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FCM 25.00

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29 août 2026

Année de glands, année de sang ?

C’est un vieux dicton (1) qu’on ressasse tous, nous autres vieux chasseurs, même si nous sommes dans des terroirs d’apparition récente de la bête noire. Mais qu’est-ce que ça veut vraiment dire à l’heure des océans de maïs et des hectares de colza où elle trouve tout à la fois le gîte et le couvert ? Comme dit l’autre « c’était avant » où la seule observation de la fructification du chêne donnait un simple avis qui n’a plus cours actuellement.

Autrefois on suivait ces observations empiriques qui se reproduisaient chaque année sur un biotope intangible, et ces outils classiques ont disparu :  l’âge moyen d’un « grand vieux sanglier » était de six ans autrefois, il a maintenant baissé de moitié pour à peu près la même masse.  Plus de vingt ans d’observations de la part de l’ONCSF en Hte-Marne ont donné des explications bien plus précises sur les conséquences des pics d’abondance liés tout à la fois aux nouveaux modes de culture (2) et au réchauffement climatique. Tout se joue sur les laies d’un an qui franchissent un seuil de poids beaucoup plus rapidement lequel, non seulement entraîne une reproduction plus précoce mais surtout bien plus couronnée de succès.

Ce rut avancé (3) de petites femelles, bien plus lourdes qu’avant, donne non seulement plus de marcassins, mais surtout aux profils bien plus différents en matière de poids et de tailles donc encore plus profitables à la survie de l’espèce. Ces laies de l’année peuvent se reproduire dès l’automne suivant avec effet cumulatif si nourriture et couvert sont au rendez-vous, le comportement adapté de cet animal aussi intelligent qu’un chien faisant le reste. On le voit peu, mais il est partout car extrêmement plastique dans son environnement : très nocturne si dérangé, et où tout lui profite.

La démocratisation des caméras permet aux chasseurs de bien mieux se pénétrer de ce phénomène sans forcément trouver rapidement à s’y adapter du fait d’un paysage disparate entre le privé, et le « public » c’est-à-dire le monde associatif diversement prêt à affronter le phénomène. Certains en sont encore aux « lâchers de cocottes » qui plombent les finances et distraient leur monde à l’organisation de festivités annexes, la battue seule servant de soupape, surtout pour contenter les agriculteurs et leur montrer qu’on fait quand même quelque chose face à ce qui est devenu pour eux une calamité.

La « pression de chasse » est souvent invoquée, aussi bien d’ailleurs par les chasseurs disons « classiques » que les écologistes, arguant du « coup de pied dans la fourmilière » ne faisant que disperser encore un peu plus ce que nous avons vu plus haut. Les dianes locales vieillissantes sont aussi diversement prêtes à basculer dans un autre monde qui est non seulement d’organiser des battues nombreuses et ciblées, mais toute l’organisation qui va derrière. Gestion des caméras (4), faire le pied, goudronner, gérer une masse inégale de chasseurs « étrangers » qui viennent à la rescousse et qu’il faut contrôler, et accueillir ce qui impose de disposer d’un local propre à la convivialité, mais aussi tout ce qui a trait à la venaison : treuil, salle de découpe, chambre froide, etc.

Après, que tirer sur un animal fugacement entrevu la veille sur les caméras ? Au-delà de la fierté villageoise (5) qui inciterait à privilégier les mâles (plutôt gros) pour la fierté du tireur, il faudrait se donner des priorités : laies non suitées (6), jeunes, ou encore s’ouvrir un peu plus aux nouvelles options offertes : récemment approche-affût (7), archers ou chevrotines (8), et pourquoi pas, demain tir de nuit intégral puisque le matériel est déjà là ?

Au-delà du folklore dont nous affublent nos détracteurs, les chasseurs sont en première ligne face à ce fléau car notre passion entre, selon les régions, entre jusqu’à 40% dans les causes de mortalité d’une espèce dont la population, sans régulation double tous les ans. Il ne faut pas oublier qu’il suit la société humaine depuis longtemps, (des grottes de Lascaux à nos jours) et que la technologie seule ne peut en venir à bout. Les fédérations, elles-mêmes peinent à donner un schéma cohérent d’ensemble, du fait des disparités départementales certes, mais des particularismes locaux vus plus haut. La louveterie, pesante car trop administrative s’y prête peu, malgré parfois quelques coups spectaculaires (voir ci-dessus) mais sans lendemains. Le « privilège » (?) du recul lié à l’âge montre que, pourtant, les jeunes permis, hélas sans pouvoir combler le nombre de ceux qui mettent définitivement l’arme au râtelier, vont massivement « au cochon », mais malheureusement comme nous autres, toujours en ordre dispersé…

1/ L’excès de cette glandée leur occasionnant des embarras gastriques influant sur leur « caractère de cochon » néfaste pour les chiens comme leurs suiveurs.

2/ Le maïs bien sûr a tout changé, mais la « méta » et ses corollaires de cultures fourragères nouvelles (colza, tournesol, blé noir, sorgho, facélie, radis divers et variés) ont pris la suite en matière de couverts.

3/ Il rencontre avec le réchauffement climatique un enchaînement de « bonnes années » et des vagues reproductrices, printemps chauds et étés secs suivant des hivers doux où, autrefois il y avait une mortalité forte.

4/ Prévoir un responsable à temps plein pour déplacer, changer les piles, gérer les images en dégageant des options et possibilités pour les battues à venir, donc un investissement en temps et en argent.

5/ Voir archive du 20 janvier 2017.

6/ Aucun « vrai » chasseur ne la tirera, n’en déplaise aux agriculteurs, malgré les dégâts.

7/ Qui nécessite une autre organisation prenante : confection de miradors hauts bien différents de ceux de battue, tours gérés pour la sécurité en relation avec le réseau de caméras, plus la venaison immédiate impérative en saison chaude, en plus, à des heures moins commodes car tard le soir ou tôt le matin.

8/ On peut en penser ce qu’on veut, mais le tabou vient d’être levé pour plusieurs départements, et son utilité certes controversée mais peut être utile pour faire du résultat sur les bêtes rousses ou de compagnie.

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17 août 2026

1932 : les armes du "trappeur fou" de la Rat River

Pour clôturer ce cycle estival et se rafraichir un peu les idées en ces temps de canicule et de sécheresse, rien de tel qu’un voyage dans les Territoires du Nord-Ouest canadien, dans le blizzard, par moins 40° et ce qui reste une énigme : qui était le trappeur mal luné qui, sans traîneau ni chiens, tint près de deux mois en haleine les forces de police des deux états ? Il fallut même un avion pour en venir à bout !

