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FCM 25.00

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29 octobre 2026

Bécasses de la Toussaint

Voilà bien une période qui engendre certes la mélancolie, l’évocation de visages disparus, et aussi pour le chasseur le vol bleu des palombes, et l’envol soyeux de la mordorée. Même si son tir a déjà été évoqué ici, (1) et que ce n’est plus, pour nous qui n’avons plus les jambes de la suivre dans le chablis d'actualité, voici le souvenir de quelques principes pouvant encore être utiles à tous.

La complémentarité chien-chasseur exacerbée, liaison essentielle (2) amenant des souvenirs inoubliables font que, quoiqu’il se passe, on restera toujours « bécassier » dans l’âme. On lui aura consacré sûrement une arme dédiée, la plus légère et ouverte possible, et même des munitions particulières, des cartouches basse pression à employer dans des armes le plus souvent anciennes et patrimoniales. Les « puristes » qui sont sans doute des « épées » prôneront les « petits » calibres, mais la qualité de gerbe imposera, pour le commun des chasseurs, le tandem 12-16. Autrefois les artifices de dispersion, croisillons et autres ARX palliaient à l’absence de chokes amovibles, maintenant il existe des fusils légers polyvalents plus pratiques.

L’envol légendaire de la bécasse est souvent surévalué. Tous les tirs ne sont pas acrobatiques et c’est justement ce grand écart de situation qui est bien plus difficile à gérer, quasi en contradiction avec le classique « queue-tête-pan » qu’on mettait quelques saisons à péniblement entériner quand on commençait à chasser la « plume » avec son premier chien d’arrêt. La difficulté du terrain compliquait tout, bien loin de la progression méthodique et régulière dans la « rabette » en surveillant la quête. Là il s’agissait d’une approche lente et réfléchie en sous-bois, dans les gaulis, d’une « place » à l’autre en faisant encore plus attention à son positionnement propice au tir. On se trouvait tout à coup sur des appuis sommaires, ou des terrains pentus par nature instables où il était parfois difficile de prendre, pour un droitier, la posture classique : pieds écartés à 12h-14h, de la largeur des épaules, genou avant légèrement fléchi.

Il fallait bannir, par souci de sécurité du chien ou du voisin et d’éthique les tirs bas et ne pas tenter de visualiser la progression de l’oiseau au sol, parfois piétant, parfois effectuant des sauts de crapauds sous la truffe du chien car le changement de regard, du sol vers le ciel, aveuglant de clarté, était déroutant en faisant neuf fois sur dix tirer trop tôt. On se mettait la pression dans le tir « au coup d’épaule » facilité certes par une arme en principe plus légère mais que comme tous les novices on faisait monter avec la main forte pour soulever la crosse ce qui créait un balan en bout de canon, et faisait baisser la tête pour s’aligner. Il aurait plutôt fallu se servir des deux bras, la main forte pouvant éventuellement servir à bien se placer au creux de l’épaule, en prenant soin de bien soulever le coude à 90°, comme au ball-trap (3). De fait plus le coude est bas, moins il y a d’espace où se caler et plus d’instabilité.

C’est là aussi qu’on retrouvait la querelle d’école sur l’opportunité d’utiliser la méthode Churchill d’interception d’épaulé-jeté (4) qu’on peut résumer ainsi : « économiser le mouvement, l’œil sur l’oiseau, pas de calcul de correction de trajectoire, tirer en principe droit dessus, mais inconsciemment en devançant légèrement pour compenser le temps de vol ». Avec l’épaulé parfait vu plus haut on y gagnait du temps, également en tirant quoiqu’il arrive, donc sans attendre ou avoir prévu s’engager dans un « trou » dans la canopée, et là, fallait encore bien avoir choisi sa taille de plomb pour passer outre le feuillage encore dense.

Choix délicat pour un oiseau certes fragile où un seul plomb suffit, mais il faut aussi encore penser à ce qui va rester dans la casserole derrière…Encore heureux si, comme le grand auteur américain spécialiste de la bécasse G.B.Evans (5) on tenait le ratio de deux cartouches pour un oiseau, sachant aussi n’est-ce-pas, qu’on rate 100% des tirs qu’on ne tente pas…

1/ Voir archive du 29 janvier 2017.

2/ Voir archive du 16 décembre 2017.

3/ Le skeet où on est placé non-épaulé avant le tir conseille un entraînement de 10 minutes de ce geste trois fois par semaine et jusqu’à 3000 répétitions pour bien maîtriser ce geste.

4/ Voir archive du 17 décembre 2021.

5/ Voir archive du 4 septembre 2022.

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22 octobre 2026

Le long calvaire du juxtaposé ?

Ne généralisons pas, mais nous sommes sans doute quelques-uns dans la génération dite des baby-boomers à avoir connu le problème de ces fusils « deux coups », massivement accessibles à nos maigres bourses d’alors mais qu’on ne « sentait » pas (1). Handicapés avant même d’épauler, on passait vite au superposé, ou, mieux, à « l’automatique » qui ne s’occupaient pas trop des subtilités de crosses dont nous allons parler maintenant, et qui tiraient croyait-on « où on visait »…

C’est bien plus tard, ayant récupéré pas mal de ces pans entiers de la nostalgie de la chasse française, celle du calibre seize, du garenne et de la plume sauvage, qu’on a tenté de comprendre les paramètres basiques qui prévalaient à l’époque des armureries de chef-lieu de canton. Ils pouvaient commander à St-Etienne des petites séries (2) qu’ils poinçonnaient à leur nom où tout pouvait être personnalisé. Bon, on n’était pas encore dans le « gunfitting » des grands noms de l’armurerie britannique, mais le notaire ou médecin du patelin avec un peu plus de moyens que le vulgus pecus, pouvait faire part de ses préférences de longueur, d’avantage, de pente, de dévers tous termes qui feront ouvrir de grands yeux aux « vendeurs » qui prolifèrent de nos jours aux périphéries des grandes villes.

Sur le juxtaposé, le point de convergence des canons était crucial, et même l’industrie espagnole de l’époque (3) pourtant taxée dédaigneusement « d’être juste bonne à ferrer des ânes », envoyait au pilon ceux qui ne respectaient pas la norme variable selon les marques, de 40 mètres. Sur une gerbe horizontale l’effet de cisaillement extérieur et de recul pouvait la faire varier en fonction de l’emploi des cartouches : les plus lourdes accentuaient l’écart du point de convergence, les plus rapides le rapprochaient, et l’armurier de cambrousse qui commercialisait ses petites séries en tenait compte lors de la vente d’une arme où il conseillait « sa » cartouche. Le superposé, outre la visée canon unique plus pratique pour le débutant, faisait certes la même chose, mais verticalement, la tendance étant à centrer sur le canon supérieur, et l’inférieur au-dessus. Ce qui aidait tout à coup pas mal à la plume sur les tas de « cocottes » montantes qu’on commençait à trouver dans nos campagnes dans nos années « teenager ».

