Sanglier et sécheresse ?
Sans doute comme nous tous, vous êtes-vous passionnés par les aventures de la laie « Biscotte » et ses trois petits marcassins pérégrinant sous le cagnard des causses de l’Aveyron qui corroborent peu ou prou ce qu’on a observé tout l’été sur nos caméras (1), sur les dernières battues de la saison dernière, les premières de cette année, et l’approche-affût. Tout change avec la sécheresse.
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Le réchauffement climatique semble être désormais bien là, et sans doute pour des années. Il va déjà bouleverser le métabolisme des animaux prolifiques où là, tout sera bon pour lui : moins de mortalité, un couvert en avance, les nuits plus fraîches lui ouvrant un nouveau champ de possibilités dans ses déplacements où déjà il était très actif auparavant mais pour d’autres raisons : dérangement, pression de chasse. Celle-ci, en plus, côté des battues dites « classiques » aux chiens courants lèvent justement le pied à cette période, pour devenir quasi nulles, même si elles reprennent plus ou moins, mais sur un autre rythme, selon les départements…et les dégâts. Néanmoins, on le constate tous, au terme d’une saison bien remplie la fatigue se fait jour, les chiens ont moins de « sentiment » faut un peu souffler quoi.
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L’approche-affût qui prend le relais force à bien plus tenir compte des leçons données par les caméras. A l’évidence quand le soleil tape au zénith il n’y a plus personne dans les maïs et les cultures basses qui n’offrent pas d’ombre. Bien sûr, là où il reste de l’eau, la tendance serait d’aller voir au plus près ce qui s’y passe, mais de « Biscotte » à ce qu’on voit chez nous (2), ce n’est pas là que la bête noire se cantonne, même s’il y a du miscanthus à proximité, ce dernier n’offrant pas plus d’ombrage que le maïs. On y passe peu, s’y bauge à peine même dans cette période de l’année où l’animal est le plus nomade. Le goudronnage et l’agrainage léger, quelques poignées qui servent à fidéliser et à fournir quelques haltes dans le parcours nocturne ne permettent que des tirs d’opportunité, au passage et encore, si on a bien pris soin de se lever très tôt pour être en poste bien avant les horaires précieusement fournis par la caméra.
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Curieusement d’ailleurs, pas ou peu de compagnies, quasiment que des mâles allant au contact, les observations à la thermique (3) ne donnent que des images fugitives, pas de masses en mouvement, lesquelles sont sans doute, manifestement ailleurs. Visiblement, comme dans l’Aveyron sur une centaine d’ha, elles restreignent leurs mouvements de jour sur des petites zones de jungles ou de ronciers proches, mais pas forcément sur leur territoire habituel. Elles restent au fond d’une épaisse végétation à l’ombre ou de ronciers, parfois même proches de secteurs habités ou non (4) d’où elles ne bougeront qu’au coucher du soleil pour aller vermiller dans des endroits inattendus, mais spectaculaires : chemins creux, bordures de routes, terrains de golf ou de football, zones vertes des lotissements. Un phénomène à relier aussi à l’agriculture intensive qui « traite » de plus en plus, notamment en zone maraîchère.
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Le chasseur lambda de nos dianes communales habitué comme nous autres à suivre toutou derrière la caille et le perdreau a dû il y a 5-6 ans virer sa cuti de ce côté surtout s’il a quelques responsabilités d’organisateur au sein de sa société. Fini le calendrier traditionnel des battues « à la papa » au chevreuil en grande pompe en invitant les voisins trois quatre fois dans la saison pour après « roule ma poule »…justement courser les « cocottes » et, ho, pas celles que craignent nos épouses hein ? Nous voilà partis maintenant dans la logistique, la course au matériel, à mettre en place une organisation complexe (5) et sans répit. Pour nous les « vieux de la vieille », dur de rendre tout ça confortable et pour nous qui dormons déjà difficilement s’il faut monter la garde les nuits d’hiver au postes, faudra comme les caméras, s’être munis de pyjamas… « thermiques » non ?
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1/ Pas moins de neuf unités sur notre petite communale de 450 ha qu’il faut placer-déplacer, changer les piles, ce qui occasionne au moins deux déplacements spécifiques par semaine.
2/ Aux confins de trois provinces et autant de départements de l’Ouest.
3/ Tant qu’on y est, vous allez voir, on va bientôt pouvoir vous concocter un sujet « sanglier et intelligence artificielle » !
4/ Dans notre secteur, les « Brexiters », il y a dix ans, se sont jetés comme des morts de faim sur l’immobilier en zone rurale et toutes les masures abandonnées des écarts pour s’y faire des thébaïdes…inoccupées les trois quarts de l’année ! Ils sont tous « écolos » dans l’âme, ce sont ceux qui nous reprochent avec véhémence de « touer la môman reunard »…mais qui vont immédiatement pleurer à la mairie dès que disparaissent leurs poulets. Leurs plants de pommiers abandonnés depuis belle lurette à la végétation offrent de parfaites remises : ombre et tranquillité dans la journée avant de se déplacer à la nuit tombante.
5/ Celle des battues, toujours plus nombreuses, plus rigoureuses en sécurité du fait de la présence désormais massive des carabines que malheureusement, certains continuer d’utiliser au mieux comme le vieux « deux coups » de Pépé et au pire comme un manche à balai. Et derrière il y a la venaison qui n’a plus rien à voir avec déplacer et dépouiller un lièvre, pensez plutôt à véhicule ad hoc et équipement de boucher, chambre froide et tout le toutim.
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