L’affaire démarra de manière banale avec un individu hirsute qui débarque le 9 juillet 1931 à Fort Mac Pherson en descendant la rivière Peel sur un radeau de fortune en rondins déclarant avoir tout perdu…mais avec quand même les moyens de vite se réapprovisionner, et en sus, d’acheter un grand canoë qu’il manie en expert à la grande surprise des autochtones. Evidemment un tel personnage répondant au vague nom de Albert Johnson (1) qui dénote dans le paysage est immédiatement contacté par la Gendarmerie royale canadienne, et le « mountie » Edgar Millen sans pouvoir en tirer trois mots, lui signale qu’il lui faut impérativement un permis pour piéger (2).

Quelques mois plus tard, en décembre arrivent les premières plaintes, les gens des premières nations retrouvent, près de sa cabane leurs lignes pendues aux arbres, et les agents King et Bernard le 28 décembre, vont aux nouvelles : la cheminée fume, l’homme est là mais refuse d’ouvrir. Sans mandat rien n’est possible et on les imagine plutôt furibards avec 128 km à faire dans la neige pour aller chercher le fameux sésame ! Inutile de dire que le 31 ils reviennent en force à quatre, mais l’ermite…tire à travers la porte blessant grièvement l’agent King touché en pleine poitrine. Il sera sauvé par son collègue Mc Donnell qui, vidant son traîneau et l’allongeant dessus, fera les 130 kms vers l’hôpital le plus proche en 20 heures là où ça nécessitait habituellement trois jours, dans une tempête de neige effroyable.

Là, branle-bas de combat, le 9 janvier 1932 c’est une véritable expédition qui se met en marche : 9 hommes dont un guide Inuit, 42 chiens sous la direction de l’inspecteur Alex Eames. La cabane est isolée, pas trop facile d’approche à couvert. Le forcené tire immédiatement et commence un siège épique de 15 heures car on se rend compte que sa cabane est plutôt un fortin où a été creusée, l’été précédent, une vaste fosse ménageant des meurtrières au ras du sol. Par moins 48° il repousse tous les assauts, et on doit se résoudre à lui balancer un paquet de dynamite qui fait s’effondrer le toit et on se rue à l’assaut pour le trouver toujours debout, une arme dans chaque main ! En fait (voir ci-dessus) en sus de sa carabine Savage 99 (3) en 30-30, il s’agit d’une single 22 LR Winchester à crosse et canon sciés, et un calibre 16 Iver Johnson traité de la même manière. Epuisés, les policiers doivent se retirer, pour revenir le 14, cette fois avec des moyens considérables…mais l’oiseau s’est envolé !

La traque se met en place sur un territoire immense avec 8 agents, 11 pisteurs Inuits, mais, sans traîneau ni chiens, le fugitif ne peut être allé bien loin. Le 21 janvier il semble avoir disparu, mais un pisteur croit avoir entendu des détonations dans le lointain sur la Bear River : il est enfin rattrapé le 30, mais il tue d’une balle en plein cœur l’agent Ed Millen, on l’a vu plus haut, il s’agit du premier policier qui l’avait accosté l’été précédent et accouru là sans doute parce qu’il était le premier capable de l’identifier formellement. Cerné, il s’échappe encore en escaladant une falaise abrupte où personne n’osera le suivre. Ahurissant, il semble vouloir se diriger pedibus, en raquettes vers le Yukon et donc l’Alaska, mais va se heurter à la barrière réputée infranchissable en hiver des Monts Richardson avec un col culminant à 1500 mètres. Le 12 février, de l’autre côté, un coureur indien retrouve ses traces, en plein blizzard…il a franchi ces 140 kms de terrain accidenté, enneigé et par des températures négatives effroyables en trois jours !

C’est la période où l’affaire se médiatise, car les policiers se sont adjoints l’aide de l’aviateur Wop May, un ancien as de la première guerre mondiale reconverti en pilote de brousse et qui avait déjà participé à une chasse à l’homme similaire un peu avant dans l’Alberta voisin. Malgré les conditions atmosphériques qui cloueront souvent au sol son vieux coucou, cette aide sera déterminante non seulement pour repérer le fuyard, mais surtout déposer hommes et vivres en des endroits stratégiques. Face à un tel individu endurant et astucieux il ne faut pas faire n’importe quoi car il mélange ses pistes à celles des caribous, joue du sens de ses raquettes, les enlève pour reprendre une piste plus loin, revenant sur ses pas, sans doute pour envisager tendre des embuscades à ses poursuivants. Il s’aide de sa hache à long manche pour se hisser au faîte des sapins et observer l’horizon, et camoufle habilement ses feux en taillant un abri sous les congères, sa provision de saindoux servant à la fois de carburant en quelque sorte « lampant » et d’assaisonnement pour cuisiner les petits animaux écureuils et tamias, qu’il prend sous la neige.

C’est cette prudente avancée de ses poursuivants qui, le 17 Février 1932, lui sera fatale car trompé sur leur nombre lancé à sa poursuite. Il surveillait, en fait, ce qu’il estimait être le gros de la troupe, en revenant sur ses pas, quand il buta un peu avant midi sur le sergent-chef Hersey qui, en fait, le contournait. Empêtré dans son équipage de traineau, ce dernier mit du temps à réagir quand le fuyard se déchaussa pour filer s’abriter vite fait sur la berge de la rivière Eagle. Arriva immédiatement à la rescousse l’autre traîneau de Joseph Verville, et le tir à longue distance s’engagea, Hersey agenouillé sans protection étant gravement blessé, heureusement vite évacué grâce à l’avion. Le gros de la troupe arrivant, la rive étant trop haute Johnson tenta le tout pour le tout de traverser la rivière gelée pour atteindre la rive oppose moins raide et s’évanouir dans la forêt proche. Pas très loin de réussir, à mi-course, touché à la hanche, il s’abrita derrière son sac à dos dans une crevasse et riposta méthodiquement. Cerné, les poursuivants prenant le temps de s’approcher à distance sous un feu nourri, le touchèrent de six balles, et il était encore en train de recharger, allongé sur le côté, quand la dernière balle lui fracassa la colonne vertébrale.

Commencèrent les investigations : qui était vraiment cet Albert Johnson ? L’autopsie montra une dentition qui n’était pas celle d’un vieux routard de la frontière, mais plutôt celle d’un citoyen du Midwest. Son âge présumé, tout comme son sang-froid et sa gestion des munitions (4) sous le feu laissait supposer une formation militaire, mais surtout on trouva sur lui une petite fortune en or, et l’équivalent actuel de 60 000 $ dans la monnaie des deux pays, une somme considérable en plein dans la période de la Grande Dépression. Exhumé en 2007 pour prélever de l’ADN l’énigme est loin d’être résolue, la piste la plus sérieuse étant celle d’un immigrant nommé Arthur Nelson, arrivé au Yukon (5) en 1927 dont on perdit la trace en mai 1931, parti vers l’Est, ce trajet de quelques semaines semblant jouable en plein été entre la Beaver River et fort Mac Pherson. Il était dépendant de pilules pour les reins…qu’on retrouva justement sur le fameux « trappeur fou ».

