Virus...de la chasse et confinement : des leurres pour tromper...le temps !
Dans la foulée de notre article précédent où nous avons conseillé de profiter du temps nouvellement disponible pour peaufiner l’intersaison, il fut question des formes et leurres, par force au repos. Tous ces petits accessoires sont d’autres compagnons, des vétérans de campagnes passées, évocateurs de tant de souvenirs de passées mémorables…Les bichonner c’est une autre manière, en ces temps de crise, de s’évader, et par l’esprit, de chasser encore.
Voilà notre « malard » qui servait de limite de tir en bout de mare qui revient tout éclopé, un bout de bec en moins, d’un tir un peu optimiste lors des premiers coups de froid, et cette bourre, rescapée d’un achat groupé…il y a vingt ans qui revient le c.. plombé, enfoncée basse sur l’eau depuis des semaines. C’est le temps de passer au karcher tout ce vieil équipage marqué de lignes d’écume, de barbes verdâtres. Bien souvent tout l’appareillage « sous-marin » est à reprendre, usé par les frottements, la corrosion. Et au-dessus la peinture s’est écaillée, et c’est l’heure de gloire de la petite machine rotative qui sert à percer, meuler, scier. Le tout bien sec, il faut repeindre avec deux écoles, celles du mat, plus réaliste, et du brillant qui tient mieux dans le temps et dont on peut bien sûr ensuite atténuer la brillance.
Disons-le tout de suite, il est vrai qu’on peut, sans trop se casser la nénette, acheter du tout fait et renouveler ainsi, mais, vous l’aurez compris, c’est comme pour les cartouches, il est toujours agréable de s’amuser, au fond du garage à faire durer le plaisir, né du confinement, éventuellement, une bière à la main…Pour la peinture, il est inutile de tomber dans l’excès de réalisme. Nous verrons dans le prochain envoi combien certains leurres, particulièrement aux USA, confinent à l’oeuvre d’art, ce que dément l’expérience. Autrefois il s’agissait de bouts de bois informes, de bidons sommairement peints.
On prête aux oiseaux, et ça vaut pour les anatidés comme les ramiers et les corvidés, parfois plus d’intelligence qu’ils n’en ont vraiment. Ce qui compte en fait c’est surtout c’est de camoufler le chasseur. Trois teintes de bases peuvent suffire : le noir, le « tan » (ocre), et le « olive drab » ce vert militaire (1), tout ça en mat, chez les soldeurs à moins de dix euros en comptant les pinceaux, les colliers serre-câbles, les textiles camos pour les filets et postes. Le plus cher reste encore la peinture à maquettes, le blanc mat pour les ailes et certains petits détails comme le « collier » des ramiers.
Ces derniers, après le canard qui ouvre plus vite et donc être prêt avant pourra être fait dans la foulée. Pour les formes pleines nous sommes, sans les « dégâts des eaux » dans la même dynamique que les becs plats : brosser, assombrir ce que le soleil a éclairci, et surtout jouer sur le blanc mat. On retrouve la polémique « détails » qu’on peut mettre en opposition avec les trois modèles à suivre : FUD néoprène (à relever de blanc), chaussettes U.V., et surtout Sillosocks. Celles-ci, en papier sont infâmes tenues en main tant le souci de détail semble bâclé…mais vu à 30 m. c’est autre chose, petites girouettes se dandinant au vent et dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Leur seule limite, c’est la pluie, le grand vent…les buses qui les empoignent et les relâchent plus loin preuve s’il en est qu’elles trompent leur monde, et donc leurs congénères !
A contrario, les chaussettes U.V. sont magnifiques, idéales pour « habiller » de vieilles formes pleines fatiguées, et même « déguiser », pour faire nombre, un corbeau ou deux en leur raccourcissant le bec. Malgré tout, les formes F.U.D. en néoprène restent les plus polyvalentes, car pliantes, faciles à emporter, offrant des possibilités de postures diverses (picorant, en éveil, dormant) et des décorations toutes différentes en 3D, mais qui perdent de leur éclat au fil du temps. C’est là que le blanc mat, à refaire quasi tous les ans, joue pleinement son rôle pour qu’elles restent attractives. C’est le jeu de formes qui doit rester à demeure dans l’auto, pour se décider au dernier moment, et chasser léger. Ci-dessus, dans l’ordre de g. à dr. les Sillosocks, les chaussettes U.V., les F.U.D. toutes fort différentes mais utiles dans la saison en aide au MP153 (de 93 cm de canon avec le choke « Kicks » !) et les cartouches « High Flyer » de chez Tunet, chères certes, mais imparables au posé lointain avec un tel attirail.
1/ Ces couleurs basiques, avec le blanc, se combinent pour à peu près tout couvrir en teintes de base. Ne pas oublier que, dans la pénombre, là où se chasse la sauvagine, c’est la notion de masse, plus que de détails, imperceptibles du haut du ciel de toute façon, où l’eau réfléchit en outre la lumière du ciel, qui compte.




