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21 septembre 2015

Chevreuil : les mots "pour le dire"

Le 3 octobre, nos battues vont reprendre avec comme objectifs, le renard, et (si on en voit !) le sanglier, et bien sûr le chevreuil. Beaucoup diront que ça importe peu une fois que la proie est abattue, malgré tout, c'est encore la respecter que d'utiliser tous les termes anciens et souvent si savoureux d'une langue française qui doit tant à la chasse. De plus, ils répondent la plupart du temps à nombre d'observations et de situations qui, en un mot disent tout...si on les connaît !

 

téléchargement

Souvent le commun des mortels, non chasseur (quoique !) vous dira « j'ai vu une biche » ! Pas sûr qu'il ait reconnu le plus commun du plus petit...de nos grands gibiers. S'il a des cornes c'est un « brocard » du nom des « broques » ou « broches » qui sont les bois du chevreuil mâle à sa première tête. Le connaisseur saura apprécier la taille de ses « épois » (andouillers du haut de la ramure), la grosseur des « meules » (là ou le bois s'attache à la tête), lui permettant, le plus souvent à la jumelle de juger le futur « massacre » ou trophée, c'est-à-dire comprenant les bois avec une partie de la boîte crânienne.

 

Sans l'aide des bois, le néophyte ou le chasseur débutant peut se fier au « miroir », cette tache blanche de l'arrière-train en forme prononcée de haricot ou de coeur chez le mâle. Il est plus restreint chez la femelle ou « chevrette » qui, à la fin du printemps met bas un « fawl » (la première semaine) qui devient « faon » jusqu'à moins d'un an, après quoi il sera « chevrillard ».

 

brovcard

S'il vous a vu ou décelé, le chevreuil « aboie », et le chasseur observateur remarquera sur les beaux « revoirs » de terre meuble après un temps humide, la forme de ses « pinces » ou empreinte de la partie cornée de son sabot (1). Il laisse aussi des « moquettes » (crottes) caractéristiques et de nombreux indices de son passage quand il « viande » (s'alimenter ou brouter chez les cervidés grands et petits). Il peut s'agir « d'abroutissements » (traces de prélèvements alimentaires), des « grattis » (placettes dégagées où il marque son territoire), des « régalis » ou association des deux précédents. Dans son comportement il faut noter qu'il « fraye » ou « touche du bois » lorsqu'il se débarrasse de ses velours, qu'il se « flâtre » lorsque, poursuivi, il s'arrête, se plaque au sol pour laisser passer les chiens. Il marque moins le sol de retour du « gagnage » (lieu d'alimentation) quand il s'arrête pour prendre ses « couches » ou « reposées ».

 

images

Le nouveau mode de chasse d'été, à l'approche ou à l'affût permet une gestion plus sûre et sécuritaire d'un cheptel qui tend à se développer partout. Aux jumelles, le chasseur aura tout loisir d'éliminer les « têtes bizardes » (anomalie dans la pousse des bois qui déterminent des tares génétiques ou des maladies de croissance), les « assassins » (aux bois effilés comme des poignards qui peuvent blesser les grands brocards sains lors du rut), les déficients, blessés ou consanguins caractérisés par leurs robes anormales : pie ou « isabelle », très clairs à ne pas confondre avec les albinos qui existent également.

 

images (1)

Dans notre saison qui démarre le 3 octobre (autres dates, tous RV à 8 h au local : 17 et 31 octobre, 14 et 28 novembre, 12 décembre), toujours avec l'aide des meutes (anglo-français) de nos amis fougerais que nous remercions de leur fidélité, nous aurons 5 bracelets de prélèvements. Nous rappellerons les règles drastiques de sécurité, les sonneries (2 le lièvre seulement si mené par les chiens, 3 le renard, 4 le chevreuil, 5 le sanglier, 6 la laie suitée à ne pas tirer bien sûr). L'idéal serait de démarrer par un brocard et un chevrillard. Il est assez facile d'éviter de tirer les chèvres (surtout suitées vu la différence de gabarit) en début de saison. Faites le calcul : avec 5 bracelets, tirer 5 femelles dans la saison, c'est se priver de 5X6 = trente chevreuils dans les dix ans sur le territoire de notre société ! La question devrait même pas se poser...même si des sociétés autour font autrement, et parait-il « tirent tout » ce qui est une aberration !

1/ Un chevreuil à l'approche sous-bois « tape » de ce fait, beaucoup plus par exemple qu'un renard qui « trottine » sur ses coussinets, comme les chiens.  

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