1/ Un patronyme aussi banal que Dupont ou Durand chez nous.

2/ Les peuples des premières nations en étaient dispensés car c’était pour eux un moyen de subsistance.

3/ Voir archive du 20février 2018.

4/ Il lui restait encore 39 cartouches de 30-30, et 84 de 22 LR.

5/ Voir archive du 23 mai 2025.

 

14 août 2026

Le hamac ? Il a plus d'un tour dans son sac !

C’est de saison pourrait-on dire n’est-ce pas ? Mais voici que de nouvelles « approches » c’est le cas de le dire au sanglier nous incitent à nous pencher, car nous chassons désormais toute l’année, et donc à la « belle saison » sur des originalités qu’on ne voit qu’ailleurs. L’aspect bivouac et bushcraft (1) déjà fort chez les archers, nous tend les bras avec cet outil qui peut nous sembler dérisoire et qui fait l’objet de plein de sites, bien sûr aux USA.

Vous nous l’accorderez, le fossé entre la bonne idée et ce qui est tout simplement faisable est parfois immense, et il ne s’agit pas, bien sûr de tirer, confortablement allongé le fusil à la main et une bière dans l’autre, ne serait-ce que pour de simples raisons de sécurité. Il faut replacer cet humble outil dans le contexte de la chasse nord-américaine, et de sa notion de « camp » (2) qui n’existe pas chez nous. La légèreté de ce treillis de cordes, permet à partir du camp de base d’établir un second poste chaque soir afin d’être exactement là où on le souhaite au lever du jour, une chasse en mode nomade avec une bonne autonomie s’affranchissant des corvées de préparation du sol liées au relief.

Là-bas, un chasseur expérimenté emportant 23 kg peut tenir 3-4 jours même par des températures négatives, les inconvénients de la tente lourde et dont il faut préparer soigneusement l’emplacement étant gommés par un peu de corde et quelques mousquetons. La mobilité est incomparable, un hamac de moins d’un kg, dont la valeur est dérisoire (3) peut supporter 180 kg : pas de chaises, pas de piquets, juste deux arbres à trouver, un rail de paracorde au-dessus en ligne de faîtage, permettant de fixer le « tarp » ou bâche (4) qui vous mettra à l’abri des intempéries, quelques duvets légers pouvant encore améliorer le confort.

De ce poste précaire mais surélevé on est à l’abri de l’humidité, des insectes sur des emplacements bien plus polyvalents : flancs de collines, forêts, proximité de cours d’eau, en étant juste conditionné par les points d’ancrage. Ce qui parait, à l’évidence si facile, demande en fait un vrai savoir-faire. Tous les sites (5) recommandent de l’entraînement avant de simplement pouvoir passer du sommaire à un véritable petit camp de base. D’abord bien repérer l’emplacement : des arbres robustes espacés de 3 à 5 mètres, des sangles et accessoires à placer au départ à hauteur des yeux et ajuster en fonction d’un léger affaissement à prévoir, tester et ajuster doucement pour savoir s’y installer facilement et en sécurité, d’abord assis, pieds au sol pour pivoter pas trop loin (50 cm) du sol où sera rangé son bric à brac. Le tout étant bien sûr, d’entrer et sortir assez facilement sachant aussi qu’il y a toujours des armes à portée, à pouvoir manipuler et actionner en toute sécurité.

Le discutable, c’est la stabilité mais qui n’est quasi jamais associée au tir avec les mouvements qu’on imagine qui ferait tanguer l’édifice…voire cabaner, cul par-dessus tête, le chasseur tout à coup en fâcheuse posture! C’est plutôt un endroit de repos, de veille assis, les jambes pendantes en ayant déjà identifié sa procédure de sortie facile et silencieuse pour se mettre en mode tir. Le positif c’est l’installation rapide, silencieuse, parfois même confortable car le haut de gamme des hamacs s’assortit de moustiquaires, de duvets légers, même de coussins car le défaut de la cuirasse, on le devine vient…de l’arrière, et des courants d’air sournois propices au plus terrible des rhumes, celui de fesses ! De l’approche-affût qui désormais ici mais à la belle saison, nous tend les bras, à l’autres chasses à poste fixe au sol (sauvagine, pigeon) nous allons désormais devoir essayer cette nouveauté séduisante, formidable béquille pour nous autres, vieux « déambulateurs » des bois qui peinons désormais à grimper les échelles du mirador.

A nous qui rêvons de la bête noire, le petit nid confortable pour admirer le ciel, la cime des arbres, la lune et les étoiles. Le risque, pensent tout haut quelques mauvais esprits, c’est que les vétérans de notre acabit passeront plus de temps à rêvasser à se mirer dans une « mousse » qui n’est pas celle qu’on trouve sur le tronc d’en face, et faire la sieste qu’à chasser ! A tout prendre, pensons qu’au pire, nos ronflements intempestifs, loin de faire fuir les sangliers, leur feront croire à l’appel de quelques congénères occupés à vermiller et à se goinfrer dans leur bauge toute proche…

1/ Voir archives des 22 juin 2025, 11 mars 2023, 15 mai 2021.

2/ Voir archive du 25 octobre 2025.

3/ De 30 à une centaine d’euros pour les plus sophistiqués.

4/ Là aussi, d’une valeur dérisoire à positionner plus haute au vent, et plus ou moins haute dans l’autre sens pour accès et déplacement rapide.

5/ Voir « Hammock forums ».

 

2 août 2026

Long ou court, rapide ou lent ?

A lire toute la littérature sur le petit calibre 22 Long Rifle et revivifiés par certains assouplissements législatifs (1) récents, faut-il raccourcir son canon pour être « dans le vent » et utiliser certaines munitions plus que d’autres pour être efficace et précis ? Le tout venant de la carabine 22 de « derrière les fagots » aura immanquablement un canon long, voire très long, est-ce un handicap ?

Elles ont déjà été analysées ici (2) et il faut foutre la paix au canon…car c’est bien le seul atout de telles pétoires ! Le métal stéphanois de l’époque (l’après-guerre) y était de qualité supérieure, la stabilité de la variation de concentricité constante et le rifling des six rayures cohérent. Tout ça étant bien plus rigoureux que les copies chinoises de carabines tchèques qui ont suivi (3). C’est plutôt autour que ça clochait, les bois, passe encore, mais surtout la détente « spongieuse » et la masse-percutante agissant comme un marteau-pilon massacrant les étuis et secouant tout le fourbi.

La qualité du canon n’est pas liée à la longueur, mais à l’uniformité de la taille de l’alésage, des rayures, du taux de torsion. Le débat est né de la munition et des 16 pouces (40 cm) nécessaires pour qu’elle atteigne son plein potentiel. Après, elle continue un peu en « roue libre », risque même d’être freinée, et la mode des canons courts est venue du bench-rest dans l’utilisation de munitions « match » au top, asservies à de grosses optiques. Les canons longs relèvent de la visée « fer » un peu oubliée depuis belle lurette, mais qui comptait encore en 1958 dans l’optique des carabines dites « de jardin » (4). Et puis, on peut aussi arguer qu’après 20 pouces (50 cm) la vitesse se stabilise, ce qui minimise la décélération, moins abandonnée à elle-même, le « bout » de métal en plus ayant même un premier effet réducteur de son. De ce côté donc, le choix de la balle, sa conception, comme on va le voir plus loin sera important : vous gagnerez en régularité avec une munition cohérente donc pas bon marché, le vrac étant erratique en fabrication donc en résultats de précision. Comme par hasard vous constaterez que la longueur moyenne des canons employé en PRS (tir aux silhouettes) oscille entre 23 (58 cm) et 27 pouces (68 cm) car dicté par un point d’équilibre global à atteindre dans une compétition où on tire en situations de chasse ou de combat inconfortables.

Doit-il être « flottant » ou non ? On a déjà vu ça (5), et comme on a accepté de tirer avec ce qu’on a trouvé dans le grenier, se pose le problème du choix de la munition tant l’offre est pléthorique. A 50 mètres, faut pas rêver, distance d’emploi d’ailleurs raisonnable en matière de précision et sécurité de l’engin, la balle lente devra aller plus haut et sera moins précise à la retombée car plus sensible au « saut » du canon long théoriquement plus ou moins bien maitrisé par le « bedding » vu plus haut. Pour résumer une dispersion verticale peut atteindre 6-7 mm encore accentuée par les variations de vitesse par lots pouvant aller de 7 à 14 m/s pour les meilleures, et donc bien pire pour le vrac. C’est ce qui explique qu’une boîte de 22 LR peut allégrement passer de 5 euros (pour tirer les canettes) à 20 euros (qualité match pour trouer du carton).

La balle rapide sortira plus vite du canon, en théorie moins affectée mais avec un autre problème : la transition transsonique pile-poil pour mal faire dans la distance d’emploi, et des problèmes de coefficient balistique et de traînée insolubles avec une balle à talon dont la conception (Minié) date d’il y a presque deux siècles. Rapide ou lent n’est pas une option générale à prendre, mais comme avec les cartouches de chasse, d’atteindre une vitesse spécifique d’emploi. Dans le flou juridique qui jusqu’ici, nous obligeait à employer l’euphémisme d’emploi « rural » du petit calibre, le choix de la munition cohérente devra, à notre avis passer par quelques critères. Le premier être « discrète » avec un canon « silencé » donc long pour avoir le filetage ad hoc d’office, précise de près impliquant ipso facto l’option subsonique. Enfin l’efficacité terminale dans une optique régulation qui est ni plus ni moins celle de la chasse, terme véritablement tabou dès qu’il est question du petit calibre, implique le mode HP ou pointe creuse.

Le cas des scopes a aussi été évoqué (6) : sur un canon long, on vient de le voir avec le PRS ils jouent dans la stabilité de l’ensemble, le grossissement modéré (X 3 à X 9) permettant de s’ajuster sur les erreurs de visée mineures, mais seulement à moyenne distance (70 mètres en gros) qui sont strictement celles de l’emploi. Alors long ou court, l’opinion l’emporte souvent sur les faits, mais le canon long à l’avantage indéniable d’être déjà plus près de la cible à atteindre non ?

1/ Voir archive du 15 mars 2025.

2/ Voir archive du 14 mars 2018.

3/ Voir archives des 9 janvier et 11 octobre 2022.

4/ Voir archive du 18 mai 2017.

5/ Voir archive du 18 mai 2017

6/ Voir archives des 25 janvier 2022, et 4 juin 2025.

16 juillet 2026

22 LR : si on améliorait le passé ?

Soit on nous le redemande (1), soit on met en cause ce qu’on peut effectuer chez soi à peu de frais car ça met à disposition de tout le monde un poil de précision que seules des armes d’un autre niveau seraient théoriquement capables d’atteindre : voici donc les quelques principes permettant d’améliorer tous les vieux rossignols qu’on a tous manipulés un jour et que les copains se désespéraient de régler.

La première chose à faire, c’est TOUT desserrer…un pléonasme, puisqu’il n’y a qu’une seule vis qui tient tout, et en fait rien car l’humidité, les conditions de stockage, le bois infect font que soit ça bloblotte de partout, soit que ce fut vissé à mort, écrasé, les points de contacts importants à voir plus loin, rendus aléatoires et faussés. Le mieux c’est de trouver (facilement) une crosse neuve. Sinon, de laisser sécher, tenter de consolider et renforcer l’orifice par le biais d’interfaces, écrous ou rondelles de consistances diverses sur lesquelles on va pouvoir jouer et pas forcément métalliques.

Le grand principe c’est de surélever, pour passer du seul point de contact mouvant et approximatif à trois (voir ci-dessus), mais toujours, véritable gageure, avec la seule vis de serrage (voir la flèche) pour maintenir l’ensemble et à maîtriser enfin son serrage. La précision (2) répond à trois éléments : le canon (3), son rapport à la crosse, les munitions, puis la détente (la plupart du temps nulle ici), enfin les scopes, eux aussi à serrer-desserrer de manière uniforme. Tout le monde n’est pas capable, et c’est même idiot car onéreux, d’effectuer un bedding résine-epoxy, sur une arme à deux balles (les sous, hein, car, en plus ce sont le plus souvent des singles mono-coup !). Si le bois tient le coup, il faut surélever sur deux points sous l’action avec ce qu’on trouve sous la main : adhésif silicone-alu, demi-coques plastique, (par exemple de cartouches de chasse !) pour, en plus éliminer le jeu latéral toujours possible, et un troisième, point variable (4) à ajuster après la chambre.

Le « canon flottant » et les vibrations ont fait l’objet de thèses de doctorat qui n’ont pas vraiment cours ici, car il ne s’agit pas de canons lourds de bench-rest. Avec ces canons longs (60 cm et plus) et légers il faut juste maîtriser plus ou moins les harmoniques, assurer si on veut une certaine constance de ces dernières, avec un silencieux qui va encore amener du poids à l’extrémité, car ces armes peuvent retrouver un regain d’intérêt côté ASOD (nuisibles). C’est un domaine souvent étudié ici, où la précision requise n’est pas celle des distances de la compétition : 10-30 mètres le plus souvent autour de plans d’eau mais jamais dans des conditions « stand », et plutôt en approchant le plus possible, et en se contorsionnant dans des poses inconfortables.

Sur ces carabines, l’amélioration des détentes, souvent lourdes, imprécises et spongieuses (5) est impossible, pas de ressorts à raccourcir ou à substituer avec les « pousse-mousse » ou des kits toujours onéreux. Il faut faire avec ce qu’on a, et si on aime tirer, on finit par s’habituer à tout. Il faut revenir quand même au serrage de la vis qui maintient on l’a vu tout l’ensemble, faire des essais, et une fois le résultat attendu, bien repérer au feutre sans même parler du « couple » (6) pour faire « technique » ! Nous reproduisons ci-dessous ce carton obtenu à 50 yards (45 m) avec une telle trappanelle, loin d’être ridicule, et avec vraiment une munition premier prix : de la Decathlon Training (Selliot Bellot en fait). Pour la régulation du ragondin nous utilisons de la RWS Subsonic HP bien plus régulière, silencieuse et efficace aux petites distances. A un moment donné, même si on a l’habitude d’utiliser du bon matériel, on cherche toujours des trucs supplémentaires pour s’amuser, et ces vieux merrains en sont l’illustration à pas cher.

1/ Voir archives des 12 et 27 novembre 2025.

2/ C’est la dispersion des impacts autour d’un point central, à ne pas confondre avec l’exactitude ou regroupement des impacts au plus près du point visé. Le minimum requis c’est d’un pouce (2,5 cm) à 50 yards (45 m), le carton ci-dessus montre qu’on peut l’atteindre même avec ces armes basiques et avec des munitions tout-venant ici de la Sellier-Bellot vitesse standard.

3/ Bien usinés à St-Etienne, les canons sont le seul argument armurier valable de ces petites carabines dites dans les années cinquante « de loisirs ». On ne peut que tourner autour de ce seul élément stable, pour améliorer l’ensemble.

4/ Un bout de chambre à air peut faire l’affaire, parfois, par coup de pot on trouve la bonne distance à partir du tonnerre, en tâtonnant autour de 5 à 6 cm de ce dernier le plus souvent.

5/ Articulées autour d’un long ressort plat avec une course particulièrement longue pour des raisons de sécurité…car ces armes à un coup étaient dépourvues de sûretés mécaniques manuelles qu’on ne trouvait que sur les carabines à répétition. Pour la régulation, la sécurité sur de telles armes plus que simplistes, c’est de se balader avec culasse ouverte, canon en bas, pour que le projectile ne foute pas le camp, par gravité !

6/ De fait, nous souffle à l’oreille un menuisier, il n’y a pas de couple de serrage pour les vis à bois.

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16 juillet 2026

L'été en pente douce...

Oubli fatal, et nous avons oublié de l’annoncer, comme chaque année à pareille époque, ce site va un peu plus espacer ses parutions l’auteur étant en villégiature dans un lieu où les connections informatiques sont moins bien assurées que d’habitude. On va donc passer du rythme hebdomadaire au mensuel avec néanmoins au moins un dossier intéressant à éplucher.

Rassurez-vous, fin septembre il retrouvera sa vitesse de croisière dans la mesure où les « ouvertures » entre Bretagne et Normandie vont s’échelonner. Malgré tout, en cette période de canicule tentez de ne pas succomber aux affres du réchauffement climatique en employant, comme notre passion nous l’impose, les bonnes munitions…Allez, bonnes vacances à tous.

 

19 juin 2026

Un "vieux gars" pour ses "vieux jours" ?

C’est un célibataire assez simplet, un vieux cousin éloigné que l’on regarde de haut, au hasard des rencontres, ou au détour du chemin, « arme de débutant ou de chasseur sans le sou » au système aussi rustique que solide qui dénote un peu dans le paysage du « light » et de la civilisation « 2.0 » qui prévaut aujourd’hui. Bon, il ne s’agit pas non plus de tomber dans le snobisme, et l’engouement pour les armes et calibres désuets, mais de se rendre compte, qu’en fait, c’est l’arme d’une autre chasse…

Certains sites U.S. parlent pour le « single shot » de romantisme, de mystique et presque d’éthique, et il faut bien reconnaître que même revenu un peu de tout, dans la force de l’âge, nous n’aurions sans doute jamais parié un kopek d’avoir à ainsi philosopher un jour sur un tel engin dans un site parlant plutôt d'actualité. Dans les campagnes reculées il était pendu au-dessus de la cheminée, derrière le placard, ou dans le cellier, jamais bien loin pour protéger le poulailler du goupil en maraude, et le potager des ennemis des cultures. Il durait éternellement, inusable, du fait déjà de sa conception ultra simple, et aussi parce qu’il impliquait, de facto, des pauses dans le tir évitant coups de chaleur, érosion et contraintes successives qui ébranlent tous les mécanismes armuriers, même les plus solides.

Toujours actuel le « single » ? Le fait qu’il soit toujours fabriqué en fait encore une arme de « niche » qui ne manque ni de puissance ni de polyvalence. C’était autrefois chez nous, on vient de le voir, avec le fameux Simplex, le fusil de base du chasseur rural, un pragmatique qui ne s’embarrassait guère de fioritures, et allait à l’efficacité pure. Regardez bien d’ailleurs les documentaires sur les tribus de la jungle amazonienne, ce sont parfois, pour eux, les seules armes à feu légales et abordables conçues justement…pour ne pas manquer ! A le pratiquer depuis des années au pigeon on ne manque jamais de discussions oiseuses avec des fans de semi-autos qui vous parleront éthique et soi-disant fair-play du tir au vol, en mettant en cause le tir au posé…eux qui tirent systématiquement trois coups sur tout, et avec du super-magnum en plus, soit la religion du « spray and pray » ou si on veut « pulvériser partout en priant pour que ça tombe » !

En fait le fusil à un coup est d’abord une excellente discipline de tir car il faut absolument que le premier (et seul) coup compte, vous apprenant à vous tenir, et à ne pas gaspiller les munitions. Cinq cartouches au fond de la poche et roule ma poule direction la passée du soir car, en vieillissant on apprécie de sortir plus léger et plus souple : on s’appesantit plus sur la technique des leurres que le nombre de cartouches tirées, et ce n’est plus l’arme qui dicte le type d’action de chasse. Par la force des choses, on choisit plus attentivement ses chargements, le placement, la distance. De surcroît, tirer une cartouche à la fois, en plus d’être amusant, permet d’économiser de l’argent car à ce rythme, il faudra plus de temps pour épuiser son stock !

Là, le bon coup de fusil, c’est un tir, un mort, l’ensemble parfait quoi ! L’homme au fusil à un coup sait comment l’utiliser, il n’a qu’une chance et n’entend pas, bien sûr, la gaspiller. A l’affût, il y a même la jubilation extrême de parvenir à faire approcher à bonne distance que conclut le choc de la détonation doublé, un peu plus tard, du son sourd du gibier tué raide qui touche terre, douce musique aux oreilles fatiguées de tous les vieux coureurs des bois. Son rythme lent séduit, à un moment de la vie qui permet la compréhension et la gestion fine d’un temps où les capacités physiques ralentissent inexorablement :  on savoure chaque tir pour en faire le meilleur usage et se détendre mieux encore qu’en tondant la pelouse ou en faisant la vaisselle…

De nos jours, c’est le partenaire des sorties solitaires, pour la chasse au poste, « faire le pied »…ou mieux encore, le « lever » le dimanche après-midi, pour cette chasse ralentie et détendue où, sans objectif particulier, on se concentre en plein hiver sur la Nature avec ce sentiment familier d’avoir au bras quelque chose d’élégant, de fin et de léger, et surtout de terriblement efficace. On disait jadis, quand on entendait tonner au loin : « un coup : dans la gibecière ! Deux coups : peut-être ? Trois coups : derrière » ! L’usage naguère des 22 Long Rifle à un coup nous avait déjà montré à quel point il ne fallait pas appuyer inutilement sur la queue de détente, à moins de pouvoir donner le coup fatal. Avec ce genre d’arme, toute la génération des chasseurs d’après-guerre apprenait la patience et la prudence : avec un seul coup, on n’avait pas le choix, il fallait se concentrer et se connecter immédiatement au gibier.

Cette limitation enseignait au novice l’intérêt de se rapprocher, d’attendre, et se retenir jusqu’à ce que les conditions soient parfaites : excellente façon, au demeurant, d’aborder plus tard n’importe quel type de chasse ! Quand on n’a plus rien à prouver, sur le tard, c’est là qu’on « jouit », (ne rigolez pas, le terme n’est pas trop fort, ni trivial), d’éprouver cette quintessence de la finesse de la chasse quand, tous les sens en alerte, on regarde le vol de colverts approcher, puis les malards se pavaner autour des canes, ce qui représente, sans doute, 99% de la jubilation de notre passion commune ! Avec, au bras, cette « canne à mouche » des armes à feu…on peut même presque faire comme nos amis chevaliers de la gaule, « no kill » et parfois, (reconnaissons-le, jamais assez souvent), ne pas tirer ! Trois malheureuses cartouches suffisent à garnir le fond de la poche quand on sait que, de toute façon, rien ne va repartir après !

C’est en effet tout le paradoxe de cet outil élégant et semble-t-il anodin, à l’allure innocente, de tout écraser, et d’être comme disait Winston Churchill à propos de la gent équine « dangereux aux deux bouts ». Effet du faible poids, il recule bien sûr et rue souvent comme une mule, mais il n’a pas besoin de « semi-magnum » de 40 grammes ou plus pour être efficace : le long tube, plus serré qu’un pet de nonne, fait tout le temps le boulot, même avec une petite 28 grammes de  # 5, par exemple à la palombe. Pas de blessés ni d’oiseaux désailés, faut juste bien couvrir si on va loin, bien plus loin que le commun des armes récentes, notamment avec du gros plomb, où les 40 « vrais » mètres sont régulièrement atteints.

Tout le monde le sait, dans l’action, le recul sous la poussée d’adrénaline n’est jamais un problème, ce dernier n’entrant en jeu que lors des tirs répétés et, où, de toute façon, on a le temps de s’appliquer à bien épauler. Sur ces armes simples au profil de « canardières », tout s’arrange assez facilement avec quelques accessoires (bretelles, sabots) qui lestent un peu l’ensemble, même au tir à balles censément plus difficile avec des canons souvent effroyablement chokés. Là aussi, la technique vient à notre secours de nos jours avec les balles ensabotées qui passent partout. Même à la sauvagine et sa réglementation zones humides, le substitut moderne permet de « sauver » ces vieilles armes pour le tir au posé et même au vol, car un seul coup de « full » bien devant sera toujours aussi efficace que trois coups lâchés à la volée et au hasard. Ce n’est d’ailleurs pas au marais que vous trouverez le plus de détracteurs de ces engins, car il y existe comme dans les palombières des Landes, une tradition liée au gabion et à tous les tirs au posé avec des armes longues à un coup.

Autre intérêt, et non des moindres en cette période de contestation de la chasse, avec ces armes on tire moins, à bon escient, et à la rencontre des promeneurs dominicaux, elles font moins « peur » que les armes aux allures martiales camouflées, dont nous abreuvent les films d’action. Ils viendront plus facilement vers vous, les prenant quasi pour d’inoffensives carabines de jardin, et quand la glace est rompue, comprendront mieux cette approche presque « bio », voire (horreur et damnation !) « écolo » de la chasse vagabonde d’une sorte de « promeneur armé » dont ils se sentiront sans doute plus proches. Voilà bien les atouts de ce retour au goût des choses simples, même pour un vieil impénitent amateur d’armes, chasseur caduc, à la panoplie, comme beaucoup, pourtant bien remplie d’autres pétoires bien plus sophistiquées…

 

14 juin 2026

Achat d'une carabine ? Ayez un plan !

Unicité de l’arme, lot de munitions dans le calibre qui correspondent, sans même parler de l’adresse du tireur qui va derrière, voilà bien un ensemble dur à maîtriser quand on débute, surtout à l’arme rayée dont la culture reste faible dans notre pays, même si la pression de la bête noire incite à s’y jeter le plus souvent à corps perdu. Le nombre de mythes à dépoussiérer est infini et ne tombez pas dans l’erreur du chasseur moyen qui entre là-dedans sans stratégie : ne faites pas n’importe quoi, ayez un plan…

Tentez d’abord de bien cerner ce que vous allez faire avec cette nouvelle arme sans se fier aux copains, ou pire, à l’armurier-vendeur, parfois un stagiaire d’école de commerce, même pas titulaire  du permis de chasse donc pas ou peu compétent qui vous conseillera l’air bonace « …achetez ça, c’est ce qu’on vend le plus en ce moment ». Dans un pays où on ne tirera quasi jamais à plus de 200 mètres (1), difficile de mettre tous ses œufs (durs ?) dans le même panier d’une polyvalence que, pour une première arme, on va quand même plus ou moins rechercher non ?

Calibre ou arme en particulier, canon lourd ou léger, performances sont difficiles à apprécier sauf à éplucher inlassablement les revues et sites spécialisés et à vous donner le tournis. Les améliorations techniques réelles ou supposées font disparaître les réflexes de la chasse traditionnelle qui est de bouger et de se rapprocher, ce que font en gros les archers et ce qui explique leur succès croissant. Rien n’est jamais vraiment acquis, mais il y a quand même quelques règles simples et de bon sens et ce qui vaut d’ailleurs aussi en lisse : le timing l’emporte sur la vitesse, et la précision sur la puissance en gros être à l’aise avec son tir et connaître son matériel.

Evitez l’achat d’une carabine sophistiquée à fort recul si vous n’avez ni le temps, l’argent ou l’envie voire l’endroit où tirer souvent pour devenir au plus vite compétent. Les armes précises d’entrée pour pas trop cher existent maintenant dans des calibres moyens rapides (2), sécuritaires d’emploi sans trop d’avance à donner sachant qu’on sera le plus souvent en battue. Côté optiques, dans le doute, le red dot s’imposera car réglé à 50 m. il peut monter à 100 voire un peu plus. De base (grossissement 3-9X en pack le plus souvent), n’importe quel scope permet d’aller un peu plus loin, mais, de grâce, ne succombez pas aux sirènes des marques « premium » à sophistications ultimes en affublant une « cheap » à 500 euros d’une merveille valant presque dix fois plus.

Tenté par la polyvalence, là où quelques nouveautés genre « affût-approche » vous tendent les bras, n’oubliez pas que pour le premier terme, le red dot fera l’affaire et que pour le second, si c’est un peu loin, eh bien…on se rapproche, on améliore sa position de tir et de manière sécuritaire. Le tir longue distance initié par le marché US du tir long inspiré du militaire (3) est bien différent de la chasse où les occasions de tirer sont presque toujours fugaces à cause du couvert ou du déplacement des animaux liés à la pression de chasse. Ajoutez à cela la maîtrise du tir à froid (4) imaginez l’affaire s’il faut, en plus, tourner les molettes, bidouiller le télémètre, titiller plein de petits bitoniaux, sortir l’anémomètre, vérifier les tables balistiques sur Bluetooth en ayant à l’esprit les règles de la trigonométrie…

Allez, un vieux scope bien classique à réticules standard, facile à régler de zéro à cent permettra des ajustements « au vol » pour aller un peu plus loin en connaissant son fusil et ses chargements. Si vous êtes parvenu à approcher un beau brocard sur ses gardes à 30 mètres vous serez un bon chasseur, et si vous l’avez eu à 200 mètres un bon tireur, mais ce n’est pas la même chose…

1/ Il n’y a pas à proprement de loi interdisant, en France, de tirer à plus de 300 mètres par contre c’est l’emploi d’interfaces (hausses autrefois, scopes actuellement) matérialisant cette distance qui est proscrit, mais quel gibier, à part peut-être en montagne est chez nous concerné par ces longues distances ?

2/ Voir archive du 3 avril 2026. Pour débuter le trio 308 Winchester, 270 Winchester, 7-08 Remington en neuf, et 7X64 ou 7,92 Mauser 280 Remington en occasion est bien suffisant. Le 30-06 ne s’est imposé depuis 2013 que par paresse intellectuelle et facilité des armuriers, secteur en crise actuellement qui ne sont plus « conseils », mais plutôt et surtout « vendeurs ». Evitez tout ce qui « souffle » fort (les 9,63 ou le 300 WM) puisqu’on va tous tirer autour de 50 m, quoiqu’en disent les « kékous »

3/ Le militaire (homme de troupe) cherche une trajectoire verticale sur silhouette d’homme debout, n’importe où pour blesser, pour le chasseur toucher n’importe où ne suffit pas car il cherche à atteindre la zone vitale au premier coup.

4/ Voir archive du 17 mars 2024.

9 juin 2026

Soliloque dans la salle d'armes

C’est un lieu de « rangement » (tout est relatif hein !) qui ne se maîtrise qu’au fil du temps et des accommodements ménagers et matrimoniaux, bien expliqués par Gene Hill (1) avec plein de stratagèmes à affiner au fil du temps et la « collection » de plein de choses : garde-robe, munitions, impedimenta divers et variés tous ces accessoires à la fois futiles et finalement indispensables. Comment partir sans les leurres, les sièges, les « quarts les gamelles et les bidons » comme on disait sous les drapeaux ?

Prenons les armes, on démarre timidement comme utilisateur pas trop assuré et limité par un budget forcément impécunieux avec des armes de rencontre ou de circonstance avec lesquelles il n’est pas sûr qu’on s’entende bien (2), même de nos jours avec nos allures de vieux briscard. On n’a pas les moyens d’acquérir pour thésauriser : les premiers achats techniques et judicieux se font après, et l’accumulation n’est que le fruit d’héritages, de transmissions et seuls les esprits curieux vont essayer des nouveautés en y adhérant plus ou moins bien, et c’est là qu’enfin on affine ses choix, pas forcément d’ailleurs en accord avec ce qui marche techniquement.

On peut ainsi, sans y prendre glisser vers des préférences bizarres comme les crosses anglaises pour l’élégance, et les fusils stéphanois même si on a toujours autant de mal à les maîtriser ! Ce sont des armes intéressantes, patrimoniales qui, il y a un siècle étaient partout et dont la qualité de fabrication n’est jamais prise en défaut par le temps. Ils représentent la quintessence de maniabilité et de qualité de tir du « deux coups », petits calibres douze (et encore mieux seize !) utilisant de manière spectaculaire la charge classique de 28 grammes. Les assemblages bois-métal sont parfaits, les hauts de gamme le plus souvent ménagés et entretenus sont, en plus, accessibles à des prix raisonnables. Même si on tire mal avec, on leur reste fidèle par nostalgie et respect du patrimoine cynégétique de la « chasse devant soi » et la fameuse « billebaude » si bien décrite par Henri Vincenot.

On a donc ce qu’il faut, des armes parfaites, mais toujours l’envie irrésistible de parcourir les catalogues et les sites en ligne, car tout à coup se glisse insidieusement le risque d’esquinter tout ce petit monde péniblement acquis et sempiternellement astiqué, et de se risquer à l’accueil d’armes « moches », intéressantes car on n’aura pas à s’en soucier quand l’utilisation se « durcira». On a tous connu ça, quand ces armes disgracieuses, tout à coup sont devenues intéressantes quand s’entassent dans le coffre les leurres et le retriever, ou qu’il faut accueillir par-dessus tout le barda, une bête de compagnie et un ou deux drathaars. C’est comme ça qu’on est retombés dans l’addiction au fusil à pompe et succombé à la tentation de «l’automatique » après avoir vu sur le Net les fameux tests d’endurance du Baïkal MP 153. Avons-nous pourtant besoin de trois coups pour chasser quand on sait qu’avec deux bien répartis, en jouant des chokes, on peut tout chasser ? Bon c’est vrai qu’avec l’expérience ou l’âge, si on est plus lent, on tire mieux, ou on sait pour le moins choisir ce qui est le plus évident, car on se met moins la pression (à part la mousse qui se déguste hein !) depuis qu’on chasse seul, puisqu’on ne peut plus suivre les jeunes…

Nous voilà tout à coup moins inquiet pour le fusil que sa sécurité personnelle, en cas de chute quand tout tombe, treize parmi quatorze, dans le fossé bourbeux et qu’il suffit, pour le fusil à pompe, d’employer la technique « mortier » (3) ou de démonter vite fait le canon, et de le rincer sur place pour évacuer le dangereux bouchon terre-neige-boue. Allez faire ça avec votre Beretta SOE ! Tout le monde ne recharge pas avec sous la main, dans le vide-poche,  le petit tire-bourre qui va bien pour extraire la douille récalcitrante, et ces armes rustiques d’emploi comme de démontage peuvent aussi servir de prêt ou de dépannage. Tout est facile avec elles : un bouchon à dévisser, puis deux goupilles à chasser et tout se lave à l’eau chaude et au liquide vaisselle avant un coup de sèche-cheveux. Il faut juste éviter de les laisser traîner mouillées dans leur étui, et pire encore si on chasse en zone maritime.

Tout ça pour dire que la magie de la salle d’armes et de tous ses vieux merrains, c’est aussi tout ça, un environnement familier où chaque chose a sa place fusils, logistique, munitions…voire rafraichissements (voir la pub si éclairante ci-dessus) et retrouver la philosophie de Gene Hill pour collectionner « en fait du temps, et des souvenirs ».

1/ Dans « A hunter fireside book », (1972). Voir sur cet attachant personnage archives des 25 septembre 2020, et 28 mai 2022.

2/ Voir archives des 2 et 22 septembre 2025.

3/ En empoignant l’arme par le fût canon vers le haut et en tapant sur un sol pas trop dur, les doubles barres d’action du fusil à pompe ayant peu de risque de se tordre de nos jours.

 

3 juin 2026

22 LR : dur de passer de 50 à 100 m.

Vous vous souvenez sur les boîtes « danger jusqu’à 1500 mètres », et allez voir par curiosité le site sympa (1) sur You Tube où quelques joyeux drilles tirent…à 1000 mètres et sont tout surpris de toucher un gong de 1,7 mètre au…7è coup, là où ils s’attendaient à en tirer au moins 500 ! Ils se basaient, à cette énorme distance sur un groupement… de 50 mètres, pour finalement atteindre 10 mètres, malgré la trajectoire d’obusier et plus que 21 joules en puissance.

On l’a tous fait, réussir à bricoler sur de vieilles pétrolettes (2) et se congratuler autour de la « minute de ragondin » enfin atteinte à 30 mètres reste possible à peu de frais et en s’amusant dans son garage, mais pourquoi est-ce si difficile d’être précis au-delà de 50 mètres alors que plein de disciplines, sans même parler du bench-rest (silhouettes, etc.) proposent d’aller beaucoup plus loin ? De fait, déjà il y a bien longtemps, en 1937, Winchester avec son modèle 52, garantissait, sur dix coups 3,2 cm …à 183 mètres ! Surprenant hein, surtout que les armes (3) et munitions actuelles (4) ne sont pas, et c’est heureux, restés bloqués à cette époque ?

Le saut qualitatif et la précision répétables sont de vrais défis car déjà en théorie, il faut multiplier par trois les groupements, déjà péniblement atteints à 50 mètres, ce qui veut dire que les 3-4 cm vont en faire 12 à 15, conjugués à la flèche inhérente de la munition du même acabit. Chaque réglage « moyen » de la carabine sera amplifié et se reflètera avec des effets plus marqués dans chaque tir. Si, par chance, l’arme tient encore le choc, il faudra s’atteler à maîtriser les fondamentaux du tir à longue distance, apanage des gens qui vont au stand et affichent des compétences difficiles à imaginer : reproduction de gestes parfaits dans les mêmes conditions, manipulation parfaite sur chaque tir, lecture de tous les paramètres environnementaux dont, bien sûr et primordiale, la lecture du vent. Seulement gênant à 50 mètres, ce dernier sera fatal à 100 surtout selon le type de la munition dont le choix, adapté aux caractéristiques de l’arme, sera déterminant.

Le « vrac » seulement passable ne le sera plus, car il faudra une vitesse nominale la plus constante possible, standard ou subsonique évitant certes l’écueil du « mur » transsonique, mais plus sensible au vent et aux erreurs de tir du fait de la vitesse plus faible. Bien sûr le recul est quasi inexistant, mais sur une arme légère qui peut bouger en latéral, il peut commencer à agir quand la balle sort du canon, et on retrouve la recherche de positions sûres et parfaites à trouver. Entre précision (5) et exactitude (6) il faudra aussi commencer à se pencher sur les scopes à plus fort grossissement que le X 4 et même le choix de réticules qui mettent en valeur la cible, sans la masquer, ni être trop confus.

Trop de variables ou difficile conjonction de tous les facteurs favorables font que la difficulté déjà d’être régulier à 50 mètres rend doubler cette distance une vraie gageure que peu de tireurs, même motivés peuvent atteindre. Bien sûr, sur Internet tout est possible, mais le meilleur équipement ne garantira pas forcément le résultat sans la maitrise des compétences évoquées plus haut.

1/ Site « la Gauloiserie » : tirer à 1000 mètres au 22 Long Rifle. Si je ne m’abuse, ils ont tiré de la Norma Tac 22 .

2/ Voir archives des 12 et 27 novembre 2025.

3/ Les carabines à verrou doivent grouper autour de 3 cm à 50 mètres, prévoir le double avec celles à levier en se prenant pour John Wayne.

4/ Norma et Lapua font des « long range » déjà subsoniques (330 et 312 m/s) à 50 m, quand une CCI standard est bien moins rapide (296 m/s).

5/ C’est la dispersion des impacts autour d’un point central.

6/ Impacts au plus près du point visé. L’objectif de la percussion centrale est la taille des groupements, la percussion annulaire de toucher le centre.

 

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