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FCM 25.00

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2 août 2026

Long ou court, rapide ou lent ?

A lire toute la littérature sur le petit calibre 22 Long Rifle et revivifiés par certains assouplissements législatifs (1) récents, faut-il raccourcir son canon pour être « dans le vent » et utiliser certaines munitions plus que d’autres pour être efficace et précis ? Le tout venant de la carabine 22 de « derrière les fagots » aura immanquablement un canon long, voire très long, est-ce un handicap ?

Elles ont déjà été analysées ici (2) et il faut foutre la paix au canon…car c’est bien le seul atout de telles pétoires ! Le métal stéphanois de l’époque (l’après-guerre) y était de qualité supérieure, la stabilité de la variation de concentricité constante et le rifling des six rayures cohérent. Tout ça étant bien plus rigoureux que les copies chinoises de carabines tchèques qui ont suivi (3). C’est plutôt autour que ça clochait, les bois, passe encore, mais surtout la détente « spongieuse » et la masse-percutante agissant comme un marteau-pilon massacrant les étuis et secouant tout le fourbi.

La qualité du canon n’est pas liée à la longueur, mais à l’uniformité de la taille de l’alésage, des rayures, du taux de torsion. Le débat est né de la munition et des 16 pouces (40 cm) nécessaires pour qu’elle atteigne son plein potentiel. Après, elle continue un peu en « roue libre », risque même d’être freinée, et la mode des canons courts est venue du bench-rest dans l’utilisation de munitions « match » au top, asservies à de grosses optiques. Les canons longs relèvent de la visée « fer » un peu oubliée depuis belle lurette, mais qui comptait encore en 1958 dans l’optique des carabines dites « de jardin » (4). Et puis, on peut aussi arguer qu’après 20 pouces (50 cm) la vitesse se stabilise, ce qui minimise la décélération, moins abandonnée à elle-même, le « bout » de métal en plus ayant même un premier effet réducteur de son. De ce côté donc, le choix de la balle, sa conception, comme on va le voir plus loin sera important : vous gagnerez en régularité avec une munition cohérente donc pas bon marché, le vrac étant erratique en fabrication donc en résultats de précision. Comme par hasard vous constaterez que la longueur moyenne des canons employé en PRS (tir aux silhouettes) oscille entre 23 (58 cm) et 27 pouces (68 cm) car dicté par un point d’équilibre global à atteindre dans une compétition où on tire en situations de chasse ou de combat inconfortables.

Doit-il être « flottant » ou non ? On a déjà vu ça (5), et comme on a accepté de tirer avec ce qu’on a trouvé dans le grenier, se pose le problème du choix de la munition tant l’offre est pléthorique. A 50 mètres, faut pas rêver, distance d’emploi d’ailleurs raisonnable en matière de précision et sécurité de l’engin, la balle lente devra aller plus haut et sera moins précise à la retombée car plus sensible au « saut » du canon long théoriquement plus ou moins bien maitrisé par le « bedding » vu plus haut. Pour résumer une dispersion verticale peut atteindre 6-7 mm encore accentuée par les variations de vitesse par lots pouvant aller de 7 à 14 m/s pour les meilleures, et donc bien pire pour le vrac. C’est ce qui explique qu’une boîte de 22 LR peut allégrement passer de 5 euros (pour tirer les canettes) à 20 euros (qualité match pour trouer du carton).

La balle rapide sortira plus vite du canon, en théorie moins affectée mais avec un autre problème : la transition transsonique pile-poil pour mal faire dans la distance d’emploi, et des problèmes de coefficient balistique et de traînée insolubles avec une balle à talon dont la conception (Minié) date d’il y a presque deux siècles. Rapide ou lent n’est pas une option générale à prendre, mais comme avec les cartouches de chasse, d’atteindre une vitesse spécifique d’emploi. Dans le flou juridique qui jusqu’ici, nous obligeait à employer l’euphémisme d’emploi « rural » du petit calibre, le choix de la munition cohérente devra, à notre avis passer par quelques critères. Le premier être « discrète » avec un canon « silencé » donc long pour avoir le filetage ad hoc d’office, précise de près impliquant ipso facto l’option subsonique. Enfin l’efficacité terminale dans une optique régulation qui est ni plus ni moins celle de la chasse, terme véritablement tabou dès qu’il est question du petit calibre, implique le mode HP ou pointe creuse.

Le cas des scopes a aussi été évoqué (6) : sur un canon long, on vient de le voir avec le PRS ils jouent dans la stabilité de l’ensemble, le grossissement modéré (X 3 à X 9) permettant de s’ajuster sur les erreurs de visée mineures, mais seulement à moyenne distance (70 mètres en gros) qui sont strictement celles de l’emploi. Alors long ou court, l’opinion l’emporte souvent sur les faits, mais le canon long à l’avantage indéniable d’être déjà plus près de la cible à atteindre non ?

1/ Voir archive du 15 mars 2025.

2/ Voir archive du 14 mars 2018.

3/ Voir archives des 9 janvier et 11 octobre 2022.

4/ Voir archive du 18 mai 2017.

5/ Voir archive du 18 mai 2017

6/ Voir archives des 25 janvier 2022, et 4 juin 2025.

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16 juillet 2026

22 LR : si on améliorait le passé ?

Soit on nous le redemande (1), soit on met en cause ce qu’on peut effectuer chez soi à peu de frais car ça met à disposition de tout le monde un poil de précision que seules des armes d’un autre niveau seraient théoriquement capables d’atteindre : voici donc les quelques principes permettant d’améliorer tous les vieux rossignols qu’on a tous manipulés un jour et que les copains se désespéraient de régler.

La première chose à faire, c’est TOUT desserrer…un pléonasme, puisqu’il n’y a qu’une seule vis qui tient tout, et en fait rien car l’humidité, les conditions de stockage, le bois infect font que soit ça bloblotte de partout, soit que ce fut vissé à mort, écrasé, les points de contacts importants à voir plus loin, rendus aléatoires et faussés. Le mieux c’est de trouver (facilement) une crosse neuve. Sinon, de laisser sécher, tenter de consolider et renforcer l’orifice par le biais d’interfaces, écrous ou rondelles de consistances diverses sur lesquelles on va pouvoir jouer et pas forcément métalliques.

Le grand principe c’est de surélever, pour passer du seul point de contact mouvant et approximatif à trois (voir ci-dessus), mais toujours, véritable gageure, avec la seule vis de serrage (voir la flèche) pour maintenir l’ensemble et à maîtriser enfin son serrage. La précision (2) répond à trois éléments : le canon (3), son rapport à la crosse, les munitions, puis la détente (la plupart du temps nulle ici), enfin les scopes, eux aussi à serrer-desserrer de manière uniforme. Tout le monde n’est pas capable, et c’est même idiot car onéreux, d’effectuer un bedding résine-epoxy, sur une arme à deux balles (les sous, hein, car, en plus ce sont le plus souvent des singles mono-coup !). Si le bois tient le coup, il faut surélever sur deux points sous l’action avec ce qu’on trouve sous la main : adhésif silicone-alu, demi-coques plastique, (par exemple de cartouches de chasse !) pour, en plus éliminer le jeu latéral toujours possible, et un troisième, point variable (4) à ajuster après la chambre.

