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1 mai 2020

L'Auto 5 a-t-il contribué à "sauver" le calibre seize ?

Une question volontairement provocatrice car, outre ses autres qualités déjà évoquées ici, il existe autour du « sixteen » une mystique de la transmission, emportant l’âme de tous ceux qui l’ont servi, pour rester, finalement actuel dans ce calibre. A un point tel que la firme Browning lui a trouvé en 2016 un successeur qui n’a plus que « la bosse » en commun avec son aîné.

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Esthétique, élégance et légèreté ne doivent pas faire oublier la technique. On sait que le premier Auto 5 sortit des chaînes de la F.N. à l’entrée du siècle, mais il fallut attendre 1909 pour voir le premier 16, John Moses Browning s’escrimant à trouver chaussure à son pied pour ce calibre qu’il hésita à faire partir d’un vingt (1). Il connut un succès instantané au skeet du fait de son poids léger, il en sortit 3200 la première année, et autour de 20 000 en quinze ans avant la Grande Guerre. Et c’est au même rythme, donc autour de 6000 de plus dans les années vingt. En 1929, la première bande ventilée apparut en option, le buste de JMB sur le boitier en 1934, et le modèle mythique « Sweet Sixteen » en 1936-37 dont la production devait se poursuivre au-delà du Standard (1909-1964) au Japon (1988-92) avec des chokes amovibles Invector Plus et quelques modifications mineures comme boutons ronds différents et quadrille simplifiée.

anneau 16

Ce « Sweet Sixteen » avec crosse évidée, carcasse allégée, trous dans l’anneau de canon, détente dorée fut la véritable vedette dans ce calibre lui faisant gagner 350 grammes. Et comme il ne fut dûment estampillé sur la carcasse en tant que tel qu’en 1948, les modèles précédents dit « virtuels » ou « fantômes » sont assidument recherchés par les collectionneurs de nos jours. Dans le période d’après-guerre, le calibre seize brillait encore de mille feux, c’était le fusil de base de la chasse française, son alésage étant idéal pour la charge de 28 grammes. Or, dans la période cruciale des années 70 où il commençait à être concurrencé par Remington (modèles 870 puis 1100) notamment, et qu’il se transmettait de père en fils, il maintint son avantage. Tout cela parce que ces derniers restaient lourds car n’offrant qu’un petit alésage monté sur une carcasse de 12 avec en plus de longs canons de 28 pouces quand le Sixteen était parfaitement équilibré avec des canons de 22, le plus souvent en full pour la sauvagine.

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Bien sûr, c’est là, avec la bille d’acier, l’avènement des superposés et des semi autos à gaz puis inertiels qu’il prit du plomb dans l’aile, mais pas vraiment en seize, même face à la concurrence du 20 et du 28 récemment mis à la mode. Tous ceux qui traînaient plus ou moins dans les armoires maintenaient un calibre qui n’a certes pas accès aux cartouches magnum de 3 pouces (chambre 76), mais avec son plus gros canon fera tout mieux qu’un 20, même si ce dernier, de nos jours…est presque un 18 ! Le seize (alésage de 66,7) est d’origine un peu plus fort que le 20 (alésage 61), mais « back bored » en plus, il peut désormais atteindre 66,5 ! Il n’importe, pour 28 grammes de plomb, c’est un « mange tout » qui pourra même monter à 30 grammes et encore tirer du 4 ou du 5.

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Même face au douze, dans l’après-guerre, il faisait bonne figure car son alésage (catalogue Browning de 1965) était serré pour déjà aligner la gerbe et que tout ne se fasse pas au seul niveau du choke (2) dans un canon court de 62 cm, avec des bourres étanches en feutre qui se dilataient moins que nos bourres à jupe. Sa constriction « full » était également de 0,31 quand l’ensemble de la production de l’époque était de 0,35. Les overbores actuels s’intéressent plus au recul qu’à l’efficacité de la gerbe, le seul reproche que l’on puisse adresser à cette technologie serrée pour « piquer » sur un monocanon, qui plus est à 5 coups (à l’origine, mais 3 en fait) étant de ne pas tenir compte des harmoniques et avec des compositions d’aciers changeantes.

1/J.M.B. n’a pas réduit le douze, mais dut tout repenser pour le 16 qu’il hésita à faire à partir d’un 20…calibre qui ne fut d’ailleurs produit qu’en 1958, soit 32 ans après sa mort !

2/Avant 1924, la qualité des étranglements n’était pas indiquée, puis marquée en toutes lettres après 1934, et varier encore deux ans plus tard avec code lettres et astérisque.

 

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