De ce simple fait, les juxtaposés étaient bien plus difficiles à adapter pour ces débutants, qui en plus ne voulaient pas écouter et comprendre que 60% des problèmes sont liés à l’épaulé et la position de tir. Il fallait du temps, même cartouche, jeu de chokes (fixes encore rappelons-le) et constance essentielle, ce que nos aînés étaient parvenus à faire dans l’après-guerre en tirant beaucoup plus de gibier, alors abondant partout. C’était l’aboutissement d’un long chemin de compréhension où on tenait compte de l’âge de l’acheteur (plus court avec plus de dévers…du fait de la bedaine naissante…), de certaines marques comme Darne qui nécessitait, par conception, un centimètre de plus que ses concurrents, de la longueur des canons où un 66 avait un point de convergence plus court qu’un 76.

L’ajustement (4) bien plus soigné que la seule « combine » de la crosse posée à la jointure du coude était la base d’un tir précis et régulier car rehausser un talon de crosse de 1,25 cm non seulement pouvait faire varier la convergence de 41 cm à 30 m, donc largement de quoi « enfumer » le capucin, mais surtout générer un recul désagréable sur certains fusils déjà légers équipés par exemple de canons « Plume » (5). A part chez les Anglo-saxons (6), à l’heure des crosses standardisées « neutres » (convenant même pour gauchers !), des ajustements à faire soi-même avec des cales fournies avec l’arme, ne revient trop sur ces bases primordiales pour une conception d’armes qui n’intéresse plus que les nostalgiques dans notre genre. Il n’y a plus, en France, qu’une poignée de « crossiers » fabricants, personne ne répare plus rien à part les « cosmétiques » habituels (grenadières, pads…toutes bricoles où on peut d’ailleurs se dépatouiller tout seul), la plupart des armuriers ne tirent pas, peu, ou très mal, d’ailleurs ils n’ont pas le temps, et la plupart du temps, ils « sous-traitent » désormais ce qu’ils faisaient quotidiennement avant : bronzage, réalésages, etc…

Chasser de nos jours avec un juxtaposé fera porter sur vous un regard étrange de commisération compassée, (surtout si vous tirez toujours aussi mal avec qu’il y a 50 ans, ce qui est toujours le cas ici ! ) ou passer pour un original resté enfermé dans un passé fantasmé. Ecouter les conseils ne nuit pas, mais on en reçoit plein et des plus contradictoires sur l’emploi du juxtaposé, où il n’y aura plus grand monde pour vous conseiller utilement. Mais méfiez-vous quand même de tous ceux qui pensent que ce qu’ils aiment (ou plus encore vendent) serait idéal pour vous.

1/ Souvenir de mon premier « Nemrod » en seize qui tirait où il voulait et qu’on n’a pas eu le temps d’apprendre à comprendre car gibier d’eau, ball-trap, et la concurrence avec les collègues commençaient à nous « pousser au c..l »

2/ Voir à ce sujet sur le fonctionnement des armureries de l’époque notre dossier Kerné, archives des 5-6-7 avril 2017.

3/ Voir archive du 24 mars 2019 sur la firme Laurona, disparue désormais.

4/ Autrefois il existait des différences considérables d’épaisseur (plus ou moins 3 mm) de crosses et de profils (avantage, dévers) déterminants pour l’alignement œil et visées par bandes ou « visières ».

5/ Voir archives des 20 mars 2016, 17 septembre 2018, 22 mars 2015.

6/ Et prévoir lecture ardue des 215 pages (non traduites) de « The stock fitting bible » (2008) de Rollin Oswald, spécialiste de Brillion dans le SE du Wisconsin qui note comme critères déterminants : ajustement, dominante oculaire, position de tir, et même confiance du tireur.

 

15 octobre 2026

Le charme discret du 7X57 Mauser

Dans la tendance actuelle au Magnum surpuissants et aux nouveaux petits prodiges en 6,5, ça fait du bien de savoir que des vieilles bagnoles comme le 7x64, les 270 et 308 continuent cahin-caha de crapahuter sur nos sentiers de battue. Pour chacun de ces vieux rossignols c’est le projectile qui compte, et leur a permis de traverser les modes alors que tant d’autres sont tombés depuis dans l’oubli.

Ultime et abouti (il peut, depuis 1892, le bougre !), le 7X57 Mauser, encore appelé 275 Rigby (1) est surtout connu pour une mauvaise raison : son emploi dans des conditions particulières (2) par le chasseur d’ivoire Karamojo Bell, imaginez…sur des éléphants ! De là à penser que ce serait une formalité sur une bête rousse, tous les grands spécialistes, de Jim Corbett (3), à J.O’Connor (et surtout son épouse Eleanor), en passant par Bob Hagel (4) l’ont bien mieux cadré : un excellent compromis maniabilité-puissance, sa conception aboutie d’entrée expliquant une longévité certes égalée par des dizaines d’autres munitions, mais sans vraiment surpasser sa polyvalence.

Avec des balles de 140 à 175 grains, et des vitesses sous les 800 m/s elle n’a pas eu besoin de se soucier des nouveautés, s’imposant un peu partout de l’Europe à l’Afrique sans trop faire de bruit, et on l’a vu plus haut, c’est des Etats-Unis que les comparaisons et analyses furent les plus poussées. D’abord du fait du lourd historique (5) ayant abouti à la conception des calibres nationaux « proudly US » 30-03, puis 30-06 face, à partir de 1956 aux importations massives via Interarms dans le calibre, de surplus faciles à « customiser » et surtout de Zastava M 98 aux nombreuses déclinaisons : à crosses Monte Carlo, détentes réglables surmontées des premiers scopes X4.

La charge de poudre modérée était idéale dans les canons de 22 pouces (56 cm) pour en faire des carabines légères et confortables pour la concentration au tir de tous les animaux de poids moyen, cerf de Virginie, mais aussi en Afrique gnou ou grand koudou, la trajectoire tendue ne nécessitant pas l’emploi des « grosses » (en dimension…mais aussi en budget) lunettes que l’on voit de nos jours. Elle fut immédiatement chargée pour les best-sellers de l’époque Winchester 70, Remington 700, et même plus exotique pour la single Ruger modèle N° 1. Même si elle était parfois difficile à trouver aux USA, sa facilité de rechargement dans un vaste pays où il est bien plus généralisé que chez nous lui permit d’y faire son petit bonhomme de chemin. D’ailleurs, même chez nous, quel passionné choisit son calibre en fonction de sa disponibilité ou du prix des munitions standard ?

