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15 janvier 2024

Le sanglier est-il un "gibier dangereux" ?

Il a pris une importance considérable qui concerne désormais tout le monde, et plus seulement le cercle d’experts et d’amateurs qui, il y a encore une dizaine d’années n’hésitaient pas à aller très loin en forêts domaniales, ajouter la bête noire à leur palmarès. Maintenant toute la société communale y va, les jeunes, les vieux, les timorés, les téméraires et dans le lot, une part de…maladroits ! Que peuvent-ils craindre ?

un

 

C’est une antienne que l’on entend souvent, plus chassés et dérangés, se tenant plus à leurs forts, et aux vastes enceintes de cultures extensives où ils randonnent inlassablement, sont-ils devenus plus « méchants » à l’aune des histoires de chiens décousus (1) voire tués, de postés bousculés et de frisson qu’on n’éprouve certes pas à la caille ou au perdreau ? De là à parler d’expérience de mort imminente il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir dans l’exagération de ceux qui veulent avoir l’impression de faire quelque chose d’audacieux. Après tout, en Afrique on a tout tué à la sagaie, et les Inuits du Grand Nord bricolent avec des riens pour venir à bout de l’ours polaire qui est sans doute l’animal le plus dangereux de la planète, car tout ce qui bouge ou laisse une odeur sur la banquise entre dans le rayon de sa quête alimentaire.

deux

Les Anglo-Saxons font entrer dans la notion « dangerous game » tout ce qui veut et peut vous tuer avec peu ou pas de provocation, ou qu’il est si difficile à éliminer qu’il nécessite pour ce faire, un équipement spécialisé sérieux, par exemple en calibre (2). Le sanglier n’entre certes pas dans cette catégorie mais doit être respecté comme tout animal de chasse, d’autant qu’il a les outils à disposition : les mâles bien sûr (grès et défenses), même les laies et les jeunes, capables de prendre une bouchée ou deux sur la patte la plus proche. Bigleux mais doté d’un bon odorat et « d’écoutes » terme bien approprié pour repérer les postés qui bavardent sous le vent, il faut éviter les « coulées » ou il risque de débouler sans crier gare. En fait il tente principalement de s’enfuir et il ne faut pas confondre course folle et charge.

trois

Le respect de l’animal passe par une zone tampon de sécurité du même ordre que celle du tir qui est aussi, selon ceux qui pratiquent l’Afrique, un bon training à ce qui les attend dans la savane :  animal proche, rapide et grosse cible demandant un placement soigneux. Respect et sagesse valent également ensuite sur animal blessé, tâche qu’il vaut mieux laisser aux spécialistes, qu’il s’agisse de servir, ou de poursuivre au sang dans le taillis.

 

On a tous en mémoire les anecdotes de piqueux pourtant expérimentés traînés sur une dizaine de mètres, jetés en l’air comme une otarie jouant avec un ballon, d’un lieutenant de louveterie envoyé à l’hôpital par un chevreuil affolé qui ne l’avait pas vu, ou d’un sanglier record dans notre Bocage (146 kg), mort…puis ressuscité, passant sur le corps du chasseur venu imprudemment aux nouvelles et cassant même son fusil en deux.

cinq

Tentant principalement de s’enfuir, on ne peut exclure une charge si l’animal est blessé ou acculé, mais il n’est pas le seul dans ce cas : tentez le coup pour voir avec un ragondin ou un blaireau ! Nous sommes tous accros, comme dit un vieux camarade à la « grenadine » (il confond avec l’adrénaline le bougre), et comme je ne veux pas jouer le « héros dans l’arbre », je pars du principe, comme au rugby en mêlée où j’ai joué dans le temps (3), que tout ce qui est plus gros que moi (97 kg sur la balance ce matin quand même) est dangereux ! Avec ma chance, face à un grand vieux sanglier podagre, à moitié sourd et aveugle qui me ferait valdinguer, avant de monter dans le baliveau salvateur, je trouverais encore le moyen de me tirer une balle dans le pied en descendant de cet asile passager…alors hein, pas de folies, tirons déjà « droit » et puis, prudence est mère de sûreté…

fin

1/ Voir ci-dessous cette belle affiche allemande qui préconise de les tenir en laisse !

2/ En Afrique, où il est difficile de dresser des statistiques indiscutables, le danger absolu c’est l’éléphant, moins le solitaire « rogue » dont l’attitude incite à la méfiance, que la situation de troupeau où ils chargent à plusieurs en masse en cherchant la source de danger. Le buffle est pas loin derrière, touché ou non : en 2003, en Tanzanie, un chasseur qui recherchait un petit koudou blessé fut tué par un buffle non blessé, non provoqué, qui a chargé de près par derrière. Les hippos et crocodiles tuent plus de monde que les deux précités réunis, mais non en situation de chasse, près des rivières où vont quotidiennement les populations.

3 / Quand on faisait ses « classes » à Hourtin (Gironde), en vareuse, coiffé du « bâchis » !

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