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17 octobre 2022

Standard Arms (1909-1914) : premier fusil de...Campeur ?

Le contexte d’arme ou de couteau « de camp » est propre à la chasse nord-américaine où on part « in the wild » et à l’aventure, souvent pour plusieurs jours et donc avec tous les impedimenta nécessaires. Il y a toujours, dans le fourbi, un fusil à tout faire : varminting, plinking, viande à mettre « au pot » qui traîne à la disposition de tout le monde. Et la tentation de faire du « deux en un » ou une arme combinée « à tout faire » titilla vite les industriels.

un

 

C’est sur un brevet de M.F.Smith (1846-1913) que fut déposé en 1906 le second (1) brevet pour une arme semi-automatique reprenant à plus grande échelle le concept de « combo » que le Marble’s Game Getter (1908) et produit pendant quelques années (1909-1912) par Standard Arms à Wilmington (Delaware) sur les calibres 25-30 et 35 Remington. Ce modèle G, fonctionnait par emprunt de gaz, mais avait la particularité de pouvoir aussi se transformer en fusil à pompe ! Un petit bouton-glissière sous le devant « coupait les gaz » et permettait à la demande de passer en « manuel », mais le maillon faible était dans la goupille reliant piston et extension de verrou, et le dispositif, peu fiable fut un échec.

deux

La production restreinte (5000 exemplaires) et les pièces restantes pour 2200 armes environ tentèrent les créanciers de relancer l’affaire et le concept mais dans une voie encore plus originale, cette fois en lisse et uniquement à pompe, un modèle « Camp » M (pour manuel ?) « cap and ball » pour tirer à la fois des balles et des chevrotines ou du plomb de chasse. Le choix du calibre « 50 » fut l’objet d’une cartouche spéciale dite 50 Express (2) dont les dimensions divisent encore les chercheurs sur les sites spécialisés US. Certains achètent même cet oiseau rare sans savoir vraiment comment l’alimenter, et chacun, sur le Net y va de sa solution : 50-95, 50-110, voire du calibre de chasse 32 assez proche en alésage (0.526).

trois

On pensa même longtemps qu’il s’agissait d’une base 45-70 Gvt déjà très populaire, mais il était trop petit et surtout trop long, et les historiens en constatant que P.S. Du Pont était un des actionnaires de Standard Arms pensent qu’il s’agit d’un Winchester Centerfire 50-95, alors commercialisé par UMC-Remington dont on ne conservait que la douille pour tirer soit des plombs de chasse, soit une balle ronde, le tout coiffé par un obturateur en celluloïd et sertissage classique demi-rond. Comme ça, de fait, rien ne dépassait ! L’éjection se faisait par le dessus, ce qui obérait la possibilité de monter des optiques, les étuis s’envolant en plus sous le nez du tireur. On voit ci-dessous à dr. les dimensions assez proches de toutes ces cartouches utilisées par la populaire Winchester à levier de sous garde mod. 76 : de g. à dr ; 45-70, 45-90, 50-95 et 50-110.

cing

quatre

La sortie concomitante du Remington modèle 8 (3) ruina bien sûr cette entreprise qui prit fin en 1914, mais ce grand témoin des débuts de l’automatisation est très prisé des collectionneurs (2000 à 4000 $) car les finitions étaient exceptionnelles avec plusieurs qualités de gravures qui fleurent bon le « wild west » (Rocky Mountains, Adirondacks, Sierra) et dans un style « art nouveau » affirmé avec pompe (voir ci-dessous) richement gravée, et même parfois en laiton coulé.

six

1/Le premier étant celui de John Moses Browning pour la mitrailleuse Colt-Browning 95

2/A ne pas confondre avec le 50 Action Express (12,7X33), nettement plus moderne et à haute pression mis en œuvre entre autres par le célèbre pistolet Desert Eagle.

3/Encore un brevet J.M. Browning en 1900, première carabine au succès immense basée sur le long recul, et commercialisation 1906-1911 partout dans le monde.

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