A l’heure actuelle le 7X57 Mauser est bien sûr bonifié par les poudres à combustion lente idéales pour propulser les balles lourdes qui ont connu, en plus, un bond technologique important (Hornady, Sierra, Berger). Le coefficient balistique s’est presque amélioré de moitié, et un 7X57 actuel supersonique au-delà de 1000 yards (914 m) titille le 6,5 Creedmoor avec certes plus de recul, mais aussi plus de puissance d’arrêt. Dans le même poids de balles 150-160 grains conviendra pour tout gibier moyen, et 175 grains (744 m/s dans un canon de 23 pouces ou 58,4 cm) si vous pensez que « Dieu est du côté des balles lourdes » et non que « la vitesse tue ».

Souvent opposé au 7-08 Remington le 7X57 Mauser aura une action et un chargeur plus long et selon longueur du canon pourra employer des balles plus longues à la balistique plus efficace, moins sensible au vent quand le 7-08 sera chargé plein pot pour des vitesses initiales plus élevées. Aux USA, en plus, les chargements, du fait des risques de contentieux juridiques, (comme pour certaines munitions de carabines à levier) du fait de l’emploi dans des armes historiques ou centenaires, seront minorés, raison pour laquelle d’ailleurs Bob Hagel avait vu son potentiel en rechargement. Le 7 Remington Magnum boxe aussi un peu dans la même catégorie de balles en un peu plus rapide et puissant, si on ne craint pas le recul. Enfin, face au désormais omniprésent 30-06 chez nous, il est plus doux dans le même registre de poids de balles où ce dernier peut cependant monter bien plus haut jusqu’à 220 grains.

Suffisamment puissant et précis aux distances raisonnables (6) le 7X57 en fait, inspire confiance et tient là son succès dans un domaine où, si le matériel sait se faire oublier, le tireur reste le facteur déterminant. Comme en bagnole, on apprend « sur le tas » à chasser et aussi à tirer et une confortable berline facilite plus les choses pour avancer prudemment que les ruades d’une Ferrari…

1/ Voir archive du 14 janvier 2019.

2/ Il utilisait certes du 7X57 avec des munitions de surplus FMJ, car (étant écossais sans doute…) la munition était moins chère que les express britanniques hors de prix, mais n’attaquait pas les éléphants de manière frontale, plutôt derrière l’oreille, là où la boîte crânienne est peu épaisse.

3/ Voir archive du 10 mars 2018.

4/ Voir archive du 2 avril 2021.

5/ Etrillés lors de la guerre hispano-américaine (1902) par la petite et rapide munition allemande aux mains des Espagnols, les Etats-Unis s’en inspirèrent tellement qu’ils durent payer des royalties à Mauser lors de la conception de celles qui suivirent avec le succès que l’on sait.

6/ Les différences de précision sont de plus en plus criantes dès qu’on allonge les distances.

9 octobre 2026

Sanglier et sécheresse ?

Sans doute comme nous tous, vous êtes-vous passionnés par les aventures de la laie « Biscotte » et ses trois petits marcassins pérégrinant sous le cagnard des causses de l’Aveyron qui corroborent peu ou prou ce qu’on a observé tout l’été sur nos caméras (1), sur les dernières battues de la saison dernière, les premières de cette année, et l’approche-affût. Tout change avec la sécheresse.

Le réchauffement climatique semble être désormais bien là, et sans doute pour des années. Il va déjà bouleverser le métabolisme des animaux prolifiques où là, tout sera bon pour lui : moins de mortalité, un couvert en avance, les nuits plus fraîches lui ouvrant un nouveau champ de possibilités dans ses déplacements où déjà il était très actif auparavant mais pour d’autres raisons : dérangement, pression de chasse. Celle-ci, en plus, côté des battues dites « classiques » aux chiens courants lèvent justement le pied à cette période,  pour devenir quasi nulles, même si elles reprennent plus ou moins, mais sur un autre rythme, selon les départements…et les dégâts. Néanmoins, on le constate tous, au terme d’une saison bien remplie la fatigue se fait jour, les chiens ont moins de « sentiment » faut un peu souffler quoi.

L’approche-affût qui prend le relais force à bien plus tenir compte des leçons données par les caméras. A l’évidence quand le soleil tape au zénith il n’y a plus personne dans les maïs et les cultures basses qui n’offrent pas d’ombre. Bien sûr, là où il reste de l’eau, la tendance serait d’aller voir au plus près ce qui s’y passe, mais de « Biscotte » à ce qu’on voit chez nous (2), ce n’est pas là que la bête noire se cantonne, même s’il y a du miscanthus à proximité, ce dernier n’offrant pas plus d’ombrage que le maïs. On y passe peu, s’y bauge à peine même dans cette période de l’année où l’animal est le plus nomade. Le goudronnage et l’agrainage léger, quelques poignées qui servent à fidéliser et à fournir quelques haltes dans le parcours nocturne ne permettent que des tirs d’opportunité, au passage et encore, si on a bien pris soin de se lever très tôt pour être en poste bien avant les horaires précieusement fournis par la caméra.

Curieusement d’ailleurs, pas ou peu de compagnies, quasiment que des mâles allant au contact, les observations à la thermique (3) ne donnent que des images fugitives, pas de masses en mouvement, lesquelles sont sans doute, manifestement ailleurs. Visiblement, comme dans l’Aveyron sur une centaine d’ha, elles restreignent leurs mouvements de jour sur des petites zones de jungles ou de ronciers proches, mais pas forcément sur leur territoire habituel. Elles restent au fond d’une épaisse végétation à l’ombre ou de ronciers, parfois même proches de secteurs habités ou non (4) d’où elles ne bougeront qu’au coucher du soleil pour aller vermiller dans des endroits inattendus, mais spectaculaires : chemins creux, bordures de routes, terrains de golf ou de football, zones vertes des lotissements. Un phénomène à relier aussi à l’agriculture intensive qui « traite » de plus en plus, notamment en zone maraîchère.

Le chasseur lambda de nos dianes communales habitué comme nous autres à suivre toutou derrière la caille et le perdreau a dû il y a 5-6 ans virer sa cuti de ce côté surtout s’il a quelques responsabilités d’organisateur au sein de sa société. Fini le calendrier traditionnel des battues « à la papa » au chevreuil en grande pompe en invitant les voisins trois quatre fois dans la saison pour après « roule ma poule »…justement courser les « cocottes » et, ho, pas celles que craignent nos épouses hein ? Nous voilà partis maintenant dans la logistique, la course au matériel, à mettre en place une organisation complexe (5) et sans répit. Pour nous les « vieux de la vieille », dur de rendre tout ça confortable et pour nous qui dormons déjà difficilement s’il faut monter la garde les nuits d’hiver au postes, faudra comme les caméras, s’être munis de pyjamas…  « thermiques » non ?

