodybuildé), et surtout le 44 Magnum dont le poids de la balle à lui seul (270 grains contre 180) nous indique ipso facto la bonne direction. Aux USA, nous l’avons évoqué plusieurs fois ici, c’est un des calibres courant de la chasse à l’arme de poing dont les performances vont immédiatement nous parler. Dans un revolver, sa balle de 15 grammes file à 400m/s et donne encore 2000 Joules à 50 m. Dans le canon long d’une carabine on gagnera 100m/s, et donc à peu près les performances d’une Brenneke, mais avec un projectile de 15 grammes donc deux fois moins lourd mais aussi plus pénétrant. On le voit, ce sera l’idéal pour le traqueur et en rien ridicule ni en précision ni en pouvoir d’arrêt jusqu’à 50 mètres, la grande diversité de chargements étant aussi à prendre en compte pour s’adapter à l’utilisation chasse.
Conclusion, hormis les questions de choix de marques, de goûts et de couleurs dans les calibres de pistolets pour les armes d’épaules, faites plutôt comme Clint Eastwood que comme Yves Montand !
1/Voir nos archives du 1er juin 2017 (« chasser au 44 Magnum ») et du 21 avril 2017 (« chasser…comme des cow-boys » !)
2/ En trois clics sur le Net, on trouve en 44 Magnum un modèle Winchester 92 chez Chiappa, une 73 Carbine chez Uberti, une Big Boy chez Henry, un Modèle Winchester 94 chez Marlin. Toutes ces marques font bien sûr aussi du 38 Spécial, du 45 et du 357mag. Rossi fait 17 types de carabines à action levier de sous-garde (ci-contre à g.) dans tous les calibres précisés mais aussi le 44-40W et même le 454 Casull.


