Quel poiuds "Idéal" pour le calibre 16 ?
Si l’on en croit WW Greener, en multipliant par 96 la charge de tir d’un once (28 grammes), il serait donc de 2,688 kg, mais il faut savoir aussi qu’en 1900 on tirait des cartouches moins rapides que de nos jours (1), et comme le journaliste américain Phil Bourjaly ajoute que « toute arme de moins de 6 livres (2,7 kg) est difficile à tirer pour la plupart des gens », il se pourrait bien que le poids…idéal soit celui de l’arme homonyme de la Manu : 2,7 kg ?
La chasse à ceci de particulier que par rapport aux autres activités de plein air, randonnée, running, où la légèreté de l’équipement est systématiquement prise en compte, on ergote sur pas mal sur d’autres paramètres : longueur des canons, et poids pour le « swing » ce fameux mouvement qui, comme au golf, permet de « balancer » le tir. Tout dépend aussi de la façon dont on chasse, même entre le bécassier qui évolue dans le chablis et la billebaude devant soi, il y a pas mal de différences, sans même parler des postés qui n’ont pas besoin de miser que sur l’essentiel.
Malgré une certaine tendance médiatique au « light » à tous les étages, le poids n’est pas nécessairement le premier critère d’achat qui est plutôt de tirer avec une arme susceptible de toucher. Maintenant, l’expérience de l’âge nous permet de constater qu’à l’époque où le gibier abondait, un raté ou deux en matinée qui n’était pas trop grave, prend maintenant d’autres proportions en soirée où il faut réagir rapidement sur les opportunités qui se présentent et éviter la bredouille. Donc, dans une vie de chasseur, le poids finit par prendre de l’importance : les côtes deviennent plus abruptes, les distances s’allongent…comme les bras qui portent, puis il devient une préoccupation majeure.
Toutes les revues « upland » ou de chasse à la plume anglo-saxonnes si on veut, donnent comme leitmotiv 6 lb ou 2,730 kg dans une production qui s’étale de 2,23 kg pour certains fusils fins (Parker ou Fox), à 3,23 kg pour le Remington 11 clone de l’Auto 5, puis le Remington 1100 construit, ceci expliquant cela, sur cadre de calibre 12. La production italienne classique (Rizzini, Fausti) est très proche de ce poids moyen (2,77 kg et 2,95 kg), et même plus basse pour les plus récents Brownings : 2,59 kg pour le Superlight Feather et le récent semi-auto A5. Après faut aussi tenir compte de ce qu’on tire, et le sans plomb impliquant des cartouches plus rapides aura aussi son mot à dire dans l’équation posée également par le 20 Magnum, souvent opposé au calibre 16 comme « fusil léger à tout faire ». On lui a souvent reproché d’ailleurs l’absence de version « magnum » qui fut malgré tout tentée par certains.
Elmer Keith, on le sait grâce à son ouvrage « Hell I was here » (page 197) passa un jour chez Remington pour faire une charge lourde pour revolver en 44 mais aussi pour monter de 32 à 36 grammes dans son 16 Ithaca, sachant qu’en règle générale il chassait plutôt en « deux coups » avec un calibre 10 ! Don Zutz dans « Handloader » parla même d’une charge de 39 grammes qu’il aurait expérimentée ! Si on regarde bien, difficile de dire ce que pèse vraiment un fusil bien équilibré non ? Et vaut mieux un fusil un peu lourd qui se balance bien qu’un léger qui pique du nez. En fait l’un comme l’autre ont leur place au coffre qui a, comme principal intérêt, d’être toujours bien rempli n’est-ce pas ?
1/ En 1900 les charges standard étaient plus lourdes qu’aujourd’hui : le ball-trap naissant envoyait 36 grammes, mais à 369 m/s avant de baisser en 1914 où le standard « upland » était de 32 grammes.