1/ Pas moins de neuf unités sur notre petite communale de 450 ha qu’il faut placer-déplacer, changer les piles, ce qui occasionne au moins deux déplacements spécifiques par semaine.

2/ Aux confins de trois provinces et autant de départements de l’Ouest.

3/ Tant qu’on y est, vous allez voir, on va bientôt pouvoir vous concocter un sujet « sanglier et intelligence artificielle » !

4/ Dans notre secteur, les « Brexiters », il y a dix ans, se sont jetés comme des morts de faim sur l’immobilier en zone rurale et toutes les masures abandonnées des écarts pour s’y faire des thébaïdes…inoccupées les trois quarts de l’année ! Ils sont tous « écolos » dans l’âme, ce sont ceux qui nous reprochent avec véhémence de « touer la môman reunard »…mais qui vont immédiatement pleurer à la mairie dès que disparaissent leurs poulets. Leurs plants de pommiers abandonnés depuis belle lurette à la végétation offrent de parfaites remises : ombre et tranquillité dans la journée avant de se déplacer à la nuit tombante.

5/ Celle des battues, toujours plus nombreuses, plus rigoureuses en sécurité du fait de la présence désormais massive des carabines que malheureusement, certains continuer d’utiliser au mieux comme le vieux « deux coups » de Pépé et au pire comme un manche à balai. Et derrière il y a la venaison qui n’a plus rien à voir avec déplacer et dépouiller un lièvre, pensez plutôt à véhicule ad hoc et équipement de boucher, chambre froide et tout le toutim.

 

 

2 octobre 2026

Munitions 22 LR : c'était mieux avant ?

Vieux pots et meilleures soupes, ou du passé faisons table (ou plutôt trajectoire) rase ? Nous avons déjà abordé (1) le cas des vieilles munitions, celles qui s’entassent ou dont on hérite parfois au gré des aléas de la vie de vieux chasseurs. Boîtes jaunies par le temps et dont on ne sait quoi attendre en termes de performances, car n’existe plus l’ancien temps du « tir de loisirs », pompeusement appelé « plinking » de nos jours.

Bien sûr, ce n’est pas chez nous qu’on peut se documenter là-dessus et il faut aller aux USA ou plus étonnamment encore récemment à Dubaï aux Emirats Arabes Unis, pour trouver des essais exhaustifs de précision sur de vastes étendues de la production de ce calibre excentrique. Le 22 LR dépend plus que les autres de l’harmonieuse combinaison équipement-arme-tireur. Un seul maillon faible de ces trois éléments pénalise les autres : deux de ces éléments s’achètent, le troisième s’apprend. En 2023, dans l’Oregon, une CZ 457 a ainsi permis de tester une vingtaine de munitions actuelles à 100 mètres et constater un groupement moyen entre 3,8 et 6 cm, sans, ce qui est curieux vu les écarts de prix, entre le tout-venant et les munitions haute gamme.

De fait, il y a peu de corrélation entre groupement et coût car certaines charges offrent une grande souplesse entre une utilisation pratique (ou « chasser » si on veut), car elles sont tributaires aussi de la qualité de l’arme et des conditions des tirs d’essais. Pour aller plus loin, à DubaÏ, on a utilisé ce qui se fait de mieux, une Bleiker 22 F3, montée sur rail pour tester à 50 et 100 m, toutes sortes de munitions actuelles de premier plan, mais aussi de l’entrée de gamme d’aujourd’hui et aussi d’hier et constater en gros la même chose : 50 mètres ne permet pas de prédire ce qui va se passer à 100 m et il semble inutile de casser tout à la fois sa nénette et sa tirelire car certaines munitions standard pour renverser les canettes à 10 m sont encore correctes dix fois plus loin.

Les marques européennes connues (2) confirment et se tirent la bourre à partir de 0,3 cm à 50 m et 1,5 à 100 et leurs subsoniques aussi en s’écartant, ce qui est logique, un petit peu plus à 100 soit 2,5 à 3 cm. Leurs « hautes vitesses » à cette distance resserrent à 2,5 cm et la vieille Stinger, toujours produite (3) confirme ce qu’on savait déjà : puissance au top, mais on navigue entre 1,5 et 4 cm. Ce qui est plus intéressant, c’est l’analyse du vrac et du tout venant de premier prix qui s’est par rapport à autrefois, un peu plus resserré à 50 m (autour de 0,6-0,8 cm) là où une vieille T 22 Winchester tournait plutôt autour de 1,15 cm, tout comme l’antédiluvienne Peters Victor (1,14 cm), mais tout ce petit monde, à 100 m groupe encore autour de 3,5 cm, à peine moins bien qu’une classique actuelle Tac 22 Norma (2,2 cm).

Tout ça vous me direz ne facilite pas trop le choix de l’acheteur et incite, comme souvent recommandé ici et ailleurs, de tirer parti d’essais dans des conditions aussi proches que possible de ce qu’on utilise régulièrement. Un « régulateur » n’est pas un licencié FFT pour lequel d’ailleurs, deux carabines de même marque et de même modèle du même fabricant ne donneront pas forcément des résultats identiques. Privilégiez donc, dans un emploi, et des prix médians, la logique de marque déjà exposée ici (4).

1/ Voir archive du 14 mai 2017.

2/ Voir archive du 8 décembre 2025.

3/ Voir archives des 12 juin 2019, 27 mai 2021, 14 avril 2021, 24 avril 2023.

4/ Voir archive du 29 novembre 2025.

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26 septembre 2026

Peu de points rouges en lisse ?

Sympas, faciles à installer, légers et désormais fiables et stables même à prix réduits, combien en voyez-vous sur des canons lisses autour de vous ? Ils ont fait florès sur les armes de poing, sur les armes longues chez les adeptes du tir tactique et sportif aux trois armes, ils sont naturellement arrivés sur les carabines, mais pas sur les fusils de chasse disons « classiques », même à la battue, mais ce ne fut pas faute d’essayer, comme on va le voir.

A part quelques originaux, qui se souvient encore de l’Optimum « infaillible » spécial battue (ci-dessous) de Verney-Carron, des premiers Aimpoint vantés par les chasseurs de « gobblers » (1) Outre-Atlantique ? Le tir à balles et à chevrotines sur les « pompes » qui semblait lui tendre les bras tourna vite court à la battue dont les conditions sont cependant assez similaires :  tir de près dans des conditions de visibilité parfois précaires, malgré une foule de réticules de type « cible » offrant un choix important d’aides à la visée.

Le ball-trap, on va le voir un peu plus loin fut aussi sollicité mais en vain, déjà du fait d’une contrainte, celle de viser plutôt que de « swinger » allant à l’encontre bien sûr dans la foulée de tout ce qui est « plume », vole ou court. Le cadre ou le tube, offrent une distraction sur une cible en mouvement qu’on cherche à cadrer alors qu’il faudrait maintenir le mouvement et viser sans le maintenir semblait rédhibitoire. Le tir courant au guidon finit, en s’habituant à un port de tête stable où l’œil trouve naturellement sa place au-dessus de la bande quand le point rouge peut donner un tir différent à chaque fois qu’on parvient à le « trouver », et sur un fusil léger tel qu’on le conçoit de nos jours à la billebaude avec un recul accru risque encore plus de faire bouger les choses. Un tireur « moyen » sera toujours plus régulier avec la visée classique.

Après, où le placer : en bout de canon, au milieu, sur le boitier léger des semi-autos où il y a plein de pièces en mouvement (2), et tiens donc, allez tenter le coup avec le vieil Auto 5 et son long recul du canon ? Et ne parlons pas, en plus, du choix délicat des chokes, de la maniabilité qui change avec cet appendice disgracieux risquant d’accrocher partout, de la longévité des piles et l’endurance (3) face au recul répétitif…Aux USA où l’utilisation de cet accessoire est le mieux documenté il s’agit bien de le penser comme pour une carabine : viser sur gibier arrêté ou comme éventuel complément dans des conditions (forêts denses obscures) où le réticule fin des carabines est un peu juste et où le réticule 4 MOA du « red dot » prend le relais, par exemple si danger de grizzlies agressifs en vue. Ils sont réglés joue haute pour bien aligner et oublier l’arme, tir sur le point sans s’attarder les deux yeux ouverts réglé à 40 mètres distance à laquelle on a très peu de temps pour tenter de placer 2 ou 3 grosses Brenneke qu’on ne trouve d’ailleurs pas chez nous (4).

La firme Aimpoint est celle qui est allée le plus loin dans la tentative d’élargir ce matériel au monde de la chasse et du tir en convoquant, dans une fameuse vidéo la crème des tireurs sportifs derrière l’immense champion Georges Digweed (5) -ci-contre- dont les conclusions furent fort mitigées. L’essai se fit avec le modèle S2 certes pour armes rayées et il en conclut, sans doute par politesse que ce pourrait être utile, mais pas pour lui en compétition…Pour la petite histoire, il cassa tout quand même avec ! On peut comprendre avec lui qu’aucun accessoire ne peut remplacer la technique (6), et que plus que jamais avec un fusil de chasse « on ne vise pas, mais on pointe » !

1/ Ou encore « tom » et dindon sauvage, voir archive du 5 octobre 2020 ;

2/ C’est la raison pour laquelle Ithaca, Remington et Mossberg montent les rails Weaver et Piccatiny de fixation des optiques sur un prolongement cantilever ou porte à faux du canon pour le tir à balles des fusils à pompe ou semi-auto.

3/ Test simple pour déceler une panne éventuelle sur un point rouge : aligner l’arme, stable et bien verrouillée. Si, en tournant les molettes de réglage rien ne se passe, c’est qu’il est endommagé. S’il suit, ramener au centre, tirer (ou taper un peu dessus si vous êtes chez vous à l’atelier !) et vérifier qu’il est bien resté sur cible. Tout ce petit matériel (la plupart du temps chinois) s’est bien démocratisé, a progressé certes en solidité, mais si vous ratez le solitaire de l’année deux fois de suite, vaut mieux vérifier…

4/ Voir archive du 21 septembre 2018.

5/ Hors ses multiples titres de champion du monde FITASC, en 2007 il remporta à Dallas le premier championnat du monde toutes disciplines (skeet, parcours, ATA, hélices et les deux disciplines ISSF (trap et skeet) avec 20 plateaux d’avance sur 4 tireurs de réputation mondiale (Bill Mc Guire, Jon Kruger, S.Robertson, G .Miles). En 2011 à Briley (GB) il battit le record du monde de tir le plus long d’un plateau qu’il détenait déjà avec 130 yards soit 119 mètres. Pour ceux qui font de la régulation (dont nous somme) prenons-en de la graine : 585 corbeaux ou encore 661 ramiers (en Angleterre ils sont classés nuisibles) dans la journée…

6/ On peut le croire car la saison ne dure que 7 mois par an et seule la technique, du fait de son physique atypique, lui a permis de tenir des décennies à ce nIveau. Pour faire court, disons qu’il diffère totalement de Churchill (tir d’interception), et surtout de la position Stanbury de poids sur l’avant peu naturelle pour regarder vers le haut et maintenir le plus longtemps possible la fixation sur un point précis du plateau ou de l’oiseau. Il tire les deux yeux ouverts, légèrement de profil pour mieux répartir le poids, l’arme bien alignée dans un mouvement d’accompagnement qui va le plus loin possible.

21 septembre 2026

Ouverture ? Restons fonctionnel à tout âge !

Voici l’Ouverture qui approche à grands pas, une de plus pourrait-on dire, sans que tout change malgré le réchauffement climatique, le sanglier qui a tout bouleversé et les années qui s’entassent inexorablement. A bien regarder autour de nous, les rangs grisonnants s’éclaircissent de plus en plus, mais ce sont pourtant eux, immédiatement disponibles qui chassent de plus en plus (1) et doivent se préoccuper de rester, comme il y a bien longtemps, au « garde à vous »…

« Le passé, comme on dit est un autre pays où on faisait les choses autrement » et il n’est guère bon, surtout de nos jours, de tout le temps s’y référer. La pression des pairs reste motivante, mais avec l’âge, les choses changent quoiqu’on en pense : plus lent, la vue baisse tout comme l’endurance, il faut simplifier sa routine car le troupeau des octogénaires bien souvent se remet d’accidents de santé dont, au moins on a eu la chance de se remettre contrairement aux copains malchanceux dont on récupère plein de vieux merrains : cartouches, pétoires et vieilles nippes.

La motricité est à conserver le plus longtemps possible, il faut continuer de sortir par tous les temps, ce qui, reconnaissons-le, est de plus en plus difficile à l’heure de la sieste et du dernier épisode des « feux de l’amour », heureusement éteints depuis un bail suite à une opération (par chance réussie) de la prostate…La technologie est aussi une aide précieuse pour les vieux tireurs :  rien n’est acquis, mais il est plus facile de maintenir à peu près son niveau avec des armes longues. Faut juste tirer autant, mais sans se soucier des scores, en lorgnant vers les calibres inférieurs et la réduction du recul (2). Profiter de « l’intersaison » terme qui ne veut plus vraiment rien dire pour en griller quelques- unes dans les kermesses de campagne, et se maintenir en forme, car, si on regarde bien, on tire bien mieux qu’à 20 ans.

