Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
15 mars 2021

400 Whelen : le plus sauvage des ...chats sauvages ?

Seulement légitimé par Remington en 1988, le 35 Whelen, calibre puissant jouit d’une aura de mystère car il n’est pas sûr que le fameux colonel du même nom, directeur de l’arsenal de Franckford, près de Philadelphie, ait jamais chassé avec ! Il fut précédé du 400, encore plus costaud puisque censé sortir la balistique du 404 Jeffery à partir d’un boitier de 30-06, et avec des grosses balles de 300 à 400 grains…

35-whelen-story-7

Greffer la grosse balle de « 40 » sur le 30-06, était une idée dans l’air du temps après la Grande Guerre, Teddy Roosevelt (1) ayant popularisé le 405 Winchester comme une « bonne médecine contre les lions » dans une carabine à levier, le mod. 95 : alors que dire avec un verrou encore plus solide comme le Mauser 98 ? On le sait grâce à ses écrits, en 1957, peu avant sa mort (1877-1961) et dans « The hunting rifle » que ce fut son chef outilleur à l’arsenal de Frankford, James Howe qui, après le 400, lui proposa de nommer le 35 à son nom  «…mais lui seul mérite d’être reconnu pour son développement ». Modeste mais précis, T.Whelen (ci-contre à g.), vraiment impliqué dans la réalisation de cette munition  l’aurait sûrement écrit et revendiqué. Mais plus connu, il était rédacteur en chef de Sport Afield, et collaborateur d’un tas d’autres revues, son nom semblait un bon coup de marketing pour cette cartouche que J.Howe alla développer ensuite chez Seymour Griffin à New York, terminant sa carrière ensuite chez Hoffman à Cleveland, dans l’Ohio.

35W-35W AI, 400W

Le 400 sortit de l’oubli en 1937 quand Elmer Keith prit avec 3 coups de 275 grains un ours record au regard du classement Boone-Crockett, dans le Yukon. Il passa ensuite au 335, puis à ses propres expériences (333 OKH, 338-06) un peu sur les mêmes bases, mais non sans avoir signalé des problèmes d’assise de ces grosses balles sur un étui conçu au départ pour de plus petits projectiles. Elmer se servait des balles de 405 Winchester, mais les rechargeurs n’étaient pas trop regardants sur les poids de balles qui pouvaient osciller de 250 à 400 grains, des alésages approximatifs prenant leurs aises avec les spécifications Griffin-Howe déjà bien connues, l’utilisation d’armes de surplus très sollicitées, et de douilles usées dont le laiton était fatigué par la guerre. Il avait trop peu de surface pour bien prendre la balle, l’épaulement était minimaliste (voir croquis ci-dessous), et il a fallu les ouvrages récents de Michaël Petrov (2) pour expliquer les arcanes de ce « wildcat » passant par le firestorming, c’est-à-dire le soufflage au feu d’une charge diminuée poussant une munition de pistolet (41 magnum le plus souvent) pour donner forme à un nouvel étui. De g.à dr.  ci-contre à dr. 35 Whelen, 35 Whelen Ackley improved, 400 Whelen.

HvOC7rh

C’est la faible pression de base du 30-06, (inférieure par exemple au 270) qui donnait cette marge de sécurité intéressante pour les rechargeurs n’ayant pas accès aux instruments de contrôle des usines ou du SAAMI. Dans une arme de conception plus forte que les leviers, ils pouvaient en attendre de grosses performances : entre 650 et 700m/s pour les balles de 300 et 350 grains (19 et 23 grammes) et autour de 5000 Joules et donc coller à la théorie du « fusil à tout faire » développée à l’époque par Grancel Fitz (3) et ses émules. Plusieurs cartouches tournèrent autour de ce principe, le 400 Brown-Whelen (10,4X62) du nom d’un armurier d’Anchorage (Alaska), ou le 411 Hawk (3) pour la Winchester 95, mais aussi quelques modèles à verrou 70 pré 1964.

20190105_195238

Actuellement, les travaux de Mickaël Petrov et la mise à disposition pour les chasseurs motivés et fortunés de fusils artisanaux bien plus aboutis que les Springfield 1903 écartés par le Garand et poussés à leur limite, a redonné du tonus à ce calibre resté un fabuleux wildcat, surtout parce qu’il est accolé à un nom révélateur d’une époque, et d’un âge d’or de la recherche balistique américaine. Sur des canons Shilen, des crosses Boyds, des armuriers, aux quatre coins de ce vaste pays comme Pretchl (New Hampshire), Graphite Mountain (Phoenix Arizona), Satterlee (South Dakota) peuvent fournir en toute sécurité, du sur mesure avec comme base des actions Mauser, Dumoulin, F.N. Supreme de grande qualité. Malgré tout, le mythe du 400 dépasse sa véritable utilité surtout à l’heure actuelle où les magnums courts et les balles modernes…feraient d’ailleurs de bonnes plates-formes pour « bricoler » encore d’autres wildcats, plus « pêchus », mais avec comme limite, quand on tire plus gros, et plus vite…plus de recul !

1/ Voir archive du 7 janvier 2020.

2/Originaire de l’Oregon (1946-2014), collaborateur de Precision shotgun à partir de 1980, ce chercheur méticuleux sur tout ce qui touche au colonel Whelen à sorti, de 1990 à 2005 trois volumes de « Custom gunmakers of the 20è century » qui étudient par le menu les spécifications Griffin-Howe du 400 Whelen.

3/Sous ce nom, toute une série de calibres déclinés par Bob Fulton et F.Zeglin à partir du 280 Remington (7 cartouches du 240 au 300), et du 30-06 (338, 358, 375, 411) pour armes à levier de sous-garde, et généralement 9% de poudre en plus en déportant l’épaulement vers l’avant. Pour le 411, la balle de 250 grains pouvait être poussée à 818 m/s.

 

 

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité