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11 mars 2021

Dans le Grand Nord : loup y es tu ?

La chasse au loup n’est pas problématique qu’en France. Les Etats-Unis, comme nous, entamèrent au XIXè une éradication sur laquelle plusieurs états ne sont revenus qu’en 2012, et encore avec des variantes dans les modalités car certains endroits comme l’Alaska, ou le Canada qui ne les ont jamais protégés. Le débat y est autant, sinon plus politisé qu’en France, éleveurs contre associations écologistes possédant, Outre-Atlantique, des moyens démesurés.

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Le loup est présent partout lors de l’expédition Lewis et Clark en 1805 (1), les Indiens Pawnees en bons observateurs de la faune sauvage, relevant qu’en en boulottant 4 bisons sur 10, cela permettait la stabilisation des deux espèces sur des millénaires. Un phénomène observé par le peintre J.Audubon en 1840 à la frontière du Montana et du Missouri, et dix ans plus tard le Dr Steck sur la piste de Santa Fe où des meutes d’une cinquantaine d’animaux suivant les immenses troupeaux de buffalos n’étaient pas rares. C’est l’élevage extensif, grosse affaire aux USA accompagnant la ruée vers l’Ouest qui accentua la lutte par tous les moyens : poison (2), piégeage bien décrit par J.T. Coleman dès 1814 dans l’Ohio, déterrage, chasse avec des chiens par des professionnels dont quelques-uns comme le Texan Jack Abernathy (1876-1941) acquirent rapidement la célébrité.

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Il en prit un bon millier dont certains à mains nues (3), ce qui parvint aux oreilles du président Theodore Roosevelt, grand chasseur devant l’Eternel qui, en 1905, allant à sa rencontre dans l’ Oklahoma, (voir photo ci-dessous) voulut en faire autant… et où ses gardes du corps du Secret Service s’interposèrent bien sûr immédiatement ! Il se vengea sur un pauvre serpent à sonnettes qui n’en demandait pas tant, et fut si impressionné qu’il nomma le fameux chasseur « marshall » dans cet état naissant, où changea de proies, il attrapa cette fois des centaines d’outlaws !

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Certains états comme le Montana consacrèrent un budget impressionnant et un système de primes qui sur la période 1883-1927 permirent d’éliminer 111 545 loups et 880 000 coyotes sous la supervision depuis 1885 du Bureau of Biological Survey, puis en 1906 de l’US Forest Service investi par le lobby du bétail. Une extermination en quelque sorte parrainée par le gouvernement qui aboutit, dans les années 30-40, à une protection générale, l’US Fish and Wildlife ne répertoriant plus alors que 6000 loups dans les 48 états, hors Grand Nord. L'affiche ci-contre à g.  le montre dans l'Idaho, on pouvait toucher la prime, et même garder la peau ! 

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Le grand parc du Yellowstone où le dernier loup avait été tué en 1926, le réintroduisit aux compte-gouttes en 1990, le Montana et l’Idaho devant faire face dix ans plus tard à des procès épiques quand reprit officiellement la chasse. Depuis 2012 cinq états avec des lois et des objectifs différents permettent sa chasse. L’Idaho et le Montana interdisent la chasse de nuit quand le Wisconsin la permet, le Wyoming a un plan de chasse de 52 animaux sur 350, le Minnesota de 400 sur deux saisons.

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La chasse du loup, malgré certaines similitudes avec celle du coyote (calls de hurlements, proximité des troupeaux de cervidés élans et whitetails qui leur servent de garde-manger) oppose deux grandes écoles, celle des « varminters », et tous ceux pour qui ce peut être seulement une cible d’opportunité. Non seulement le loup est plus intelligent et plus territorial que le coyote, son territoire d’activité est cinq fois plus grand, et sa taille (on passe de 40-55 livres chez le coyote à  175 chez un grand loup adulte) en fait une autre cible, souvent à bien plus longue distance (300 m) où plus il se rapproche, difficile à voir dans les broussailles, plus il est sur ses gardes. Beaucoup sont tirés alors dans les calibres classiques, du 30-06, au 7 Rem.magnum, voire 300 (RUM, Winchester Magnum, Ultramag) derrière des appels de veaux d’élans ou de cerfs de Virginie, ou après l’observation des vols de corvidés et autres charognards, autour des charniers. 

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Dans les terres glacées de l’Alaska ou du Yukon, et surtout au Canada où la saison est longue, sans bag-limit, les animaux très mobiles car beaucoup chassés, on se contente de calibres plus petits (223-22-250), aussi pour éviter les dégâts aux peaux, avec des balles modernes genre 100 grains Interlock bien suffisantes pour une masse en rien comparable à l’ours souvent également rencontré sous ces hautes latitudes. Enfin pour mettre tout le monde d’accord et sourire un peu sur nos interminables dilemmes balistiques, signalons qu’un des premiers loups, tué après l’autorisation de 2009 dans le Montana le fut par une petite jeune fille, avec du 22 Long Rifle ! Et puis, notons, tout comme pour l’ours, les forestiers, agents des administrations (électriciens, cantonniers, etc.) qui doivent assurer leur sécurité sans être de grands experts dans le maniement des armes se voient conseiller d’emporter dans leur pick-up un bon vieux Remington 870 à pompe copieusement garni de « buckshots » double zéro…

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1/Voir notre archive du 4 février 2019.

2/La strychnine, fabriquée à partir de la graine d’un arbre fruitier des Indes orientales fut disponible partout à partir de 1820.

3/Il avait expérimenté la méthode tout jeune en venant au secours d’un de ses chiens, mettant son poing dans la gueule d’un loup et ayant constaté que, grande ouverte et en la maintenant ainsi, il ne pouvait plus mordre ! Avec un simple gant de peau il réitéra l’opération, vendant ses prises à des cirques ou des zoos. Il ne se fit mordre qu’une fois, où ayant abusé de la bouteille, il manqua de vivacité dans l’opération. Il fit bien sûr des émules…et quelques mutilés, et même des morts par suite d’infections !

 

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