Le « canon flottant » et les vibrations ont fait l’objet de thèses de doctorat qui n’ont pas vraiment cours ici, car il ne s’agit pas de canons lourds de bench-rest. Avec ces canons longs (60 cm et plus) et légers il faut juste maîtriser plus ou moins les harmoniques, assurer si on veut une certaine constance de ces dernières, avec un silencieux qui va encore amener du poids à l’extrémité, car ces armes peuvent retrouver un regain d’intérêt côté ASOD (nuisibles). C’est un domaine souvent étudié ici, où la précision requise n’est pas celle des distances de la compétition : 10-30 mètres le plus souvent autour de plans d’eau mais jamais dans des conditions « stand », et plutôt en approchant le plus possible, et en se contorsionnant dans des poses inconfortables.

Sur ces carabines, l’amélioration des détentes, souvent lourdes, imprécises et spongieuses (5) est impossible, pas de ressorts à raccourcir ou à substituer avec les « pousse-mousse » ou des kits toujours onéreux. Il faut faire avec ce qu’on a, et si on aime tirer, on finit par s’habituer à tout. Il faut revenir quand même au serrage de la vis qui maintient on l’a vu tout l’ensemble, faire des essais, et une fois le résultat attendu, bien repérer au feutre sans même parler du « couple » (6) pour faire « technique » ! Nous reproduisons ci-dessous ce carton obtenu à 50 yards (45 m) avec une telle trappanelle, loin d’être ridicule, et avec vraiment une munition premier prix : de la Decathlon Training (Selliot Bellot en fait). Pour la régulation du ragondin nous utilisons de la RWS Subsonic HP bien plus régulière, silencieuse et efficace aux petites distances. A un moment donné, même si on a l’habitude d’utiliser du bon matériel, on cherche toujours des trucs supplémentaires pour s’amuser, et ces vieux merrains en sont l’illustration à pas cher.

1/ Voir archives des 12 et 27 novembre 2025.

2/ C’est la dispersion des impacts autour d’un point central, à ne pas confondre avec l’exactitude ou regroupement des impacts au plus près du point visé. Le minimum requis c’est d’un pouce (2,5 cm) à 50 yards (45 m), le carton ci-dessus montre qu’on peut l’atteindre même avec ces armes basiques et avec des munitions tout-venant ici de la Sellier-Bellot vitesse standard.

3/ Bien usinés à St-Etienne, les canons sont le seul argument armurier valable de ces petites carabines dites dans les années cinquante « de loisirs ». On ne peut que tourner autour de ce seul élément stable, pour améliorer l’ensemble.

4/ Un bout de chambre à air peut faire l’affaire, parfois, par coup de pot on trouve la bonne distance à partir du tonnerre, en tâtonnant autour de 5 à 6 cm de ce dernier le plus souvent.

5/ Articulées autour d’un long ressort plat avec une course particulièrement longue pour des raisons de sécurité…car ces armes à un coup étaient dépourvues de sûretés mécaniques manuelles qu’on ne trouvait que sur les carabines à répétition. Pour la régulation, la sécurité sur de telles armes plus que simplistes, c’est de se balader avec culasse ouverte, canon en bas, pour que le projectile ne foute pas le camp, par gravité !

6/ De fait, nous souffle à l’oreille un menuisier, il n’y a pas de couple de serrage pour les vis à bois.

16 juillet 2026

L'été en pente douce...

Oubli fatal, et nous avons oublié de l’annoncer, comme chaque année à pareille époque, ce site va un peu plus espacer ses parutions l’auteur étant en villégiature dans un lieu où les connections informatiques sont moins bien assurées que d’habitude. On va donc passer du rythme hebdomadaire au mensuel avec néanmoins au moins un dossier intéressant à éplucher.

Rassurez-vous, fin septembre il retrouvera sa vitesse de croisière dans la mesure où les « ouvertures » entre Bretagne et Normandie vont s’échelonner. Malgré tout, en cette période de canicule tentez de ne pas succomber aux affres du réchauffement climatique en employant, comme notre passion nous l’impose, les bonnes munitions…Allez, bonnes vacances à tous.

 

19 juin 2026

Un "vieux gars" pour ses "vieux jours" ?

C’est un célibataire assez simplet, un vieux cousin éloigné que l’on regarde de haut, au hasard des rencontres, ou au détour du chemin, « arme de débutant ou de chasseur sans le sou » au système aussi rustique que solide qui dénote un peu dans le paysage du « light » et de la civilisation « 2.0 » qui prévaut aujourd’hui. Bon, il ne s’agit pas non plus de tomber dans le snobisme, et l’engouement pour les armes et calibres désuets, mais de se rendre compte, qu’en fait, c’est l’arme d’une autre chasse…

Certains sites U.S. parlent pour le « single shot » de romantisme, de mystique et presque d’éthique, et il faut bien reconnaître que même revenu un peu de tout, dans la force de l’âge, nous n’aurions sans doute jamais parié un kopek d’avoir à ainsi philosopher un jour sur un tel engin dans un site parlant plutôt d'actualité. Dans les campagnes reculées il était pendu au-dessus de la cheminée, derrière le placard, ou dans le cellier, jamais bien loin pour protéger le poulailler du goupil en maraude, et le potager des ennemis des cultures. Il durait éternellement, inusable, du fait déjà de sa conception ultra simple, et aussi parce qu’il impliquait, de facto, des pauses dans le tir évitant coups de chaleur, érosion et contraintes successives qui ébranlent tous les mécanismes armuriers, même les plus solides.

Toujours actuel le « single » ? Le fait qu’il soit toujours fabriqué en fait encore une arme de « niche » qui ne manque ni de puissance ni de polyvalence. C’était autrefois chez nous, on vient de le voir, avec le fameux Simplex, le fusil de base du chasseur rural, un pragmatique qui ne s’embarrassait guère de fioritures, et allait à l’efficacité pure. Regardez bien d’ailleurs les documentaires sur les tribus de la jungle amazonienne, ce sont parfois, pour eux, les seules armes à feu légales et abordables conçues justement…pour ne pas manquer ! A le pratiquer depuis des années au pigeon on ne manque jamais de discussions oiseuses avec des fans de semi-autos qui vous parleront éthique et soi-disant fair-play du tir au vol, en mettant en cause le tir au posé…eux qui tirent systématiquement trois coups sur tout, et avec du super-magnum en plus, soit la religion du « spray and pray » ou si on veut « pulvériser partout en priant pour que ça tombe » !

En fait le fusil à un coup est d’abord une excellente discipline de tir car il faut absolument que le premier (et seul) coup compte, vous apprenant à vous tenir, et à ne pas gaspiller les munitions. Cinq cartouches au fond de la poche et roule ma poule direction la passée du soir car, en vieillissant on apprécie de sortir plus léger et plus souple : on s’appesantit plus sur la technique des leurres que le nombre de cartouches tirées, et ce n’est plus l’arme qui dicte le type d’action de chasse. Par la force des choses, on choisit plus attentivement ses chargements, le placement, la distance. De surcroît, tirer une cartouche à la fois, en plus d’être amusant, permet d’économiser de l’argent car à ce rythme, il faudra plus de temps pour épuiser son stock !

