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30 octobre 2020

Winchester 70, l'arme du carabinier

Souvent effleurée ici (1), cette arme mythique du paysage US, s’est finalement « mondialisée » depuis qu’après quelques tribulations financières en 1981 elle est désormais finalisée à l’usine du groupe Browning de Viana (Portugal). Depuis 1936, elle est restée constante en précision et les versions « pré 64 » sont des « collectors ».

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Sortie au moment de la Grande Dépression dans une époque où la main d’œuvre qualifiée pas encore décimée par la guerre était bon marché elle prit la suite de dix ans (1925-1936) du modèle 54, un bon fusil à la détente lourde, peu élégant mais qui avait eu le mérite de lancer le 270 Winchester. Elle conservait le système Mauser à deux tenons, mais en plus raffiné et onctueux, une sécurité à trois positions permettant le montage bas des optiques, mais surtout de décharger la sûreté engagée, tout en indiquant d’un seul coup d’œil où vous en êtes. La détente était au départ réglable, mais la crainte des procès (les autres marques firent de même) obligea à la mettre hors de portée des inconscients…ce qui fit les beaux jours de « l’after market » et des marques bien connues de nos jours : Shilen, Timney et autres Jewell.

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Elle bénéficia en outre comme on dit maintenant d’une « bonne presse » avec parmi ses thuriféraires Towsend Whelen et surtout Jack O’Connor, lequel, précisons-le, n’utilisa jamais les modèles « usine » qu’il faisait alléger et customiser par l’armurier Al Bielsen. Elle se fit dans tous les calibres habituels, dont un modèle Supergrade aux bois luxueux, une Alsakan pour les 338 et 375, et African en 458, de même qu’en dotation au compte gouttes pour les snipers de la seconde guerre mondiale et du Vietnam.

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Le changement radical de 1964 avec de l’alimentation contrôlée (ci-dessus) au profit de l’alimentation poussée s’expliqua pour des raisons de coûts de fabrication car elle nécessitait bien plus d’usinage et de main d’œuvre que ce qu’offrait Remington son principal concurrent. En 1949 la Remington 721-722 se vendait 75 dollars, et le modèle 70 presque le double (110 dollars). En 1962 le nouveau modèle 700 de Remington respectait encore à peu près la même marge, en offrant en outre le tout nouveau calibre 7 Remington Magnum. Comme le montre l'affiche ci-dessous, on pouvait tout tirer "du chien de prairie au lion chargeant" ! 

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Le modèle léger Featherweight qui était apparu en 1952 concomitant de la sortie du 308 Winchester ne parvint pas à décider les adeptes du 30-06 dont il était issu et proche, et il fallut attendre 1955 et l’adjonction des autres calibres courants (243, 270, 30-06) pour qu’enfin le succès de cette version démarre. On gagnait presque 2 livres (6,5 contre 7,5) sur le modèle standard en économisant un peu sur le bois avec deux gros trous dans la plaque de couche, un magasin alu au lieu d’acier, un canon aminci de 22 pouces au taux de torsion polyvalent de 1/ 9,5 adapté à la variété de poids de balles pour les calibres moyens. Malgré une densité des bois variables, (on vit des 243 plus lourdes que la version 30-06), on arrivait avec optique, bretelle, et le plein de 5 cartouches à 8 livres donc un gain assez appréciable d’une livre sur les carabines habituelles.

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En 1992, donc bien après l’arrêt de Winchester Olin (1981) une version « Classic » fit un retour sur la formule pré-64, mais en tenant compte bien sûr de moyens de production ayant changé sous l’égide USRAC, puis Giat-Browning (1985), puis FN (1990), avec la fin annoncée du modèle 70 en 2006, mais accord ensuite sous licence par Browning et assemblage depuis 2013 dans son usine de Viana (Portugal). Comme autour de la production « pré-64 », il existe aux USA un véritable culte du modèle 70, ceux d’avant-guerre étant particulièrement prisés, mais nonobstant toutes les considérations techniques ou de modèles énoncées plus haut, c’est, en près de 85 ans, la constance de la précision qui semble la plus évidente. En 1965 déjà, pour Guns Digest, Bob Hagel, sur 5 coups avait mesuré en 300 Winchester Magnum un écart à 100 m. de seulement 1, 34 et 1,41 pouces sur « pré 64 » ou non. Et bien plus tard, celle des années USRAC autour de 2 pouces. Nous sommes là aux environs de 3,4 et 3,6 cm voire 5 cm à comparer à la « minute d’angle » (2,9cm) dont on parle plutôt fréquemment aujourd’hui, et toujours donc dans la zone mortelle d’atteinte grand gibier avec une arme mythique « the rifleman’s rifle  ».

1/ Voir nos archives du 19 octobre 2019 sur l’évolution des carabines à verrou US, et de 24 décembre 2019 sur la définition « pré-64 » chez Winchester.

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