Sanglier : le "deux coups" est-il définitivement "has been"
C’est un vieux débat et aussi un dilemme : si on ne va pas dans les « grandes chasses » avec miradors, carabines et tout le toutim, et juste une dizaine de fois au rendez-vous, (« sinon de la marquise comme la fameuse chanson (1) » !), mais de la diane communale, pourquoi ne pas continuer d’utiliser le compagnon des bons et mauvais jours. Celui avec lequel on est à l’aise comme le faisait jadis Papy avec son lot de « brénèques » traînant dans le vieux paletot !
Les choses il est vrai ont bien changé côté « bête noire ». Là où on en rencontrait une tous les dix ans, on en voit dix à chaque sortie ! Et le plan de chasse chevreuil plutôt « plan-plan » au fil des ans, est maintenant tout bouleversé car on corne « cochon » à tout bout de champ, pour à tâtons, et dans la précipitation, trouver les balles dans la cartouchière. Le fusil de chasse sans gadgets, utilisé à bon escient, fiable et bien connu de son utilisateur couchait jadis aussi bien le sanglier que les nouveaux artifices optiques : points rouges, visée holographique, ghost rings, glow worm et calibres étranges que nous venons de voir (2). A la limite, le Simplex en des mains habiles, entraînées et de sang-froid, et sa simple perle claire ressortant clairement sur l’environnement (voire la masse sombre de l’épaule du solitaire), permettait le coup d’épaule rapide.
Ce « guidon », moins précis que les visées modernes se basait sur la vitesse, point crucial dans la manœuvre qui donne l’initiative, et permet d’agir plus vite sur la cible. Aligné, plein d’options s’offrent : de distance, d’opportunité, de fenêtres de tir, en toute sécurité, susceptibles déjà d’un premier tir cadré. Tout ce que vous ajouterez sur l’arme ralentira l’action, et il est important de bien réfléchir à ce qui en vaut la peine. C’est le gros problème quand rebuté par le prix d’une carabine neuve, on sacrifie un fusil « dédié », souvent un semi-auto passé au second plan, mais pouvant disposer d’optiques dont on appréciera les accessoires (cartouchières de crosse par exemple) qui accentueront la personnalisation…et le poids. Ces armes puissantes souvent chambrées 89, peuvent tirer trois balles lourdes sans trop de recul, mais ne peuvent tenir au bras plus de deux minutes. Elles ne tiennent de longues heures au poste que grâce à des petites combines de pose (sur une cartouchière, ou tout interface avec le sol), semi-épaulé comme une béquille. Autre inconvénient, dans la battue communale qui n’est pas en ligne en bordure de maïs, elle oblige à choisir l’option tir et non camouflé, canons longs et masse de l’ensemble nécessitant de l’espace pour le swing.
Moins on se battra avec l’arme, plus elle sera rapide et efficace, et si accessoires il y a, il devra être mûrement réfléchi, et apporter un avantage indéniable. La technologie ne remplacera jamais l’expertise. Le placement dans la battue communale est souvent divers et aléatoire, parfois seul et au diable bouilli, et un pari où les circonstances vous obligent à un choix où il ne faut renoncer à aucun avantage. La vitesse donne l’initiative : je ne subis pas, action contre réaction, et même le temps…de ne pas tirer peut être parfois, sans même parler bien sûr des critères de sécurité, un succès, car le gibier convoité sera mieux prélevé par un voisin mieux placé.
Le mantra court-léger-rapide implique la nécessité éthique du premier coup critique : prendre ce petit avantage où l’ordinateur humain, pas distrait par des interfaces, tire aussi vite que possible dans la fenêtre d’opportunité appréciée immédiatement en visant et atteignant la cible plutôt que que tirer…et prier que la rafale attrape quelque chose au passage derrière. Les juxtaposés légers de nos jours, comme autrefois (voir ci-dessous pour sourire un peu) à chokes interchangeables et détente unique et éjecteurs, ne sont pas largués selon ces critères, car on a en fait deux armes sur le même cadre, pour une montée à l’épaule et un tir rapide sur tout problème, mécanique…ou raté.
1/ Voir archive du 18 novembre 2016.
2/ Comme on nous l’a fait remarquer, et avions oublié de le préciser dans notre précédent envoi, si les carabines à levier de sous-garde sont en catégorie C, les munitions 357 Magnum et 38 Special sont en catégorie B, ce qui peut obliger les acheteurs de répliques dans ce calibre à être non seulement chasseurs, mais aussi détenteurs d’une licence FFT.