Là, le bon coup de fusil, c’est un tir, un mort, l’ensemble parfait quoi ! L’homme au fusil à un coup sait comment l’utiliser, il n’a qu’une chance et n’entend pas, bien sûr, la gaspiller. A l’affût, il y a même la jubilation extrême de parvenir à faire approcher à bonne distance que conclut le choc de la détonation doublé, un peu plus tard, du son sourd du gibier tué raide qui touche terre, douce musique aux oreilles fatiguées de tous les vieux coureurs des bois. Son rythme lent séduit, à un moment de la vie qui permet la compréhension et la gestion fine d’un temps où les capacités physiques ralentissent inexorablement :  on savoure chaque tir pour en faire le meilleur usage et se détendre mieux encore qu’en tondant la pelouse ou en faisant la vaisselle…

De nos jours, c’est le partenaire des sorties solitaires, pour la chasse au poste, « faire le pied »…ou mieux encore, le « lever » le dimanche après-midi, pour cette chasse ralentie et détendue où, sans objectif particulier, on se concentre en plein hiver sur la Nature avec ce sentiment familier d’avoir au bras quelque chose d’élégant, de fin et de léger, et surtout de terriblement efficace. On disait jadis, quand on entendait tonner au loin : « un coup : dans la gibecière ! Deux coups : peut-être ? Trois coups : derrière » ! L’usage naguère des 22 Long Rifle à un coup nous avait déjà montré à quel point il ne fallait pas appuyer inutilement sur la queue de détente, à moins de pouvoir donner le coup fatal. Avec ce genre d’arme, toute la génération des chasseurs d’après-guerre apprenait la patience et la prudence : avec un seul coup, on n’avait pas le choix, il fallait se concentrer et se connecter immédiatement au gibier.

Cette limitation enseignait au novice l’intérêt de se rapprocher, d’attendre, et se retenir jusqu’à ce que les conditions soient parfaites : excellente façon, au demeurant, d’aborder plus tard n’importe quel type de chasse ! Quand on n’a plus rien à prouver, sur le tard, c’est là qu’on « jouit », (ne rigolez pas, le terme n’est pas trop fort, ni trivial), d’éprouver cette quintessence de la finesse de la chasse quand, tous les sens en alerte, on regarde le vol de colverts approcher, puis les malards se pavaner autour des canes, ce qui représente, sans doute, 99% de la jubilation de notre passion commune ! Avec, au bras, cette « canne à mouche » des armes à feu…on peut même presque faire comme nos amis chevaliers de la gaule, « no kill » et parfois, (reconnaissons-le, jamais assez souvent), ne pas tirer ! Trois malheureuses cartouches suffisent à garnir le fond de la poche quand on sait que, de toute façon, rien ne va repartir après !

C’est en effet tout le paradoxe de cet outil élégant et semble-t-il anodin, à l’allure innocente, de tout écraser, et d’être comme disait Winston Churchill à propos de la gent équine « dangereux aux deux bouts ». Effet du faible poids, il recule bien sûr et rue souvent comme une mule, mais il n’a pas besoin de « semi-magnum » de 40 grammes ou plus pour être efficace : le long tube, plus serré qu’un pet de nonne, fait tout le temps le boulot, même avec une petite 28 grammes de  # 5, par exemple à la palombe. Pas de blessés ni d’oiseaux désailés, faut juste bien couvrir si on va loin, bien plus loin que le commun des armes récentes, notamment avec du gros plomb, où les 40 « vrais » mètres sont régulièrement atteints.

Tout le monde le sait, dans l’action, le recul sous la poussée d’adrénaline n’est jamais un problème, ce dernier n’entrant en jeu que lors des tirs répétés et, où, de toute façon, on a le temps de s’appliquer à bien épauler. Sur ces armes simples au profil de « canardières », tout s’arrange assez facilement avec quelques accessoires (bretelles, sabots) qui lestent un peu l’ensemble, même au tir à balles censément plus difficile avec des canons souvent effroyablement chokés. Là aussi, la technique vient à notre secours de nos jours avec les balles ensabotées qui passent partout. Même à la sauvagine et sa réglementation zones humides, le substitut moderne permet de « sauver » ces vieilles armes pour le tir au posé et même au vol, car un seul coup de « full » bien devant sera toujours aussi efficace que trois coups lâchés à la volée et au hasard. Ce n’est d’ailleurs pas au marais que vous trouverez le plus de détracteurs de ces engins, car il y existe comme dans les palombières des Landes, une tradition liée au gabion et à tous les tirs au posé avec des armes longues à un coup.

Autre intérêt, et non des moindres en cette période de contestation de la chasse, avec ces armes on tire moins, à bon escient, et à la rencontre des promeneurs dominicaux, elles font moins « peur » que les armes aux allures martiales camouflées, dont nous abreuvent les films d’action. Ils viendront plus facilement vers vous, les prenant quasi pour d’inoffensives carabines de jardin, et quand la glace est rompue, comprendront mieux cette approche presque « bio », voire (horreur et damnation !) « écolo » de la chasse vagabonde d’une sorte de « promeneur armé » dont ils se sentiront sans doute plus proches. Voilà bien les atouts de ce retour au goût des choses simples, même pour un vieil impénitent amateur d’armes, chasseur caduc, à la panoplie, comme beaucoup, pourtant bien remplie d’autres pétoires bien plus sophistiquées…

 

14 juin 2026

Achat d'une carabine ? Ayez un plan !

Unicité de l’arme, lot de munitions dans le calibre qui correspondent, sans même parler de l’adresse du tireur qui va derrière, voilà bien un ensemble dur à maîtriser quand on débute, surtout à l’arme rayée dont la culture reste faible dans notre pays, même si la pression de la bête noire incite à s’y jeter le plus souvent à corps perdu. Le nombre de mythes à dépoussiérer est infini et ne tombez pas dans l’erreur du chasseur moyen qui entre là-dedans sans stratégie : ne faites pas n’importe quoi, ayez un plan…

Tentez d’abord de bien cerner ce que vous allez faire avec cette nouvelle arme sans se fier aux copains, ou pire, à l’armurier-vendeur, parfois un stagiaire d’école de commerce, même pas titulaire  du permis de chasse donc pas ou peu compétent qui vous conseillera l’air bonace « …achetez ça, c’est ce qu’on vend le plus en ce moment ». Dans un pays où on ne tirera quasi jamais à plus de 200 mètres (1), difficile de mettre tous ses œufs (durs ?) dans le même panier d’une polyvalence que, pour une première arme, on va quand même plus ou moins rechercher non ?

Calibre ou arme en particulier, canon lourd ou léger, performances sont difficiles à apprécier sauf à éplucher inlassablement les revues et sites spécialisés et à vous donner le tournis. Les améliorations techniques réelles ou supposées font disparaître les réflexes de la chasse traditionnelle qui est de bouger et de se rapprocher, ce que font en gros les archers et ce qui explique leur succès croissant. Rien n’est jamais vraiment acquis, mais il y a quand même quelques règles simples et de bon sens et ce qui vaut d’ailleurs aussi en lisse : le timing l’emporte sur la vitesse, et la précision sur la puissance en gros être à l’aise avec son tir et connaître son matériel.

