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6 janvier 2024

Sanglier : 300 Winchester Magnum, un calibre mal... "barré" ?

Dans le même ordre d’idée que l’article précédent (1) on entend pas mal d’âneries et d’approximations sur ce calibre que, au moment du pastis, et comme pour l’extension du pénis (ça rime !) il vaudrait mieux arborer que les 270, ou 308 et autres calibres de « fiottes » ou de « faiblards » ! Où va se placer la fierté villageoise ? Quand on demande quelle balle est employée, on ouvre des grands yeux : ici une vague « Norma », là une « RWS » aussi incertaine, mais sans même connaitre son poids ni sa constitution ?

OIP

Associé depuis 1966 à la « Barre » (2), il ne faut pas oublier que ce calibre né en 1963 était au départ destiné aux carabines à verrou et canons longs de 62 cm pour en extraire tout le potentiel et tirer les cervidés américains à longue distance, accessoirement trouer du carton à 1000 m au bench-rest, et aussi donner de l’allonge aux snipers des Marines. Rien à voir donc avec la battue française où on tire en moyenne (statistiques ANCGG) à 45 mètres et avec des carabines à canon court ! Il faut expliquer son succès chez nous au fait que dans les seventies, c’était, avant 2013, l’unique possibilité de tirer une munition de « 30 », les autres étant classées, enfer et damnation… « de guerre ». Ce qui fit aussi le succès hexagonal, associé au dynamique importateur Rivolier du 280 Remington, et dans une moindre mesure du 270 Winchester, autre calibre « américain » non encore frappé d’anathème.

sanglier cie

Même s’il est très répandu il ne faut pas oublier que c’est un gros calibre magnum dont le fort recul peut affecter la précision, même si, par conception semi auto la 300 Bar va le gommer un peu, mais dans un canon court, (et je ne vais sûrement ne pas me faire là que des amis à la prochaine battue), c’est une hérésie balistique. Très populaire et polyvalent le « 30 » ne pouvait se limiter à une seule balle : 165 grains en 308, 180 grains en 30-06, l’avantage pour le nouveau calibre 300 étant de pousser à 200 grains sur la balance whitetail-wapiti, ce dernier étant trois fois plus gros que le fameux cerf de Virginie.

300-Winchester-Magnum-Federal-Premium-VITAL-SHOK-

Sur les sites américains « hog » c’est-à-dire sangliers et cochongliers, il est considéré comme « overkill » sur animal moyen de 100 kg à 100 m où il y a encore plus de 4000 joules et 900m/s. Bon, c’est vrai, il n’y a pas vraiment de sangliers « européens » aux USA, et ceux qui errent dans la nature sauvage du Texas, sont issus de plusieurs croisements entre domestiques et ensauvagés de longue date d’où les livrées parfois bizarres rencontrées. Mais les différences entre les animaux, soit anatomiquement, soit au niveau des attitudes est exagéré à part une « armure » de gras plus largement répartie et des poids plus lourds dépassant souvent les 150 kg.  Là-bas, l’équivalent de nos bêtes de compagnie est tiré plutôt au 30-06 et au 308, sans même parler des tas de calibres exotiques (3) qui viennent de voir le jour pour tirer sur les plates-formes AR 15. Tout ce fatras armurier et balistique nous donne quand même une indication sur la marche à suivre :  tirer les grosses balles pour le calibre.

300-Winchester-Magnum-Nosler-

Il existe une trentaine de chargements entre 175 et 220 grains, et sachant que n’importe quelle balle de 180 grains en « 30 » a suffisamment de masse critique pour pénétrer les plus gros sangliers, le chasseur consciencieux devra observer trois critères : performance terminale, précision-trajectoire, et prix. En gros tirer une balle bien construite pour un tir d’épaule, pas trop rapide et lourde. Celle de 165 grains sera au niveau du 30-06 mais bien plus rapide (909 m/s contre 818 m/s) et dévastatrice pour la venaison. Vu le calibre et la vitesse, il faut donc une balle collée (bonded), et technique qui tienne, et les sites US préconisent les 180 grains Nosler Partition et Accubond, bon compromis polyvalents, ou la Swift A Frame qui garde 90% de son poids à l’impact.

Ces 180 grains offrent le meilleur équilibre trajectoire-énergie-précision, mais sont plus chères dans le calibre que les classiques « cup n’core » où il est conseillé de monter à 200 grains (Speer Hot Cor, Remington Core-Lokt, Winchester PP). Après, tout est donc affaire de porte-monnaie car toutes les balles « premium » valent à peu près le double des basiques (4) et tout dépend du nombre de tirs effectués dans la saison. En général les choix sont effectués de longue date, utilisés par les gens d’une seule arme, et qui sont donc sensés savoir comment s’en servir.

s-l400

1/Voir archives du 17 décembre et du 1er janvier 2024.

2/ B.A.R. ou Browning Automatic Rifle conçue par le petit-fils de JMB , Bruce Warren Browning (1918-2019), produite à 1,2 millions d’exemplaires et de régulières modernisations : type I jusqu’en 1976, type II (1976-1992), puis Lightweight, Safari, Longtrac (2004), Zenith (2009), Mk III (2015).

3/ L’échantillon de calibres est large : 30-30, 444 Marlin, 45/70, 6.5 Grendel, 450 Bushmaster, 7,62x39 de la Kalache avec balle de 154 grains. Il est même tiré à la percussion annulaire dans les nombreuses zones de certains états (Oklahoma par exemple) où la percussion centrale est interdite dans la saison des cerfs. On utilise principalement la 10/22 semi auto avec des CCI Vélocitor, placement…dans l’oreille ! Ce dernier a toujours son importance : et il vaut mieux une 22 Magnum 40 grains dans les poumons qu’une 180 grains 300 WM da ns les tripes…

4/ Les Nosler autour de 100 euros les 20, les Speer Hot-Cor à 74 euros, la Winchester PP 47 euros, toutes en 180 grains (11,7 grammes). Si on tire beaucoup et à moins de 50 mètres, le choix est vite fait…

 

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