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12 avril 2020

1956 : les premiers concurrents sérieux du Browning Auto 5

C’est un peu le fil rouge et le thème de cette année. Il fallut en effet attendre 1956 pour voir à peine égratigné le leadership du Browning Auto 5 qui trônait depuis 1903 seul et en majesté sur le marché du semi-automatique. Il fut attaqué, faut-il s’en étonner, par Remington à l’expiration des brevets, mais plus étonnamment, par une chaîne de grands magasins et son catalogue genre Manufrance qui faisait tout sous-traiter sous le nom « J.C. Higgins »…qui était celui d’un de ses comptables !

higgins

 

Quelques mois séparent les sorties de ces deux armes, la plus originale étant certes le modèle 60 de Sears-Roebuck puisque fonctionnant par emprunt de gaz, en 5 coups comme les premiers Auto 5, et fabriqué par High Standard. Cette chaîne de grands magasins (arrêt en 1993…deux ans avant que démarre Amazon !) associée à un catalogue de vente par correspondance que l’on trouvait dans tous les foyers, proposait des armes commercialisées soit sous le nom J.C.Higgins (pour faire « Old West »), ou des succursales fabriquées dans tous calibres par Savage, Winchester et Marlin (particulièrement en 22 LR), et surtout en 30-06 et autres calibres rayés courants par la F.N. et Husqvarna en système Mauser. La cote de ces dernières est actuellement au plus haut, car elles bénéficiaient des qualités métallurgiques de l’après-guerre.

Higgins 60

Ce modèle 60, uniquement fait en 12 et en 20 disposait d’un système de valve volumineux engendrant un devant disproportionné (ci-dessus à dr.) qui le déséquilibrait visuellement et au tir, et continua d’être produit à partir de 1962 par High Standard sous son nom (modèle C 1200 Supermatic), qui servit de base au premier semi-auto lisse en « bull-pup » le modèle HS 10 B produit de 1967 à 1977 pour les forces de police (ci-dessous à g.) . La maîtrise encore balbutiante de l’emprunt de gaz (les premières études dataient de 1953) ne permettait pas de tirer parti des 5-6 coups (selon rallonge), le recul endommageait les piles et la lampe surmontant une arme de plus exclusivement droitière.

hi s mod 10B

Remington qui avait fait le modèle 11, quasi clone de l’Auto 5 jusqu’en 1948, se servit bien sûr, à l’arrêt des brevets Browning de cet avantage pour faire un mélange d’ancien et de nouveau en tenant compte des techniques de production de masse apprises de la guerre. Gardant le long recul, il faisait largement appel à l’emboutissage, les nombreuses vis et contre vis de blocage étaient remplacées par des goupilles, le tout étant aminci et allégé sans la fameuse « bosse » caractéristique avec, en plus un astucieux dispositif plus pratique pour les charges lourdes ou légères. Il suffisait de tourner le bouchon de magasin repéré par les lettres L (pour light= léger) et H (pour heavy ou lourdes) pour passer rapidement de l’une à l’autre sans le fastidieux démontage de la longuesse, et le risque (bien sûr souvent rencontré !) de les remonter à l’envers.

rem 11-48

Produit de 1948 à 1968 il atteint, (ci-contre à g.) avec la version Sportsman 48 à 730 000 exemplaires en 12-16-20-28-410, tandis que les ingénieurs de Remington planchaient déjà, depuis 1950 à partir du modèle à pompe 870, sur un remplaçant à gaz plus abouti, le Remington Automaster (mod 878). C’est ce qui explique que certaines pièces et la silhouette générale sont plus ou moins communes entre ces modèles qui aboutirent en 1963 au Remington 1100 qui finira, mais c’est une autre histoire, à finalement détrôner l’Auto 5.

Néanmoins, fort déjà de l’expérience ancienne des aînés (Remington 11 et Auto 5) sous les drapeaux, le 11-48 fit son apparition lui aussi en Corée et au Vietnam aux mains des Marines. Il a, sur les sites spécialisés, la réputation de « cogner » assez dur au recul car ne nécessitant aucun réglage autre que la lubrification, l’usure et le jeu apparaissent assez rapidement, avec un effet de martelage amplifié, notamment avec l’usage des huiles modernes très fluides. Retour aux sources donc, et aux préconisations (…en 1900 !) de John Moses Browning, d’employer de bonnes vieilles huiles moteur bien grasses. Ce qui vaut d’ailleurs toujours actuellement pour l’Auto 5, car elles « collent » plus au tube-magasin, et évitent de filer toute suite dans le bois, d’où « craques » dans le devant…antienne connue !

 

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