Evitez l’achat d’une carabine sophistiquée à fort recul si vous n’avez ni le temps, l’argent ou l’envie voire l’endroit où tirer souvent pour devenir au plus vite compétent. Les armes précises d’entrée pour pas trop cher existent maintenant dans des calibres moyens rapides (2), sécuritaires d’emploi sans trop d’avance à donner sachant qu’on sera le plus souvent en battue. Côté optiques, dans le doute, le red dot s’imposera car réglé à 50 m. il peut monter à 100 voire un peu plus. De base (grossissement 3-9X en pack le plus souvent), n’importe quel scope permet d’aller un peu plus loin, mais, de grâce, ne succombez pas aux sirènes des marques « premium » à sophistications ultimes en affublant une « cheap » à 500 euros d’une merveille valant presque dix fois plus.

Tenté par la polyvalence, là où quelques nouveautés genre « affût-approche » vous tendent les bras, n’oubliez pas que pour le premier terme, le red dot fera l’affaire et que pour le second, si c’est un peu loin, eh bien…on se rapproche, on améliore sa position de tir et de manière sécuritaire. Le tir longue distance initié par le marché US du tir long inspiré du militaire (3) est bien différent de la chasse où les occasions de tirer sont presque toujours fugaces à cause du couvert ou du déplacement des animaux liés à la pression de chasse. Ajoutez à cela la maîtrise du tir à froid (4) imaginez l’affaire s’il faut, en plus, tourner les molettes, bidouiller le télémètre, titiller plein de petits bitoniaux, sortir l’anémomètre, vérifier les tables balistiques sur Bluetooth en ayant à l’esprit les règles de la trigonométrie…

Allez, un vieux scope bien classique à réticules standard, facile à régler de zéro à cent permettra des ajustements « au vol » pour aller un peu plus loin en connaissant son fusil et ses chargements. Si vous êtes parvenu à approcher un beau brocard sur ses gardes à 30 mètres vous serez un bon chasseur, et si vous l’avez eu à 200 mètres un bon tireur, mais ce n’est pas la même chose…

1/ Il n’y a pas à proprement de loi interdisant, en France, de tirer à plus de 300 mètres par contre c’est l’emploi d’interfaces (hausses autrefois, scopes actuellement) matérialisant cette distance qui est proscrit, mais quel gibier, à part peut-être en montagne est chez nous concerné par ces longues distances ?

2/ Voir archive du 3 avril 2026. Pour débuter le trio 308 Winchester, 270 Winchester, 7-08 Remington en neuf, et 7X64 ou 7,92 Mauser 280 Remington en occasion est bien suffisant. Le 30-06 ne s’est imposé depuis 2013 que par paresse intellectuelle et facilité des armuriers, secteur en crise actuellement qui ne sont plus « conseils », mais plutôt et surtout « vendeurs ». Evitez tout ce qui « souffle » fort (les 9,63 ou le 300 WM) puisqu’on va tous tirer autour de 50 m, quoiqu’en disent les « kékous »

3/ Le militaire (homme de troupe) cherche une trajectoire verticale sur silhouette d’homme debout, n’importe où pour blesser, pour le chasseur toucher n’importe où ne suffit pas car il cherche à atteindre la zone vitale au premier coup.

4/ Voir archive du 17 mars 2024.

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9 juin 2026

Soliloque dans la salle d'armes

C’est un lieu de « rangement » (tout est relatif hein !) qui ne se maîtrise qu’au fil du temps et des accommodements ménagers et matrimoniaux, bien expliqués par Gene Hill (1) avec plein de stratagèmes à affiner au fil du temps et la « collection » de plein de choses : garde-robe, munitions, impedimenta divers et variés tous ces accessoires à la fois futiles et finalement indispensables. Comment partir sans les leurres, les sièges, les « quarts les gamelles et les bidons » comme on disait sous les drapeaux ?

Prenons les armes, on démarre timidement comme utilisateur pas trop assuré et limité par un budget forcément impécunieux avec des armes de rencontre ou de circonstance avec lesquelles il n’est pas sûr qu’on s’entende bien (2), même de nos jours avec nos allures de vieux briscard. On n’a pas les moyens d’acquérir pour thésauriser : les premiers achats techniques et judicieux se font après, et l’accumulation n’est que le fruit d’héritages, de transmissions et seuls les esprits curieux vont essayer des nouveautés en y adhérant plus ou moins bien, et c’est là qu’enfin on affine ses choix, pas forcément d’ailleurs en accord avec ce qui marche techniquement.

On peut ainsi, sans y prendre glisser vers des préférences bizarres comme les crosses anglaises pour l’élégance, et les fusils stéphanois même si on a toujours autant de mal à les maîtriser ! Ce sont des armes intéressantes, patrimoniales qui, il y a un siècle étaient partout et dont la qualité de fabrication n’est jamais prise en défaut par le temps. Ils représentent la quintessence de maniabilité et de qualité de tir du « deux coups », petits calibres douze (et encore mieux seize !) utilisant de manière spectaculaire la charge classique de 28 grammes. Les assemblages bois-métal sont parfaits, les hauts de gamme le plus souvent ménagés et entretenus sont, en plus, accessibles à des prix raisonnables. Même si on tire mal avec, on leur reste fidèle par nostalgie et respect du patrimoine cynégétique de la « chasse devant soi » et la fameuse « billebaude » si bien décrite par Henri Vincenot.

On a donc ce qu’il faut, des armes parfaites, mais toujours l’envie irrésistible de parcourir les catalogues et les sites en ligne, car tout à coup se glisse insidieusement le risque d’esquinter tout ce petit monde péniblement acquis et sempiternellement astiqué, et de se risquer à l’accueil d’armes « moches », intéressantes car on n’aura pas à s’en soucier quand l’utilisation se « durcira». On a tous connu ça, quand ces armes disgracieuses, tout à coup sont devenues intéressantes quand s’entassent dans le coffre les leurres et le retriever, ou qu’il faut accueillir par-dessus tout le barda, une bête de compagnie et un ou deux drathaars. C’est comme ça qu’on est retombés dans l’addiction au fusil à pompe et succombé à la tentation de «l’automatique » après avoir vu sur le Net les fameux tests d’endurance du Baïkal MP 153. Avons-nous pourtant besoin de trois coups pour chasser quand on sait qu’avec deux bien répartis, en jouant des chokes, on peut tout chasser ? Bon c’est vrai qu’avec l’expérience ou l’âge, si on est plus lent, on tire mieux, ou on sait pour le moins choisir ce qui est le plus évident, car on se met moins la pression (à part la mousse qui se déguste hein !) depuis qu’on chasse seul, puisqu’on ne peut plus suivre les jeunes…

Nous voilà tout à coup moins inquiet pour le fusil que sa sécurité personnelle, en cas de chute quand tout tombe, treize parmi quatorze, dans le fossé bourbeux et qu’il suffit, pour le fusil à pompe, d’employer la technique « mortier » (3) ou de démonter vite fait le canon, et de le rincer sur place pour évacuer le dangereux bouchon terre-neige-boue. Allez faire ça avec votre Beretta SOE ! Tout le monde ne recharge pas avec sous la main, dans le vide-poche,  le petit tire-bourre qui va bien pour extraire la douille récalcitrante, et ces armes rustiques d’emploi comme de démontage peuvent aussi servir de prêt ou de dépannage. Tout est facile avec elles : un bouchon à dévisser, puis deux goupilles à chasser et tout se lave à l’eau chaude et au liquide vaisselle avant un coup de sèche-cheveux. Il faut juste éviter de les laisser traîner mouillées dans leur étui, et pire encore si on chasse en zone maritime.

