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25 juillet 2022

"Grouse hunters" du Midwest

La chasse à la plume américaine est aussi vaste et colorée que ses grandioses paysages. Nous avons déjà ébauché le sujet ici (1), mais il est inépuisable en nombre et qualité d’auteurs qui sont, là-bas, chacun dans leur domaine et états, des célébrités. La « ruffed grouse », gélinotte huppée, aussi appelée « tétras » (2), ou perdrix des bois, possède, comme la bécasse des auteurs passionnés et passionnants.

Un

 

Contemporain de Georges Bird Evans (3) et William Hardnen Foster (4), Burton L. Spiller (1886-1973), originaire du Maine, ci-dessous à dr.  mais marié dans Le New Hampshire pour chasser facilement dans les deux états, était un manuel (forgeron) mais fervent lecteur qui ne publia qu’en 1932 pour Field and Stream, un article dont le titre annonçait la couleur « His Majesty the grouse ». Dès 1934, l ‘ouvrage « grouse feathers » le fit entrer dans le panthéon de cette chasse exigeante, fourrés de cèdres, bois jonchés de chablis, de chèvrefeuilles et vignes sauvages, où il faut se frayer péniblement un chemin dans les épinettes blanches, flanqué d’un bon chien : « je crois que c’est le droit inaliénable de tout jeune garçon d’avoir un chien pour lui tout seul, et s’il doit chasser plus tard, les premières leçons qu’il en apprendra seront inestimables. »

spiller

Il chassait avec un fusil Parker VH « Old reliable » en 20 qu’il échangea avec le single Savage du fils de son copain Horace Tapply (5), lequel devenu à son tour célèbre écrivain en fit un beau papier pour Field and Stream de novembre 1982. On le voit avec son fils ci-dessous à la pêche. Il appartient désormais à M. Baker de RST Shotshells. Charles Waterman (1913-2005), auteur d’une vingtaine de livres, lauréat 1977 de Outdoor Writers Association of America, 20 ans chroniqueur de Gun Dog Magazine fut, à ce titre, un fin observateur des chiens : « le bon chien à perdrix des bois est un personnage souriant et sournois qui regarde son maître chaque fois qu’il renifle les oiseaux, et s’impatiente si vous êtes trop lent ». Ces chiens d’arrêt de l’Ouest (il était du Sud-Est du Kansas sur la rivière James) n’ont pas la dignité ciselée des grands « pointeurs », ils ont « …un air intrigant et furtif, et lorsqu’il arrête il semble vous dire : ce n’est que le début du programme patron et si vous faites attention, on pourrait bien vous faire tirer un ou deux oiseaux de plus. Il est alors susceptible de lever doucement une patte, de s’accroupir et de rouler des yeux vers diverses touffes de mauvaises herbes, de buissons et de cactus ».

tapply

 

Cette « grouse » qui n’a rien à voir avec celle des Highlands, si elle se chasse du Ier septembre au 15 janvier, voit sa meilleure période jusqu’à début novembre avant les premières gelées. Le tapis de trèfle luxuriant commence alors à être recouvert des feuilles de tremble tombées au sol, et l’oiseau trouve refuge dans la canopée de peupliers. Le réchauffement climatique, la modification des biotopes ont perturbé son cycle de sept ans, dans une chasse assez semblable en début de saison à celle de la bécasse chez nous, dans le même environnement : fusil d’une main, l’autre pour aider à la progression, mais qui évolue aux premiers froids. Toujours un coup de 7,5 en premier coup lisse, mais ensuite une charge haute quand l’oiseau cherche, assez loin, le couvert des frondaisons hautes. « Rien n’est facile à propos du tétras, disait Harry Middleton, ils trainent sur les terrains les plus accidentés et les plus épuisants, testant votre condition physique et votre résolution. C’est un travail acharné et, au pire, exténuant, et même trouvés, ils sont imprévisibles tant au sol qu’en vol ».

tapply livre

 

Ce fut longtemps aussi, car évoluant dans le même environnement la chasse de début de saison des amateurs de whitetail, même avec l’aide de retrievers chargés de « bourrer » et faire voler. Charles Waterman qui, avec son épouse Debbie chassa sur dix ans les 21 plumes nord-américaines privilégiait bien sûr l’arrêt : « …mes chiens ont la réputation d’être mauvais au rapport, pourtant je mets de la sauce dans leur pâtée, je leur achète des jouets qui couinent, je leur cire leurs colliers, mais rien n’y fait, et quand Tex trouve un couple de gélinottes, elle passe devant, le raccroche, me lance un regard méprisant, et continue de chasser ». C’était bien sûr un fin pêcheur à la mouche, auteur de nouvelles (The part I remember), amateur de belles armes (The treasury of sporting guns ), et d’une vingtaine d’ouvrages cynégétiques qu’il savait de son côté apprécier « …une douzaine de collectors, valent bien un bon moulinet ». Dommage que ces trésors de littérature « outdoor » soient peu traduits en France…

wws

1/ Voir sur la richesse du Nature Writing US archives du 2 avril 2021, et la chasse à la plume 22 août 2020.

2/En 1859 l’expédition Carnegie sur la rivière Mac Leod parle de « tétras des bois », et en 1865 Milton-Cheadle sur la rivière North-Thompson dans l’Alberta de « perdix des bois » ou « tétras des saules ».

3/Voir sur G.B.Evans archives du 4 sept. 2020

4/ Voir sur WH Foster archives du 16 juin 2020

5/Horace G.Tapply (1902-2002) tint des années durant, une rubrique de conseils simples dans Field and Stream sous le titre « Tapp’s tips » ou de petits « trucs » comme pour le plinking de tirer sur des glaçons…dont on n’avait pas les restes à ramasser ! Son fils William G.Tapply (1940-2009) continua la rubrique, en dehors d’une carrière littéraire  par ailleurs prolifique, tant du côté cynégétique que des thrillers.

doubleddown

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