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12 juin 2019

22 LR : 1975, le "coup de tonnerre" CCI Stinger

Première 22 LR hyper véloce, la CCI Stinger « piqua » la curiosité de tous les utilisateurs du populaire petit calibre, nimbée déjà d’une auréole de cartouche « qui pète », et trop mise à toutes les sauces dans une période où cette munition basique était encore bonne « à tout faire » dans nos campagnes.

Il y avait bien une « 22 » dans toutes les familles sans qu’on s’intéresse trop aux arcanes de la balistique ni qu’on comprenne que cette piquante Stinger n’était pas vraiment une munition « de chasse » aux nuisibles (pour laquelle le 22 Mag existait déjà), ni vraiment de tir précis, mais un système total allongeant au-delà de cent mètres le tir d’une munition datant de 1887, les hautes vitesses ayant déjà été défrichées en 1930.

jkb

Commercialisée avec l’attrait d’une nouveauté « décoiffante » (1) dans les années 1976-77, l’idée était, dans un étui plus long (0,71 pouce ou 18mm) que la normale (0,595 pouce ou 15,1mm), permettant d’y mettre un peu plus d’une poudre très lente, l’astuce, pour rester dans la dimension standard (25,4mm) de la munition, une balle plus courte et légère (32 grains) que la normale qui est de 40 grains. On voit bien ci-contre à g. la différence  structurelle entre une 22 LR "normale" (à g.) et le fameux bolide (à dr.) Un tel cocktail était bien sûr fait pour des canons longs de carabines à verrou, et à l’époque encore largement fournie en semi-automatiques à culasses flottantes, le gain de vitesse et de puissance (de 15 à 20%) furent plus ou moins bien acceptés selon les armes. Le cycle pouvait être perturbé par l’étui plus long, notamment dans le tir aux armes de poing où là, on décuplait l’énergie d’une munition basique pour titiller, avec une balle minuscule de 32 grains dans un canon de 4 pouces, celles quatre fois plus grosses des standards de l’époque (7,65 voire 9mm) ! Voir ci-dessous les dégâts de son tir dans la plasticine. Avec, en plus, la réputation poussée par les concurrents soucieux de protéger leurs produits, d’user les canons, et de générer des points de pression plus importants (2), certaines marques (Ruger entre autres avec son 10/22 Target) recommandèrent de ne pas l’utilise,r notamment dans les armes de match aux chambres plus finement usinées.

images

Néanmoins la polémique aidant, un peu dans le genre de celle actuelle autour des « énormes » balles Aguila SSS de 60 grains…tout le monde (3) se mit un peu à faire de ces petites balles très rapides avant qu’on se rende compte que l’on perdait en précision ce qu’on gagnait en puissance, le projectile se déstabilisant lorsqu’il passait en subsonique vers cent mètres, distance courante d'utilisation de ces petits projectiles. La solution fut donc trouvée avec les hyper véloces actuelles qui sont toutes remontées à 40 grains. La CCI Stinger reste donc encore plus rapide que ces balles qui ont suivi et avec un peu plus d’énergie, mais en étant moins précise et surtout plus sensible au vent latéral.

Performances comparées à 50 m : une 22 LR standard de 40 grains file à 260m/s et tape 100 joules (4) ; une HV actuelle en 40 grains 300m/s et 137 joules ; la CCI Stinger 400m/s et 169 joules. Mais à 100 m, les HV de nos jours sont proches en puissances : 111 joules contre 121 tout en étant plus précises et groupant mieux. Dans l’option « varmint », certains sites, avec du bon matériel donnent un carré de 60cm à 200 m. avec les hyper véloces actuelles. 

1/Aux USA, des fabricants comme Green Mountain firent parfois des canons à chambre spéciales avec taux de torsion différent, et c’est même en France (Senix) que fut fabriquée une variante « perforante » à pointe acier.

2/Ce qui peut se discuter car s’il y a plus de vitesse, une balle de 32 grains a moins de surface d’appui et donc de friction.

3/Citons pêle-mêle : la Remington Yellow Jacket (33 grains), la Viper (36 grains), l'Aguila Supermax (30 grains), la Winchester Varmint HE (37 grains)

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4/ Pour donner une idée du « pouvoir d’arrêt » d’une 22 LR dans l’option « chasse », l’auteur il y a bien longtemps (il y a donc prescription…) dans les années 70, avec une Anschütz 1386 à un coup, identique à celle-ci-contre, visée fer, hausse relevée à fond, en long appui sur un mur, à 92 m (mesurés hé !), avec une subsonique de base pointe creuse, culbuta un garenne, semble-t-il indemne au premier abord ! Etait-il cardiaque ? C’est en examinant soigneusement l’animal qu’on finit par trouver une minuscule goutte de sang, et l’orifice d’entrée sur le flanc. Pas de point de sortie, et c’est pourtant pas trop épais un pauvre lapin n’est-ce-pas ? En dépouillant, mare de sang à l’intérieur, le projectile y avait totalement expansé.

 

 

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