Tout ça pour dire que la magie de la salle d’armes et de tous ses vieux merrains, c’est aussi tout ça, un environnement familier où chaque chose a sa place fusils, logistique, munitions…voire rafraichissements (voir la pub si éclairante ci-dessus) et retrouver la philosophie de Gene Hill pour collectionner « en fait du temps, et des souvenirs ».

1/ Dans « A hunter fireside book », (1972). Voir sur cet attachant personnage archives des 25 septembre 2020, et 28 mai 2022.

2/ Voir archives des 2 et 22 septembre 2025.

3/ En empoignant l’arme par le fût canon vers le haut et en tapant sur un sol pas trop dur, les doubles barres d’action du fusil à pompe ayant peu de risque de se tordre de nos jours.

 

3 juin 2026

22 LR : dur de passer de 50 à 100 m.

Vous vous souvenez sur les boîtes « danger jusqu’à 1500 mètres », et allez voir par curiosité le site sympa (1) sur You Tube où quelques joyeux drilles tirent…à 1000 mètres et sont tout surpris de toucher un gong de 1,7 mètre au…7è coup, là où ils s’attendaient à en tirer au moins 500 ! Ils se basaient, à cette énorme distance sur un groupement… de 50 mètres, pour finalement atteindre 10 mètres, malgré la trajectoire d’obusier et plus que 21 joules en puissance.

On l’a tous fait, réussir à bricoler sur de vieilles pétrolettes (2) et se congratuler autour de la « minute de ragondin » enfin atteinte à 30 mètres reste possible à peu de frais et en s’amusant dans son garage, mais pourquoi est-ce si difficile d’être précis au-delà de 50 mètres alors que plein de disciplines, sans même parler du bench-rest (silhouettes, etc.) proposent d’aller beaucoup plus loin ? De fait, déjà il y a bien longtemps, en 1937, Winchester avec son modèle 52, garantissait, sur dix coups 3,2 cm …à 183 mètres ! Surprenant hein, surtout que les armes (3) et munitions actuelles (4) ne sont pas, et c’est heureux, restés bloqués à cette époque ?

Le saut qualitatif et la précision répétables sont de vrais défis car déjà en théorie, il faut multiplier par trois les groupements, déjà péniblement atteints à 50 mètres, ce qui veut dire que les 3-4 cm vont en faire 12 à 15, conjugués à la flèche inhérente de la munition du même acabit. Chaque réglage « moyen » de la carabine sera amplifié et se reflètera avec des effets plus marqués dans chaque tir. Si, par chance, l’arme tient encore le choc, il faudra s’atteler à maîtriser les fondamentaux du tir à longue distance, apanage des gens qui vont au stand et affichent des compétences difficiles à imaginer : reproduction de gestes parfaits dans les mêmes conditions, manipulation parfaite sur chaque tir, lecture de tous les paramètres environnementaux dont, bien sûr et primordiale, la lecture du vent. Seulement gênant à 50 mètres, ce dernier sera fatal à 100 surtout selon le type de la munition dont le choix, adapté aux caractéristiques de l’arme, sera déterminant.

Le « vrac » seulement passable ne le sera plus, car il faudra une vitesse nominale la plus constante possible, standard ou subsonique évitant certes l’écueil du « mur » transsonique, mais plus sensible au vent et aux erreurs de tir du fait de la vitesse plus faible. Bien sûr le recul est quasi inexistant, mais sur une arme légère qui peut bouger en latéral, il peut commencer à agir quand la balle sort du canon, et on retrouve la recherche de positions sûres et parfaites à trouver. Entre précision (5) et exactitude (6) il faudra aussi commencer à se pencher sur les scopes à plus fort grossissement que le X 4 et même le choix de réticules qui mettent en valeur la cible, sans la masquer, ni être trop confus.

Trop de variables ou difficile conjonction de tous les facteurs favorables font que la difficulté déjà d’être régulier à 50 mètres rend doubler cette distance une vraie gageure que peu de tireurs, même motivés peuvent atteindre. Bien sûr, sur Internet tout est possible, mais le meilleur équipement ne garantira pas forcément le résultat sans la maitrise des compétences évoquées plus haut.

1/ Site « la Gauloiserie » : tirer à 1000 mètres au 22 Long Rifle. Si je ne m’abuse, ils ont tiré de la Norma Tac 22 .

2/ Voir archives des 12 et 27 novembre 2025.

3/ Les carabines à verrou doivent grouper autour de 3 cm à 50 mètres, prévoir le double avec celles à levier en se prenant pour John Wayne.

4/ Norma et Lapua font des « long range » déjà subsoniques (330 et 312 m/s) à 50 m, quand une CCI standard est bien moins rapide (296 m/s).

5/ C’est la dispersion des impacts autour d’un point central.

6/ Impacts au plus près du point visé. L’objectif de la percussion centrale est la taille des groupements, la percussion annulaire de toucher le centre.

 

28 mai 2026

Charles Askins Sr (1862-1948) et les "big ten"...au nom du Père...

Pas facile de s’y retrouver parfois dans une famille où tous les premiers enfants masculins se prénommaient Charles, et où le père et le fils furent tous deux des « gunwritesr » américains majeurs du XXè siècle, mais le second (1907-1999) avec une réputation beaucoup moins lisse. Il faut donc nettement différencier le « major » qui était le père, du « colonel » (le fils) mais aussi le géniteur des fusils et cartouches « big ten » largement documentées dans les seventies au summum des bisbilles Elmer Keith-Jack O’Connor.

Beaucoup moins clivant que son fils (1), le « major » était né en 1862 au sein d’une famille de colons doublement déplacés : d’Ecosse en Irlande au XVIIIé siècle, puis aux Etats-Unis dans l’Illinois autour de Belleville. Juriste de formation, aux portes du base-ball pro, une blessure au bras le dirigea vers l’armée, au moment de la guerre hispano-américaine (1898) puis celle des Philippines, subissant charges et blessures des insurgés Moros pour constater d’ailleurs, le bienfondé du « 45 » face au « 38 » pour les stopper ! Pendant la première guerre mondiale, comme bien d’autres spécialistes de l’armement (Townsend Whelen par exemple), il resta aux USA dans l’Ordnance Corps comme instructeur de tir.