Grâce à l’expérience et les années de pratique on a plus ou moins fini à parvenir à tirer correctement, ce qui est déjà une petite victoire en soi. On continue de garder nos chiens, ce qui nous encourage et nous motive toujours, on les surveille seulement de plus loin, même si le temps qu’on arrive l’oiseau s’est depuis longtemps envolé, faut juste affronter ensuite son regard de reproche et de découragement. Malgré tout, on profite de l’exercice, faut juste multiplier les pauses, et c’est là que la musette (et son précieux contenu !) sont les bienvenus. Un conseil à la jeunesse : soyez sans cesse à l’écoute des avis différents, vous en tirerez des infos qui avec un peu de bon sens vous donneront une surface culturelle cynégétique la plus étendue possible. Acquise au fil des ans il restera toujours plein de petits espaces suffisamment ludiques pour, bien des décennies plus tard quand vous cultiverez comme nous « l’art d’être grand-père » cher à Victor Hugo, jouir de la possibilité de porter encore et toujours, le fusil sur le terrain.

Sur ces endroits où on doit tirer moins, mais à coup sûr, rien n’est perdu pour les vétérans blanchis sous le harnais faut juste que ça tire, fusils de chasses ou carabines, « ben drêt » comme disaient nos pères. Aux battues que désormais on organise et dont nous sommes devenus, par force les chevilles ouvrières, on ne cherche plus « le passage », mais on s’attelle aux tâches disons « périphériques » : accueil, convivialité, logistique, mise en place des panneaux et de la sécurité, pour aller, au final, quand la traque commence à « Couillonville », ce bas-fond soi-disant de toutes les espérances cynégétiques, mais qui peut réserver parfois de belles surprises. Raison de plus pour être resté « au top » » et laisser parfois quelques « jeunots » pantois !

Vous l’aurez deviné, ce n’est pas sans émotion qu’à notre âge on continue toujours de fourgonner depuis quelques jours et multiplier les descentes sous terre à la salle de chasse dans notre fourbi à trier les munitions (3), réassortir la panoplie et de raconter tout ça à notre façon en remerciant la génétique qui nous a permis de bien choisir nos parents et d’ajouter une année de plus sur le carton vert entamé il y a bien longtemps, celui des barricades du Quartier latin et où il était « interdit d’interdire ». La Chasse, même si les écolos disent le contraire, c’est comme la Vie : « si t’arrêtes de pédaler, tu tombes »…

1/ Ce qui nous étonnera toujours, c’est que malgré tant de contrariétés sur un demi-siècle : myxo, nouveaux modes de culture, menaces « écolos » de tous genres, contrairement à « dans le temps », on chasse désormais toute l’année entre les diverses extensions grand gibier (merci sus scrofa !), et les régulations nouvelles : corvidés, ragondins et même maintenant étourneaux.

2/ On glisse inexorablement vers les petits calibres, ici pour le lisse en 16 et les petites charges (28 grammes) qu’on se roule soi-même héritage d’un vieux copain disparu, enfin en rayé le 130 grains avec le bon vieux 270 maintenant centenaire (1925).

3/ Comprenez là-dedans celles qui, bien au frais, permettent aussi de régaler agréablement les collègues, la canicule séculaire de cet été ayant là-dedans, reconnaissons-le, bon dos.

 

12 septembre 2026

Projectiles 22 LR : "c'est pas de la balle" !

C’est un vieux sujet qui turlupine sans doute les amateurs du petit calibre :  comment en autant de temps d’existence aussi peu d’innovations de formes de balles ont pu voir le jour ? La percussion centrale l’a bien fait aussitôt et à grande échelle dès que les PSF furent disponibles, à peu près au même moment où le « Long rifle » commençait à s’imposer.

Les projectiles « pointus » sont avantageux aux vitesses supersoniques, avec lesquelles ils ne flirtent que dans les strates supérieures (1), et la « round nose » était le fruit d’une longue série de compromis : meilleure forme pour les vitesses subsoniques majoritaires (2), s’alimentant mieux dans les magasins tubulaires et polyvalence armes d’épaule et de poing. Issu aussi de la balle Minié, à ces vitesses faibles relevant encore de la poudre noire, le talon qui se dilatait pour mieux assurer l’étanchéité était plus important que la forme de la balle, laquelle, ronde, tolérait mieux les petits bobos des manipulations multiples.

Difficile à comprendre chez nous où ce sujet étant devenu tabou, le calibre fut aussi développé principalement pour la chasse au petit gibier où sans peaux épaisses et os massifs, il n’y avait pas besoin de pénétration maximale. Cette option chasse fut d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les munitions européennes de haute qualité tir et leur lubrification intensive, eurent beaucoup de mal à pénétrer le marché américain. Le chasseur de « squirrels » entassant tout en vrac dans la poche du paletot, tout cet apprêt s’en allait ou se poissait, ce qui explique le succès (1927) des technologies « Kleanbore », et les manipulations incessantes dans les cycles de rechargement-déchargement endommageant les ogives favorisèrent le marketing des solutions à « lavage » de cuivre (3) allant dans les deux sens, propreté et lubrification.

Même si la fourchette des poids de balle est assez large, de 20 à 60 grains, la majorité de la fabrication se situant autour de 30-40 grains sur du subsonique entraîna un taux de rotation de 1/16 rédhibitoire si on y dérogeait. A ces faibles vitesses, poids et longueur de balle influent considérablement sur la stabilité et la précision comme le montrent aux deux extrémités du spectre les balles Colibri et Aguila SSS toutes deux au marché très limité. Même chose d’ailleurs pour le 17 HMR qui aura beaucoup de mal à supplanter son aîné, car il nécessite un taux de torsion de 1/9 et son formidable besoin de « spin » pour stabiliser sa petite balle. Et c’est ce même phénomène qui s’applique au 300 Black Out qui, lourd et très lent, ne s’en tire à courte distance que grâce à ce même taux de torsion très rapide.

Toujours dans l’optique « chasse », la trouvaille de l’armurier de l’Ohio Neal Waltz et de son « Die tool » (4) permettant de couper le nez de la balle ronde et d’en faire un genre de « wadcutter » entretint un moment la confusion. Non content de faire mieux que les pointes creuses, et donc d’améliorer le « stopping power » grâce au méplat et plus fort diamètre (voir ci-dessous), sur de minuscules bestioles comme les chiens de prairie, pain bénit, il améliorait aussi tout à coup la précision ! Véritable paradoxe car, tout le monde peut le comprendre, en retirant du métal, en plus dans la pointe censée rendre le tout un peu plus aérodynamique, on affectait à la fois les centres de gravité et de pressions. On y vit un moment une forme de balle s’adaptant mieux et plus vites aux rayures de la chambre, mais en fait, on s’aperçut qu’on « aplatissait » au sens propre comme figuré, surtout ainsi les défauts inhérents à ces munitions « cheap » ou vrac de qualité inférieure en globalisant leurs groupements.

Le marché n’est pas à une refonte radicale de la forme de cette munition de loin la plus populaire et la plus vendue au monde, malgré l’arrivée de 22 certes créatifs, mais à faible production et coût élevé. Le tir sportif à longue distance  dans ce petit calibre, va sans doute créer de nouvelles niches, tout comme l’engouement pour les silencieux, et pour la régulation peut-être des 60 grains à hautes vitesses qui ne concerneront pas l’Europe. La discrétion qui s’impose par ici, se satisfaisant parfaitement de l’existant en subsoniques présentes en masse sur les étagères des armureries.

1/ Les vitesses se résument, grosso modo aux : subsoniques (303 m/s), standard (324 m/s), hautes vélocités (363 à396 m/s), hyper véloces (424 à 524 m/s).

2/ Les premières hautes vélocités n’apparurent qu’en 1934, voir archive du 4 juin 2022.

3/ Voir archive du 13 avril 2024

4/ Ou aussi le Paco Kelly « Accurizer ».

7 septembre 2026

GPA et FIP : cocorico, nos belles balles "françaises" le restent !

Avec plein de bonnes annonces sur pas trop de changements à venir dans l’arme rayée côté « sans plomb », l’autre bonne nouvelle c’est celle de la reprise par Rivolier de nos balles « françaises » FIP et GPA, à replacer dans la nouvelle vague des munitions Creedmoor (2007), et plus récemment encore PRC (Precision Rifle Cartridges), de nouveau impulsées par Hornady.

Avec le recul, on peut d’ailleurs imaginer combien leur succès aurait pu être mondial si elles avaient été adossées aux grandes compagnies américaines ou nord-européennes, mais, comme on dit c’est une autre histoire. Elle a commencé dans les années 90 l’idée d’une balle monolithique en alliage cuivreux datant de la balle « D » du fusil Lebel, reprise aux Etat-Unis par plusieurs chasseurs confrontés à des incidents comme souvent sur des animaux volumineux ou dangereux (1). Ce fut le cas en 1979 pour R.Brooks sur un grizzly, et la balle Barnes (1979), qui mit pas mal de temps à se stabiliser entre 1985 et 1989 avec la balle X en cuivre pur en 270, 7 mm et toutes les « 30 ».

En 1991, l’encartoucheur PMC les commercialisa sans qu’elles soient finalement abouties notamment en matière de précision et d’encuivrage, avant qu’enfin, en 2003, sorte la TSX avec ses trois cannelures de délestage, et la TTSX à pointe polymère. Les travaux de J.P.Sauvestre et Thifan industries à St-Doulchard (Cher) datent de cette époque (1992), tout comme celles de M. Carrère (1996) pour GPA-Sologne. Ce dernier utilisait un alliage de tombac (cuivre-zinc) et une cavité usinée pour la pétalisation, et de nouveau des cannelures de délestage pour moins de pression et de frottement.

La technologie Sauvestre, toujours avec l’alliage cuivreux, fit encore mieux avec mêmes gorges de délestage mais un forage plein axe contenant une ou deux flèches « portées » (d’où le « P » de l’appellation FIP) en acier inox initiant une forte expansion sans altérer la précision. Le seul problème fut que ces balles usinées étaient chères à produire, et non encartouchées au départ du fait de la difficulté de trouver des étuis bon marché, et on en revient à ce qu’on disait en exergue sur la faiblesse de l’industrie française dans ce domaine pour soutenir des techniques innovantes. Comme par hasard, d’ailleurs, tout le monde s’y colla peu ou prou ensuite : Nosler (E-Tip), Winchester (Power Core), Lapua (Naturalis), Hornady (GMX), Norma (Kalahari), RWS (Hit).

Toute cette technologie désormais aboutie dans l’optique en plus du « sans plomb » semblant inéluctable n’obère en rien de son avenir, même avec l’arrivée des nouveaux calibres dont on nous dit monts et merveilles. Les Creedmoor (2007), et maintenant les PRC pourraient sembler menacer ce secteur puisqu’ils sont censés optimiser des balles plus longues, plus lourdes, allant plus vite et plus loin avec un compromis chasse-tir sportif, inconnu en France : qui tire à plus de 400 mètres à la chasse ici-bas ? Bien sûr l’approche-affût qui pointe petit à petit le bout de son nez, pourrait en tirer parti mais, là encore l’expérience de terrain (2) montre bien que les distances sont bien plus courtes, celles de la battue tout au plus pour l’affût, et guère plus pour l’approche.

Le concept PRC (Precision Rifle Cartridge) consiste à tirer parti des balles VLD (Very Low Drive) plus longues, lourdes et à meilleur coefficient balistique à formes profilées (boat tail) en calibre « 30 » (7,62 mm) fort riche en déclinaisons, à partir du 375 Ruger rétreint. Il faisait suite d’abord pour le marché nord-américain (SAAMI 2018 puis CIP 2019) à une demande des forces spéciales (SOCOM) pour le sniping long (plus de 1600 mètres), et par extension le tir sportif et la chasse. Le « 30 » avait déjà été boosté (30 Nosler, 300 RUM, 30 Norma Mag), mais là il s’agit d’être compatible avec le 300 Winchester Magnum omniprésent, (même en France c’est dire !) pour tirer plus loin des balles modernes jusqu’à 220 grains (877 m/s) mais beaucoup moins « assises » sur la poudre, ce au prix de canons à rayures reculées et un taux de torsion de 1/8,5.

Dans l’optique où, en France,  on entre plus jeune, mais sans véritable culture de l’arme rayée, il importe de bien réfléchir (3) et de ne pas se tromper dans l’achat, pour un jeune homme, de sa première carabine. Il y viendra toujours bien sûr par la battue où les deux balles précitées sont considérées comme « premium », mais sans être véritablement hors sujet à 100 mètres distance moyenne de l’approche-affût. L’intérêt de débuter avec un calibre moyen polyvalent dans une arme pas trop lourde est évident où s’imposera en poids-prix-choix de calibres notamment moyens autour du 308.

C’est là que le choix de balles est le plus étendu avec le moins de recul pour soigner son premier tir…celui qui compte finalement. Il ne faut pas se laisser griser par « radio-layon », ni céder aux sirènes des armuriers-vendeurs, et garder en tête ce qui est advenu de la mirifique épopée de la ribambelle des « short magnums » il y a 20 ans. Utilisés à contre-emploi en battue et avec des canons courts en plus, eurent le nez creux ceux qui achetèrent ces munitions en masse, car elles sont quasiment introuvables aujourd’hui. Un conseil, ne démarrez pas trop « lourd » entre 130 (270 Winchester, 7-08 Remington) et 160 grains (308 Winchester), avec des carabines « cheap » et « light » qui vous permettront de débuter en souplesse sans vous démolir l’épaule selon le cheptel de grand gibier le plus commun chez vous, 50-80 kg le plus souvent. Vous verrez, on ne tire pas pareil un ragot qui trottine paisiblement en queue de compagnie, et un gros solitaire qui a les chiens au c…l ! Mais nos balles françaises seront toujours là, cocorico, pour faire le job dans les deux cas.

