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30 septembre 2022

De quelques 22 "hots" !

C’est marrant, à 40 ans d’intervalle et l’apparition de la Stinger (1977) comment les « chaudes » munitions 22 continuent de titiller les imaginations. On a beau expliquer comment la subsonic HP demeure le « juste milieu » pour tout ce qu’il y a à faire à la campagne (précision, portée, impact), les internautes nous assaillent de questions sur « la plus puissante », la « plus rapide » et autres superlatifs. Le sujet étant inépuisable (1), tentons de résumer l’affaire.

llp

 

La théorie semble simple pourtant : la balle la plus lourde dotée de la plus grande vitesse devrait mettre tout le monde d’accord non ? La plus lourde c’est l’ Aguila SSS de 60 grains et 163 joules. La plus rapide la CCI Copper, 560m/s, mais une balle trois fois plus petite de seulement 21 grains et 217 joules. Finalement, on se rend compte que « in medio veritas », la Stinger était pas si mal que ça, révolutionnant quarante ans plus tard, le monde des hautes vitesses 22 qui datait auparavant de 1930. Pour ces petits calibres la vitesse est en effet la reine de l’énergie, quelle que soit sa forme, et c’est en abaissant le poids de la balle standard (de 40 à 32 grains) et en allongeant l’étui que CCI donna ensuite le ton dans ce domaine.

WI

Winchester avec sa première version de l’X-Pediter (2) tenta de trop vite rivaliser, puis Remington en prenant un peu plus son temps réussit avec ses « gilets jaunes » (3), à parer le coup. Et dans les décennies suivantes tout le monde a plus ou moins fait des hautes vélocités, mais en tenant compte aussi de critères inconnus du monde du tir hexagonal : le 22 LR pour armes de poing et dans le contexte « home defense » dont il est même tout simplement interdit de seulement penser chez nous. Dans ce domaine, la Stinger a tenu aussitôt la rampe, mais avec un gros hic, sa longueur d’étui n’appréciait pas trop les semi-automatiques. De plus, cette dernière et tous ses émules tenaient leur énergie de canons longs de 24 pouces. Dès 1978, Guns and Ammo publia une fameuse étude où on essaya la Stinger dans un Derringer à canon de 1,5 pouce, puis un Colt Diamondback de 4 pouces et enfin, une carabine Winchester 490 de 22 pouces qui montra que l’aboiement du petit monstre était pire que sa morsure ! Dans le petit pistolet Derringer il n’atteignait même pas la vitesse du son (258m/s !), le revolver était un peu mieux loti (413m/s), seule la carabine permettait d’exploiter son potentiel de 510m/s. On perd en effet environ 15m/s par pouce en moins au prix d’un bruit assourdissant, les gaz détonant en grande partie en dehors du canon. Voir ci-dessous

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Ce qui remettait en cause le « stopping power » pour les armes de « cover up » ou de dernière chance en port dissimulé, notamment de Police, partant du principe qu’un tireur 22 qui s’entraîne et place habilement ses coups là où il le souhaite, sera toujours plus efficace que le quidam qui ne tire jamais avec son 44 Magnum. Même si en dehors des actions militaires, c’est le calibre qui a tué le plus de gens dans le monde, et qu’on peut même se défaire avec d’un ours agressif (4), souvent mis en balance avec le 32 ACP et le 380, ses représentants les plus « chauds » étaient quand même à la peine. Passons-les en revue.

Aguila avec deux munitions Supermaximum et Interceptor, représente bien les deux tendances, celles de rester à 40 grains et d’en tirer la quintessence, ou tout baser sur de petites balles plus rapides autour de 30 grains. Ces dernières ont été initiées par le tir aux silhouettes métalliques, les 400m/s allégrement dépassés pour frapper des gongs et tenir compte d’un meilleur « drop » à 100m. du fait des hautes vitesses sans les conditions de pénétration liées à la chasse. Pour rappel la flèche de ce petit calibre est en général de 38,35 cm pour les subsoniques ; 16,25 cm en standard ; 13,97 cm les hautes-vitesses, et 10,92 cm les hyper-véloces.

capture d’écran

Ce sont donc les « varminters » qui, tout en haut du spectre, avec la balle type de 40 grains, imposent le meilleur compromis puissance-précision, tout en faisant remarquer que la vitesse et les joules ne sont pas aussi importants que le placement lequel leur permet, de près, et de nuit, de stopper, aux USA, jusqu’à des sangliers plus ou moins croisés. Voir photo et l’indication de la balle d’épaule.

A ce jeu, la CCI Vélocitor, une 40 grains à 437m/s et encore 141 joules à 100m. utilise un étui standard qui double en pénétration le test des annuaires des balles 30 grains. Mêmes performances pour la Winchester XHV et la CCI Interceptor (443m/s) en utilisant des poudres lentes, la pénétration à 600m étant encore de deux fois la longueur de la balle dans une traverse en bois de chemin de fer ! Chargé par une taupe enragée, vous pourrez compter sur autre chose que le "bruit et la fureur"  notions qu'aiment agiter certains de nos politiques, pour la faire fuir…

nnbc

1/Sur les hautes vitesses voir archive du 1 novembre 2017.

2/Cette 29 grains, en 1977 était une HP cuivrée filant à 509 m/s et 244 joules fabriquée par Winchester-Western mais vite stoppée car imprécise, tout comme le modèle un peu moins rapide (468m/s) fabriqué en Australie. La boîte avertissait : « danger jusqu’à 3 miles ». Le modèle actuel est un 32 grains et 496m/s.

3/Voir notre archive consacrée aux « Yellow Jackets » du 12 mai 2021.

4/Voir archive « Bella Twin » du 1 novembre 2020.

 

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