Il vivait déjà depuis une dizaine d’années (1910-1927) autour d’Ames (Oklahoma), pays des cailles où un bon chasseur et tireur pouvait en faire plusieurs dizaines par jour et commença à écrire sur les field-trials et les armes à un niveau d’analyse égal à celui des spécialistes britanniques du moment comme le major Gerald Burrard ou plus tard Gough Thomas et plus tard, aux Etats Unis Bob Brister. Collaborations avec les prestigieuses revues comme Outdoor Life, Sports Afield, American Rifleman et livres s’enchaînèrent : The American Shotgun (1910), Wing and Trapshooting (1911), Modern shotguns and loads. Rédacteur en Chef de la rubrique armes de Outdoor life, c’est lui qui accueillit et donna le premier coup de pouce aux premiers écrits d’Elmer Keith, et il s’en ensuivit une profonde amitié, ce dernier récupérant après-guerre ses armes emblématiques dont nous allons bientôt parler. Le successeur du vieil homme après-guerre n’étant autre que Jack O’Connor, celui-ci fut alors accusé de l’avoir poussé un peu vite vers la sortie, et fut alors poursuivi inlassablement par la vindicte de tout le clan : il n’était pas d’origine militaire, et considéré comme un « dandy » prônant les petits calibres tant en rayé qu’en lisse (pensez…tirer les perdrix aux 410 !) au moment où les hommes étaient de vrais hommes, et pas encore de confusion entre les pronoms ou les genres, ni d’écriture inclusive…

Elmer ayant récupéré une partie de ses armes les plus notables (2), il les documenta alors largement dans les revues spécialisées auxquelles il collabora jusqu’à sa mort en 1984, et surtout dans son livre « Shotguns by Keith ». Il s’agissait d’un 16 NID Ithaca « Flues » grade IV à simple détente non sélective installée en 1930 et crosse à joue spéciale, demi et trois quart, gravé de setters par Ed Latham avec témoins d’usure particuliers car le major chassait les « quails » avec son cheval nommé « Shorty », dressé pour s’arrêter dès qu’on sortait le fusil du « scabbard », ces housses en cuir ou en peau que l’on fixait à l’arçon de selle. Dans « Modern shotguns and loads », le vieux « Charley » l’avait écrit, s’il n’avait à conserver qu’un seul fusil, ce serait un 16 de 6,5 livres (2,95 kg) à canon de 30 pouces (76 cm) choké M et F (demi et plein).

Mais c’est surtout autour du calibre 10 que, bien sûr, le bon Elmer, prisant tout ce qui est gros, lourd et puissant, alimenta particulièrement la rubrique et nous permet de savoir maintenant comment évolua ce calibre largement oublié de nos jours (3). Avant cela il faut expliquer un peu contexte de l’époque où, malgré l’immensité du pays, tous les « gunwriters » étaient proches des industriels, les seuls avec les arsenaux militaires à disposer des chronographes et outils d’analyse pour mesurer les vitesses et les pressions des nouveaux calibres que les premiers lançaient et les seconds produisaient et commercialisaient. Charles Askins était ami de Spencer et John Olin patrons depuis 1931 de Winchester, mais aussi voisin dans les années trente à El Paso (Texas) de Bill Weaver (4) le pionnier des scopes grand public. Avant 1910 que ce soit en 12 comme en 10, la chambre 65 ne pouvait tirer que 32 grammes de grenaille et passer à la chambre 70 se heurtait aux hautes pressions pour tirer 36 grammes et dès 1921 Charles Askins Sr fut associé aux recherches de Western-Olin pour la création de la cartouche « Super X ». Grâce à l’utilisation de poudres lentes et progressives, à égalité de charges, elles étaient plus rapides ou tiraient plus lourd à vitesse égale mais avec des pressions moindres que l’ancien style. Les amorces non corrosives jouaient aussi un grand rôle et là aussi Western-Olin avait de l’avance car dès 1900 face à l’augmentation des prix, il avait fondé avec Austin Cartridge Company  (Ohio) l’Union Cap and Chemical (UCC) à  East Alton (Illinois) que Western absorba définitivement en 1907.

Dix ans après la Super X, à peu près au même moment où Winchester-Olin mit la main sur Winchester (fin 1931), Charles Askins Sr fut donc tout naturellement chargé de prolonger sur la charge « Ten Super X »  (1932) de 56 grammes de plomb durci et étui Field de 3,5 pouces, puis même poids de plomb « Lubaloy » nouveau procédé lubrifiant  depuis 1929 et étui Record. Winchester confortait son avance sur ce type de cartouches : Remington ne passa à la cartouche Nitro 3,5 pouces qu’en 1938, et Peters seulement en 1950. Le malheur c’est qu’il n’existait pas encore d’arme vraiment conçue pour tirer de tels monstres, et ce furent des relations entre John Olin et Lou Smith patron d’Ithaca que naquit, toujours sous la houlette de Charles Askins, les NID « Mag Ten » et « Super Ten ». La base NID (New Ithaca Double) fut fabriqué de 1926 à 1948 avec comme particularité un verrou supérieur rotatif, indicateurs d’armements extérieurs jusqu’en 1934, simple détente sélective ou non, éjecteurs facultatifs. Charles Askins senior fut donc l’heureux attributaire du premier exemplaire numéroté « 500 000 » dont hérita Elmer Keith (qui en possédait déjà deux !) et qu’il décrivit abondamment dans « Guns and Ammos » de 1965.

Ces armes massives, autour de 5 kg étaient des versions lourdes du NID et ne furent construites que dix ans (1932-1942) et en nombre restreint :  pour le Mag Ten 887 (numéros de série de 500 000 à 501 011) en calibre 10 la plupart du temps avec extracteurs, et 87 en calibre 12, et à partir de 1936 seulement 180 Super Ten. Pour la concurrence, LC Smith était depuis longtemps largué pour ces forts calibres, seul Parker qui dès 1903 avait travaillé sur la chambre 3 pouces en 20 aurait pu suivre, et uniquement une quinzaine de 10 furent construit sous son nom par Remington une fois que le « géant vert » ait mis la main (1934) sur cette marque. Fox de son côté, surfait sur le succès de son Superfox en 12 chambre de 3 pouces depuis 1923, auquel, comme par hasard Charles Askins Sr avait aussi été associé à la conception, cette fois en compagnie de l’armurier de Philadelphie Burt Becker. L’exemplaire le plus célèbre de cette arme étant le fameux « Boo Whoop » de Nash Buckingham, perdu et retrouvé un demi-siècle plus tard, ayant été oublié sur le capot d’une voiture après un contrôle inopiné de gardes qui demandèrent à manipuler cette arme déjà célèbre ! Comme pour Remington, Savage développa ensuite de 1936 à 1940, un Sterlingworth « Wildfowl » selon la même formule. Toutes ces armes, fort lourdes avaient la faveur des sauvaginiers au « blind » mais étaient fortement concurrencées par les fusils à pompe (Remington 870, Mossberg 500, Ithaca 37) et surtout le Browning Auto 5, leur poids (plus de 5 kg) nécessitant presque de prévoir les roulettes en option ! Par contre, avec leurs canons de 32 pouces (81 cm) elles pouvaient grouper plus de 80% d’une charge de 2 onces (56 grammes) à 40 mètres, tapant les colverts « comme avec une sorte de raquette de tennis géante »…

Enfin il est à noter que Charles Askins Sr fut un des premiers acheteurs et commentateur du superposé Browning B 25 et lui donna sans doute un petit coup de pouce à l’époque où il était une des « plumes » d’Outdoor Life. Son exemplaire acheté alors qu’il était encore capitaine le 23 juillet 1932 fut lui aussi redécouvert après pas mal de péripéties dans une armurerie au Texas en 2007, car il avait disparu de la circulation à sa mort en 1948. Proche de son fils, le « colonel », les relations entre ce dernier et sa mère n’étaient pas de la même eau, et si mauvaises qu’il ne fut prévenu qu’après coup du décès de son père, en recevant les condoléances d’un ami. ! Entretemps la veuve avait vendu l’arme à une armurerie de Houston où on peut imaginer qu’elle fit un heureux après un travail de bénédictin de passionnés sur les archives de la marque pour l’identifier…Dévoilé en 1931, lors de la Grande dépression (1929, mais avec un pic dans les années 1933-1037), « The Superposed » connut au départ des ventes lentes (seulement 17 000 vendus en 1939) obligeant à casser les prix de 99 à 79 dollars avant de redémarrer et prendre son envol après 1948.