1/ Nosler ou Lott par exemple.

2/ Le tir sous mirador haut excède rarement 50 mètres en région de bocage.

3/ Voir archive du 14 juin 2026.

 

29 août 2026

Année de glands, année de sang ?

C’est un vieux dicton (1) qu’on ressasse tous, nous autres vieux chasseurs, même si nous sommes dans des terroirs d’apparition récente de la bête noire. Mais qu’est-ce que ça veut vraiment dire à l’heure des océans de maïs et des hectares de colza où elle trouve tout à la fois le gîte et le couvert ? Comme dit l’autre « c’était avant » où la seule observation de la fructification du chêne donnait un simple avis qui n’a plus cours actuellement.

Autrefois on suivait ces observations empiriques qui se reproduisaient chaque année sur un biotope intangible, et ces outils classiques ont disparu :  l’âge moyen d’un « grand vieux sanglier » était de six ans autrefois, il a maintenant baissé de moitié pour à peu près la même masse.  Plus de vingt ans d’observations de la part de l’ONCSF en Hte-Marne ont donné des explications bien plus précises sur les conséquences des pics d’abondance liés tout à la fois aux nouveaux modes de culture (2) et au réchauffement climatique. Tout se joue sur les laies d’un an qui franchissent un seuil de poids beaucoup plus rapidement lequel, non seulement entraîne une reproduction plus précoce mais surtout bien plus couronnée de succès.

Ce rut avancé (3) de petites femelles, bien plus lourdes qu’avant, donne non seulement plus de marcassins, mais surtout aux profils bien plus différents en matière de poids et de tailles donc encore plus profitables à la survie de l’espèce. Ces laies de l’année peuvent se reproduire dès l’automne suivant avec effet cumulatif si nourriture et couvert sont au rendez-vous, le comportement adapté de cet animal aussi intelligent qu’un chien faisant le reste. On le voit peu, mais il est partout car extrêmement plastique dans son environnement : très nocturne si dérangé, et où tout lui profite.

La démocratisation des caméras permet aux chasseurs de bien mieux se pénétrer de ce phénomène sans forcément trouver rapidement à s’y adapter du fait d’un paysage disparate entre le privé, et le « public » c’est-à-dire le monde associatif diversement prêt à affronter le phénomène. Certains en sont encore aux « lâchers de cocottes » qui plombent les finances et distraient leur monde à l’organisation de festivités annexes, la battue seule servant de soupape, surtout pour contenter les agriculteurs et leur montrer qu’on fait quand même quelque chose face à ce qui est devenu pour eux une calamité.

La « pression de chasse » est souvent invoquée, aussi bien d’ailleurs par les chasseurs disons « classiques » que les écologistes, arguant du « coup de pied dans la fourmilière » ne faisant que disperser encore un peu plus ce que nous avons vu plus haut. Les dianes locales vieillissantes sont aussi diversement prêtes à basculer dans un autre monde qui est non seulement d’organiser des battues nombreuses et ciblées, mais toute l’organisation qui va derrière. Gestion des caméras (4), faire le pied, goudronner, gérer une masse inégale de chasseurs « étrangers » qui viennent à la rescousse et qu’il faut contrôler, et accueillir ce qui impose de disposer d’un local propre à la convivialité, mais aussi tout ce qui a trait à la venaison : treuil, salle de découpe, chambre froide, etc.

Après, que tirer sur un animal fugacement entrevu la veille sur les caméras ? Au-delà de la fierté villageoise (5) qui inciterait à privilégier les mâles (plutôt gros) pour la fierté du tireur, il faudrait se donner des priorités : laies non suitées (6), jeunes, ou encore s’ouvrir un peu plus aux nouvelles options offertes : récemment approche-affût (7), archers ou chevrotines (8), et pourquoi pas, demain tir de nuit intégral puisque le matériel est déjà là ?

Au-delà du folklore dont nous affublent nos détracteurs, les chasseurs sont en première ligne face à ce fléau car notre passion entre, selon les régions, entre jusqu’à 40% dans les causes de mortalité d’une espèce dont la population, sans régulation double tous les ans. Il ne faut pas oublier qu’il suit la société humaine depuis longtemps, (des grottes de Lascaux à nos jours) et que la technologie seule ne peut en venir à bout. Les fédérations, elles-mêmes peinent à donner un schéma cohérent d’ensemble, du fait des disparités départementales certes, mais des particularismes locaux vus plus haut. La louveterie, pesante car trop administrative s’y prête peu, malgré parfois quelques coups spectaculaires (voir ci-dessus) mais sans lendemains. Le « privilège » (?) du recul lié à l’âge montre que, pourtant, les jeunes permis, hélas sans pouvoir combler le nombre de ceux qui mettent définitivement l’arme au râtelier, vont massivement « au cochon », mais malheureusement comme nous autres, toujours en ordre dispersé…

1/ L’excès de cette glandée leur occasionnant des embarras gastriques influant sur leur « caractère de cochon » néfaste pour les chiens comme leurs suiveurs.

2/ Le maïs bien sûr a tout changé, mais la « méta » et ses corollaires de cultures fourragères nouvelles (colza, tournesol, blé noir, sorgho, facélie, radis divers et variés) ont pris la suite en matière de couverts.

3/ Il rencontre avec le réchauffement climatique un enchaînement de « bonnes années » et des vagues reproductrices, printemps chauds et étés secs suivant des hivers doux où, autrefois il y avait une mortalité forte.

4/ Prévoir un responsable à temps plein pour déplacer, changer les piles, gérer les images en dégageant des options et possibilités pour les battues à venir, donc un investissement en temps et en argent.

5/ Voir archive du 20 janvier 2017.

6/ Aucun « vrai » chasseur ne la tirera, n’en déplaise aux agriculteurs, malgré les dégâts.

7/ Qui nécessite une autre organisation prenante : confection de miradors hauts bien différents de ceux de battue, tours gérés pour la sécurité en relation avec le réseau de caméras, plus la venaison immédiate impérative en saison chaude, en plus, à des heures moins commodes car tard le soir ou tôt le matin.

8/ On peut en penser ce qu’on veut, mais le tabou vient d’être levé pour plusieurs départements, et son utilité certes controversée mais peut être utile pour faire du résultat sur les bêtes rousses ou de compagnie.

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