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22 juin 2021

"Le full choke est un maître exigeant..."

…et le lisse un ami compatissant » ! Cet aphorisme de Tom Brister creuse un peu le récent sujet (1) qui a fait réagir les lecteurs regrettant que le choke le plus ouvert pouvait n'être qu' une « béquille pour les mauvais tireurs ». En fait c’est le recul de la pratique qui nous convertit plus ou moins à ce constat car, jeune, nous sommes plus dans l’action que dans la réflexion et on fonctionne trop souvent au « coup de cœur » ou par mimétisme.

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Il y a 50 ans, c’étaient les débuts du sporting, la vogue des superposés, mais déjà certains grands auteurs comme Mike McIntosh (2) le relevaient « …serrer le rétreint est obsolète avec les munitions actuelles ». Il ne parlait pas bien sûr de toutes les munitions spéciales, magnum et autres, qui commençaient à faire leur apparition, mais celles de base, dont la gerbe était depuis plusieurs années, cohérente et bien répartie, notamment au centre, là où se joue la fameuse loi dite « des cinq atteintes ». En fouillant dans le passé on se rendit également compte que les « épées » du temps jadis comme Lord Ripon (3) réputé pour ses coups de longueur aux battues royales de Sandrigham, répondait d’un ton amusé quand on lui demandait son secret « …pourquoi toujours penser full et full » ? A sa mort, l’acheteur de son Purdey se rendit compte qu’il était…lisse et lisse !

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L’étude CONSEP de Tom Brister montrant que 50% des chasseurs manquaient à 20 m. constata qu’à 25 m. le lisse offrait des modèles de gerbe plus meurtriers que le full à 50 m. Il pensait que le N°6 acier dans un once (28 grammes) de charge était bien suffisant sous trente mètres où, même blessé il y avait peu de chances que le gibier échappe au chien. Par contre on en perdait 5 fois plus au-delà de 40m. notamment quand l’oiseau était seulement désailé, moins à cause des questions de choix de choke que de cartouches n’ayant pas ou mal fait leur travail au tout départ, quand l’oiseau prend son essor. Les compétitions de l’US Open Pheasant Championship au milieu des années 80, où on pratiquait le « run and gun » par équipes de deux fusils chronométrés derrière leur chien, et comptant les cartouches sur 6 « cocottes » lâchées sur grand comme 2-3 terrains de foot éclairent encore un peu mieux la question. Sur 150 équipes 38 mettaient une bonne demi-heures à y parvenir, et trois seulement avec six cartouches…Que dire donc avec du vrai sauvage ?

retrour setter

Tom Brister recommandait donc au chasseur lambda d’aller faire un tour au skeet en full-full, discipline qui reproduit le mieux les effets traversiers et où le fait de tout casser pourrait faire de vous un champion. On considère en effet que casser à 80% en demi-choke étant dans la bonne moyenne. En fait, et il suffit d’ouvrir les yeux autour de soi pour le constater : on a depuis longtemps perdu de vue l’aspect « chien », où le tir n’était que l’aboutissement d’une quête et non un critère « dur ou facile » à prendre en compte en premier. Le travail du chien primait, un bon tir le « récompensait » le fidèle auxiliaire de chasse, pas besoin de tirer à 40m et plus, on multipliait le temps de chasse, les manœuvres de rapprochement, et en fin de saison seulement, quand le gibier avait été beaucoup chassé on commençait seulement à penser à ces problèmes de distance.

peters skeet

Le chasseur moyen, nos pères en quelque sorte, se contentaient de moins de rétreint car ils ne se posaient pas la question d’apprendre à bien tirer, ils consacraient plus de temps derrière les chiens, l’expérience de la plume s’accumulait, il y avait aussi beaucoup plus de gibier naturel, et les vieux briscards chassaient même l’arme à la bretelle, considérant qu’un bon chien leur donnerait toujours le temps de bien « ajuster » la caille ou le perdreau. Le développement des chokes amovibles n’a pas remis en cause le modèle full-demi, ni rendu tout à coup, le lisse totalement obsolète. Il a juste donné plus d’allonge à une arme à courte portée où la « plume » reste quand même, surtout avec les « lâchers » de nos jours, un domaine où le fameux dicton (qui peut le plus peut le moins), ne joue pas du tout…A moins, en full, de se la jouer « fair-play » et de les laisser filer pour tester son habileté de champion du tir à longue distance (4) ? Si vous ne tirez qu’une cinquantaine de cartouches par an, attendez-vous cependant à quelques déboires…

1/Voir archive du 6 juin dernier

2/ Voir archive du 20 mai 2021

3/ Voir archive  du 24 mars 2015. De 1899 à 1922 il préleva 187763 oiseaux soit une moyenne de 7823 par an, avec des cartouches de 1 once (28 grammes).

4/ En reculant de 10 m. à chaque fois, le champion du monde de fosse olympique Georges Digweed cassait encore des plateaux à 113 m !

 

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