L’exemplaire du major disposait d’une détente sélective unique que voulait John Moses Browning mais qu’il n’avait pu réaliser avant sa mort (1926 à Liège), et qui est là, même antérieure à celle que finalisa son fils Val. Originellement en Full-Full, les canons de 28 pouces (71 cm) furent ouverts, sans doute aux Etats-Unis, en Skeet et lisse-amélioré (IC) pour tirer la caille. Enterré au cimetière militaire de Fort Bliss (Texas) c’était un gentleman de la vieille école et il était beaucoup moins clivant que son fils dont l’autobiographie (The Unrepentant sinner) divise toujours les lecteurs, mais c’était quand même un dur à cuire comme on les aime aux USA, si l’on tient compte de son témoignage. « Quand je suis né, mon père était en poste à Fort Niabrara (Nebraska), et tira sur quelques Sioux imprudents…et j’en ai eu quelques-uns, m’a-t-il dit un jour ».

1/ Charles Askins junior est la légende noire du gunwriting US (collaborateur de American handgunner, American rifleman entre autres) avec ce livre controversé. Son comportement comme patrouilleur le long du Rio Grande face aux gangs puissamment armés, en Rhodésie contre les braconniers puis les guerilleros, au Vietnam où il était conseiller militaire (n’hésitant pas à provoquer une embuscade dangereuse seulement pour essayer le tout nouveau 44 Magnum !) s’accompagna de nombreux décès qu’il pouvait légalement, mais non moralement justifier. Il avait lancé sa carrière déjà sur une polémique fameuse avant-guerre lors des épreuves de tir de Camp-Perry 1937 qu’il remporta avec l’équipe de la Border Patrol, avec un Colt Woodsman bidouillé pour le faire tirer à percussion centrale ce qui était obligatoire. Avec l’aide de l’armurier F.Pachmayr il utilisa comme base la vieille munition française 5,5 Velodog, baptisée 221 Askins, raccourcie aux dimensions 22 LR, le gros boulot étant de déporter le percuteur au centre. L’avantage de cette arme légère était alors évident face aux lourds revolvers en 38 Special pour ce tir de vitesse comptant pour les deux tiers de la note globale. Les organisateurs dans l’urgence, lui conservèrent son titre, mais le modifièrent l’année suivante, limitant l’épreuve au calibre 32…Face à la polémique qui enfla, étant le fils d’un écrivain immensément connu, et pour conserver son titre, il démissionna de la Border Patrol qui, bien sûr, en tant qu’organisme officiel, ne pouvait cautionner l’affaire.

2/ Elmer fit refaire les bois, sans doute par son crossier habituel Iver Hendrickson, en conservant le pad de recul Hawkins dont ces fusils étaient équipés d’origine.

3/ Hormis le Marlin « Goosegun » à verrou, seul Browning resta dans la catégorie avant la sortie en 1975 de l’Ithaca en semi-auto, brevet vendu ensuite à Remington en 1989 pour faire le SP 10. Browning sortit alors le « Gold » et le BPS 10 à pompe, mais au moment où les 12 Super Magnum commençaient à faire leur apparition : 1988 collaboration Mossberg et cartouches Federal, puis invasion des Baïkal russes MP 153 au tournant de l’an 2000. Remington les commercialisa même quelques années (2006-2008) sous le nom Spartan SPR 453.

4/ Bill Weaver se lança en 1930 dans le Kentucky avec 4 employés, et déménagea en 1933 dans des installations plus grandes à El Paso : racheté par Olin en 1968 jusqu’à la fermeture Winchester-Olin en 1987. 194

22 mai 2026

22 LR Hypervéloces : en avoir...ou pas ?

Les guêpes, vipères, vestes jaunes et autres balles dorées ont amplement été développées ici, (1) mais la nostalgie et la curiosité inclinent tout amateur du petit calibre à se demander « au cas où » s’il ne serait pas nécessaire d’en garder une ou deux boîtes au frais. Comme pour les vieilles cartouches c’est souvent par succession qu’on remet le nez dans ce nid vrombissant d’hymenoptères survoltés qu’il convient d’analyser à l’aune de la production actuelle.

Ce fut la réponse de Remington à la douloureuse piqûre « Stinger » (2) qui renvoyait aux calendes grecques les anciennes « hautes vitesses » d’avant-guerre (3). Dans les années 80 où le petit calibre n’était pas encore marginalisé et présent partout, même pour les semi-automatiques, tout le landerneau en fut bouleversé : on conservait une précision acceptable depuis un appui stable et dans de bonnes conditions, mais avec un effet de punch véritablement dopé, ce qui était rassurant quand un animal plus coriace qu’un garenne (4) était en vue. L’alternative au « monstre » Stinger était bien vue, car des USA arrivèrent vite les premières critiques : le petit prodige de CCI, un peu plus long était déconseillé par certaines marques (Ruger pour l’omniprésente 10/22), d’une précision médiocre, et l’offre Remington semblant plus raisonnable pour le varminting qui là-bas couvre un éventail de « nuisibles » bien plus large que chez nous.

Toute cette production chasse-tir de loisirs disparue de notre horizon depuis les années 90, nous allons le voir plus loin, est maintenant dépassée en performances par ce qui se fait de nos jours, et se montrait même surpuissante déjà face à nos besoins. Les SA Reina, Gevarm (5) qui faisaient le miel des teenagers étaient trop sollicitées mécaniquement, la discrétion commençait à être de mise, la précision pas trop au rendez-vous car les projectiles à cône tronqué 33 grains avaient une stabilisation aléatoire du fait de l’absence de lubrification, d’un revêtement électrolithique (la fameuse « veste » jaune ou dorée !) s’écaillant car difficile à faire passer de la percussion centrale à l’annulaire. Ils étaient, en plus de forme irrégulière dont on ne pouvait espérer des trajectoires parfaites ni similaires, car produits sur des machines poussées à plein régime, sans contrôle qualité derrière et souvent dans un conditionnement « discount » par seaux en vrac trincaillant à l’arrière du pick-up !

Aux USA, dans l’aspect chasse, celle du « squirell » notamment (6) qui est une institution, tous ces dragsters pouvaient endommager ce qu’il est difficile d’appeler la « venaison » d’aussi petites bestioles, à part peut-être en Floride où la « Viper » (même conception mais balle pleine) était capable, aux mains des braconniers, de percer la cuirasse protégeant la cafetière des alligators. En Australie où le lapin est un fléau, on utilisait n’importe quelle 22, notamment la Winchester PP, pour des tirs au corps à 90% mortels au premier coup, les Stinger étant imprécises, et les HV décevantes car inutiles pour la chasse en mouvement sans support où s’appuyer pour le placement, ces dernières frappant comme à l’emporte-pièce, perdaient le gibier.

