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19 septembre 2019

Sanglier : sur la piste des "slugs" classiques

Le sanglier est là, on va tirer beaucoup plus qu’autrefois où l’achat d’une balle de balles Brenneke pouvait couvrir une décennie, (au risque d’ailleurs qu’elles « pètent » pas trop bien d’ailleurs !), et l’offre en munitions s’est beaucoup diversifiée. Nous avons déjà suffisamment abordé ici l’arrivée des « limaces » américaines (1) pour revenir seulement sur l’aspect pratique qu’elles peuvent nous apporter.

poqq

 

Le contexte historique permet de comprendre en quoi ces balles ne sont pas si nouvelles que ça, bien que différentes d’emploi au départ. Le tir « à la balle franche » en Europe où la battue reste reine connut sa modernisation dès le début du XXè siècle avec la balle Brenneke (née en 1898). Aux Etats-Unis c’est la grande crise économique qui popularisa la balle construite par Karl M.Foster en 1931. Il s’agissait de doper les caractéristiques du « 12 gauge »  l’arme familiale qu’on trouve dans toutes les fermes du Midwest pour accéder à la venaison du grand gibier (principalement whitetail et wapiti) bien utile aux familles rurales touchées par la Grande Dépression.

Comme notre balle Minié de la guerre de 1870, le principal atout du projectile était sa base creuse et large qui, sous l’action des gaz à haute pression, faisait joint d’étanchéité. Par ailleurs le projectile au poids élevé, avait trop peu de qualités aérodynamiques pour rester stable en vol : le « Firearms fact book » de la NRA de 1964 la limitait à un tir au-dessous de 75 m où elle avait perdu déjà 60% de son énergie et donc en dessous des 1500 joules requis. Il n’en demeure pas moins qu’elle effectuait parfaitement son travail dans cette limite, étant également très utilisée pour le tir aux silhouettes métalliques encore inconnu chez nous.

remcopp deux

Après les années 70, la modernisation des alliages, des poudres, des bourres, étendit les performances de ces balles encore inconnues en France au moment où les « balles techniques » (BFS, Fier) venaient compléter une offre déjà bien diversifiée des Brenneke. Là-bas, le « tir long » a beaucoup plus d’adeptes, qu’il s’agisse des « deer hunters », mais aussi du gibier d’eau (appelants vivants interdits), ou particulier : dindon sauvage, oies des neiges, avec des armes spécifiques mono-canons « singleshots », pompes ou semi-autos. Les « slugs » y sont répartis en deux catégories, classiques à rainures, et surtout ensabotées mais pour canons  « rifled » ou rayés à des taux de torsion (1/34) bien différents de ce qu’on voit chez nous, soit en boyaudés, dispersants ou non.

rem copper

Attention donc aux offres récentes qui nous sont proposées pour ces dernières balles dont le prix déjà (trois fois plus qu’une slug basique !) doit nous alerter. Une Remington Premier Copper Solid règle dans 3 pouces à 100 m et 4 pouces à 200m tirée dans un fusil dédié comme le 220F Savage qui a le look et l’action d’une carabine à verrou. A 100 mètres elle tape 413m/s soit 120 joules de mieux qu’une 30-30 de 170 grains !  Voir ci dessus à dr, comment elle agit au choc. Vous l’aurez compris, pour tirer ces petites merveilles faut donc des canons rayés spécifiques au pas US qui permettront au sabot de s’y adapter et de faire tourner le projectile à une vitesse gage de précision. Dans un lisse classique une telle balle sabot de qualité suprême est un gaspillage d’argent car, ne tournant pas, elle sera moins précise, ne se séparera pas correctement de la balle et déstabilisera la trajectoire davantage qu’un slug classique. Par contre, une de ces dernières sera un poil améliorée dans un tel canon rayé. Notre photo ci-dessous à dr. : non, vous ne rêvez pas, le Savage 220F n’est pas une carabine, et il tire bien des cartouches de 12 comme vous et moi !

savage

Mais ne nous y trompons pas, les sites US de « whitetails » nous montrent que 65% des chasseurs utilisent toujours ces slugs classiques, et c’est là où nous voulons ne venir : en quoi ces balles peu onéreuses qui arrivent désormais massivement sur le marché, sont-elles intéressantes pour nous ? Les critères optima d’emploi ont déjà largement été identifiés là-bas. Utiliser des mono-canons qui ne bougent pas beaucoup, et plutôt longs pour une utilisation de toute la combustion, assortis à des optiques, points rouges, et mêmes scopes entre X1 et 4, ou 2X7 en ménageant un dégagement oculaire mini de 3,5 pouces. La distance (pas plus de 50 m) doit être maîtrisée, tout comme le tir qui ne doit pas singer ce qu’on fait habituellement à la passée ou à la billebaude. Il faut plutôt s’inspirer, d’ailleurs le matériel y incite pas mal, de ce qu’on fait à l’arme rayée : bien épauler, surtout en bloquant parfaitement le devant pour éviter sur des canons longs et des vitesses relativement lentes par rapport au rayé, le saut de canon. Les balles doivent aussi être entreposées à température constante, et surtout à l’abri de l’humidité car, nous pouvons tous le constater les cartouches à balle sont béantes vers l’avant, l’étanchéité donc des plus aléatoire, et on imagine les conséquences d’un long feu, notamment sur un semi-auto.

oib,,

C’est sans doute l’argument prix, surtout si on tire beaucoup, notamment en réglages (2) ou à l’entraînement, qui peut valoir pour ces slugs modernes mais basiques proposées désormais en France par toutes les grandes marques mondiales dont on voit un exemple ci-contre. L’écart qui est de 1 à 7 avec les « suprêmes » américaines, est encore de 1 à 3 ou 5 avec les « techniques » françaises Fier et BFS, et seules les Gualandi (3) Tunet (Tornade) et Rottweil (Exact) boxent à peu près dans la même catégorie, ces dernières semblant plus précises, mais aussi plus « perçantes »…ce qui peut aussi être un atout pour la recherche au sang.

1/ Voir notre archive du 22 avril 2107

2/ De plus en plus, les Fédérations proposent maintenant de telles sessions gratuites de réglages avant-saison pour leurs armes lisses, dont tous les chasseurs de grand gibier auraient intérêt à profiter.

3/ Voir notre archive du 8 novembre 2016

 

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