Le 270 Winchester Short Magnum n'a pas enterré son aîné
Le mieux est-il l’ennemi du bien ? En 2003 quand il est sorti, le 270 Winchester Short Magnum semblait vouloir pousser son illustre aîné (datant de 1925 !) vers la sortie, et envoyer aux oubliettes de l’Histoire ce calibre emblématique du fusil de sport à verrou polyvalent.
Popularisé par le journaliste et écrivain-chasseur spécialiste du tir des ongulés à longue distance Jack O’Connor, le 270 et ses balles de 90 à 150 grains était souvent associé à une autre vedette de la chasse américaine du wapiti, la carabine Winchester modèle 54, et les limites des poudres des années trente l’ont boosté, après-guerre, quand arrivèrent sur le marché, les surplus de productions plus lentes et progressives. Il est toujours parmi les plus vendus dans le monde, et peut même s’employer en battue du fait des nouvelles balles apparues récemment sur le marché, tant qu’on ne table pas sur de très gros animaux.
Issu du 4O4 Jeffery (tout comme le Remington Ultramag) le 270 WSM ne doit pas faire oublier, dans le même esprit de recherche de vitesse accrue sur une action courte, le 270 Weatherby magnum apparu en 1943 sur base de cartouche de 300 HH. Sa cartouche très courte (7,04X72,64) en forme de petite bouteille (10% plus petit que les deux autres 270) permet des boitiers courts et allégés, et avec une même balle de 150 grains, elle gagne 100m/s par rapport à son illustre devancière. Par contre, son taux de torsion (1/10) nuit à la stabilité des « grosses » balles de 170 grains et plus pour lesquelles il faudrait « tordre » les rayures jusqu’à 1/8. Une problématique qu’a su résoudre le 6,5 Creedmoor, ce qui explique son succès grandissant…Nous y reviendrons dans le prochain envoi.
Autre écueil pas trop bien vu par les fabricants, la longueur des canons employés sur des carabines semi-auto au canon trop court de 52, là où il aurait fallu 62 ou mieux 66 pour exploiter au maximum le potentiel des poudres modernes…ce qui ramène les performances au niveau du prédécesseur (1). Ajoutons à cela la forme « bouteille » qui peut poser des problèmes d’alimentation selon les armes, mais aussi le prix des munitions (2), des armes (3) et de la chasse (même plafond des animaux de poids moyen) on se rend compte qu’il s’agit de bien réfléchir avant de se décider pour ce calibre certes moderne mais également menacé par d’autres nouveautés vues plus haut. Ci-dessous à g. le 270 Winchester face au WSM au centre et le 270 Weatherby à dr. Si le 270 W affiche une forme classique, on voit bien la forme « bouteille » du WSM, et le Weatherby est un magnum ceinturé à fort angle épaulement.
1/Comparaison des moyennes à 100 mètres des trois munitions. Le 270 Winchester fait 800m/s et 2500-3000 joules ; le 270 WSM : 900m/s et 3500 joules ; le 270 Weatherby Magnum : 950m/s et 3500-3800 joules.
2/De 40 à 70 euros la boîte de 20 pour le WSM, et moitié moins pour le 270 qui fait souvent l’objet, en plus, de soldes dans les grandes surfaces quand il arrive de nouvelles munitions dans ce calibre demeurant un des dix parmi les plus employés au monde.
3/Le 270 est très courant sur le marché de l’occasion en France car n’étant pas catalogué calibre « de guerre » avant 2013 où on le trouvait un peu partout en concurrence avec le 7X64 et le 280 Remington, trois calibres medium dont les performances sont proches.