Actuellement, bien sûr, tout aficionado du petit calibre se doit d’avoir au moins tiré une fois ou deux fois dans sa vie ces bolides reliques du passé, certes relégués au second plan par la production moderne, où curieusement quand même la « Stinger » est toujours là tel un ovni ! Ses concurrents Minimag et Vélocitor lui sont souvent comparés (7), bien sûr en bien mieux, mais les vieilles « jaunes » seraient-elles vraiment larguées ? Leur groupement faible était cependant suffisamment efficace, la puissance d’impact palliant au placement, la vitesse annoncée (454 m/s) étant souvent moindre ou irrégulière. Grâce aux logiciels (Pointblank) sur une carabine réglage à 50 yards (45,7 m), la flèche à 100 yards (91 m) d’une Yellow jacket était de 23 cm face à la Minimag (13 cm) et la Vélocitor (10 cm). Mais à 69 mètres elle faisait aussi bien (8), et c’est donc aux portées optimales que ces nouvelles munitions lui sont supérieures. Ce qui s’explique par leur dessin et un meilleur coefficient balistique (0.138 la Mimimag, 0.134 la Vélocitor contre 0.107 la Yellow jacket) et une puissance de réserve plus longue : la Velocitor donne 184 joules à 50 mètres, mais encore 145 à 100 mètres.

1/ Voir archive du 21 mai 2021.

2/ Voir archives des 12 juin 2019, et 30 septembre 2022.

3/ Voir archive du 4 juin 2022.

4/ Voir archive du 24 mars 2022. L’auteur lors d’une longue « permission » sous les drapeaux outremer en 1971, écumait le surplus de gent lapinière au crépuscule, et même après plusieurs soirées d’affût, parvint à épingler un goupil qui tournait autour des appelants sur une mare de gabion en baie du Mt-St-Michel. Epoque bénie où on pouvait encore baguenauder sur les « herbues » avec une 22 sans trop avoir à se justifier…

5/ Voir archive du 1 janvier 2021.

6/ Sur la chasse aux écureuils aux USA archive du 28 octobre 2020.

7/ Voir archive du 14 avril 2021.

8/ Groupement dans 3 cm, mais tenir compte avec votre carabine réglée à 50 m de prévoir un impact 5 cm plus haut.

 

15 mai 2026

Visée "fer"...pour quoi faire ?

A l’heure des scopes, des points rouges, des aides à la vision nocturne, l’ancienne visée « fer », sans tout ce contexte technologiques pourrait sembler ringard sinon dépassé. C’est néanmoins un terme générique qui cache des tas d’options et de différences et que le sanglier (1), qu’on tire généralement de près dans nos battues hexagonales, pourrait bien remettre au goût du jour.

Quand on dispose d’une belle et élégante carabine à forte tradition patrimoniale pourquoi en effet l’alourdir d’au bas mot 500 grammes, et dénaturer son équilibre naturel sur des tirs proches où il y a peu de décalage à gérer ? En cas de chute accidentelle, pas besoin de repasser au banc pour régler, et la météo n’aura aucune incidence en matière d’humidité, de brouillard et de condensation, il y aura juste un peu plus de recul à prévoir, mais bien sûr tout va se gâter à l’aube et au crépuscule, moments décisifs où le gibier est le plus actif. On ne peut toucher en effet ce qu’on ne voit pas, peu ou mal, et c’est là que les aides à la visée reprennent l’avantage. Elles permettent de mieux identifier l’animal, et surtout aider au placement sur fond de végétation diffuse. Mais c’est aussi une autre chasse (approche-affût) où on perdra bien sûr en polyvalence.

Intrinsèquement, la visée « fer » avec des dioptres, des œilletons, des hausses, mobilisa longtemps les militaires (2), et même les grands auteurs (3) ont pu prouver que, pour la chasse, tant qu’on restait dans certaines limites de distances dictées par l’usage, les groupements étaient peu ou prou identiques, mais avec cependant une grande différence initiale : un entraînement important voire essentiel, le savoir-faire étant plus important que le matériel. Des règles d’utilisation qui s’apprenaient du temps de la conscription et un « drill » pas si fastidieux que ça pour les futurs chasseurs. On débutait aussi avec une ribambelle de 22 LR et on ne redira jamais assez, même si on est devenu un vétéran blanchi sous le harnais, le bénéfice qu’on peut encore tirer de toutes les sessions organisées à percer du carton…dans les trous d’un calendrier cynégétique désormais bien chargé !

Laissons de côté les dioptres du tir sportif pour nous concentrer sur le débat entre les hausses et les œilletons. Les premières, souvent à feuillets pour s’adapter aux distances sont plus lentes à mettre en œuvre notamment dans le contre-jour et la faible luminosité ambiante car il n’y a pas de surface plane horizontale sur le dessus pour aligner le guidon et donc des risques de tirs hauts. L’œilleton ou les « ghosts rings » (anneaux fantômes), plus près de l’œil du tireur, augmentent la profondeur de champ, et centrent automatiquement l’œil sur le guidon dont la grosseur, en général limite la portée à 100 mètres car, trop gros, il risque de masquer entièrement la cible.

Il faut aller aux USA où certains états (Idaho par exemple) proscrivent l’usage des scopes sur le tir à la poudre noire et au chargement par la bouche, pour constater que l’usage est en général de 25-125 mètres pour les cervidés. Il y existe une forte tradition de tirs précis avec d’anciens singles (Sharps, Winchester 85, Remington rolling block), mais aussi des carabines à levier « de ranch » tarabustées à l’arrière du pick-up, à la glorieuse époque du 30/30, ne souffrant pas que les scopes soient ainsi chahutés, cahots et poussière cumulés. La visée y est simplissime, on regarde dans le trou, et tant que le guidon est net sur la cible, on est dans le coup pour éliminer dans le Wild West, les intrus…à deux ou à quatre pattes.

Seule concession au progrès, la fibre optique optimise l’affaire par faible luminosité sans déséquilibrer une arme compacte et maniable en conservant l’esthétique d’une belle carabine à levier, si on veut imiter John Wayne, ou à verrou dans nos layons. Même visible en plein soleil, elle fait presque aussi bien qu’un Red Dot, et elle laissera toujours un halo lumineux en bout de canon si la vue baisse. Dur à comprendre pour les « d’jeuns », et c’est un vieux « Barman » qui vous le dit, la perte de vision a autant d’impact sur les vieux de la vieille que les fameux « rumatisses ». Il est vrai qu’on compense, et que l’acte de prélever compte désormais moins que l’expérience de l’action globale. C’est sans doute ce que les vieux briscards nomment depuis l’Empire « le calme des vieilles troupes »…

1/Ravageur des pâturages, destructeur des récoltes, vandales des pelouses, il extermine les nids d’oiseaux nicheurs, et même les faons de chevreuils. On lui mène désormais comme disent les militaires une guerre de grande intensité, mais il a la peau dure…peut-être plus que la nôtre ?

2/ Les meilleurs tirs de l’US Army avec le fusil M 14 de dotation donnaient avec guidon à lame de 1,57 mm, sur œilleton de 1,32 mm un groupement de 10 cm à 200 mètres sur 20 coups. Voir ci-dessus le fameux auteur et directeur de l’arsenal de Frankford, le colonel Townsend Whelen (1877-1961) en action...et sans scopes !

3/ Brian Pierce fit l’essai pour Guns Magazine avec une Marlin 94 en 25-20 en configuration scope+fer+red dot. Sur une carabine réglée scope et munitions de référence, enlever la lunette et examiner les différences ou désavantages d’un système à l’autre peut toujours se faire, mais le premier gardera toujours la tête, à l’aube et au crépuscule.

 

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