Peu de points rouges en lisse ?
Sympas, faciles à installer, légers et désormais fiables et stables même à prix réduits, combien en voyez-vous sur des canons lisses autour de vous ? Ils ont fait florès sur les armes de poing, sur les armes longues chez les adeptes du tir tactique et sportif aux trois armes, ils sont naturellement arrivés sur les carabines, mais pas sur les fusils de chasse disons « classiques », même à la battue, mais ce ne fut pas faute d’essayer, comme on va le voir.
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A part quelques originaux, qui se souvient encore de l’Optimum « infaillible » spécial battue (ci-dessous) de Verney-Carron, des premiers Aimpoint vantés par les chasseurs de « gobblers » (1) Outre-Atlantique ? Le tir à balles et à chevrotines sur les « pompes » qui semblait lui tendre les bras tourna vite court à la battue dont les conditions sont cependant assez similaires : tir de près dans des conditions de visibilité parfois précaires, malgré une foule de réticules de type « cible » offrant un choix important d’aides à la visée.
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Le ball-trap, on va le voir un peu plus loin fut aussi sollicité mais en vain, déjà du fait d’une contrainte, celle de viser plutôt que de « swinger » allant à l’encontre bien sûr dans la foulée de tout ce qui est « plume », vole ou court. Le cadre ou le tube, offrent une distraction sur une cible en mouvement qu’on cherche à cadrer alors qu’il faudrait maintenir le mouvement et viser sans le maintenir semblait rédhibitoire. Le tir courant au guidon finit, en s’habituant à un port de tête stable où l’œil trouve naturellement sa place au-dessus de la bande quand le point rouge peut donner un tir différent à chaque fois qu’on parvient à le « trouver », et sur un fusil léger tel qu’on le conçoit de nos jours à la billebaude avec un recul accru risque encore plus de faire bouger les choses. Un tireur « moyen » sera toujours plus régulier avec la visée classique.

Après, où le placer : en bout de canon, au milieu, sur le boitier léger des semi-autos où il y a plein de pièces en mouvement (2), et tiens donc, allez tenter le coup avec le vieil Auto 5 et son long recul du canon ? Et ne parlons pas, en plus, du choix délicat des chokes, de la maniabilité qui change avec cet appendice disgracieux risquant d’accrocher partout, de la longévité des piles et l’endurance (3) face au recul répétitif…Aux USA où l’utilisation de cet accessoire est le mieux documenté il s’agit bien de le penser comme pour une carabine : viser sur gibier arrêté ou comme éventuel complément dans des conditions (forêts denses obscures) où le réticule fin des carabines est un peu juste et où le réticule 4 MOA du « red dot » prend le relais, par exemple si danger de grizzlies agressifs en vue. Ils sont réglés joue haute pour bien aligner et oublier l’arme, tir sur le point sans s’attarder les deux yeux ouverts réglé à 40 mètres distance à laquelle on a très peu de temps pour tenter de placer 2 ou 3 grosses Brenneke qu’on ne trouve d’ailleurs pas chez nous (4).
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La firme Aimpoint est celle qui est allée le plus loin dans la tentative d’élargir ce matériel au monde de la chasse et du tir en convoquant, dans une fameuse vidéo la crème des tireurs sportifs derrière l’immense champion Georges Digweed (5) -ci-contre- dont les conclusions furent fort mitigées. L’essai se fit avec le modèle S2 certes pour armes rayées et il en conclut, sans doute par politesse que ce pourrait être utile, mais pas pour lui en compétition…Pour la petite histoire, il cassa tout quand même avec ! On peut comprendre avec lui qu’aucun accessoire ne peut remplacer la technique (6), et que plus que jamais avec un fusil de chasse « on ne vise pas, mais on pointe » !
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1/ Ou encore « tom » et dindon sauvage, voir archive du 5 octobre 2020 ;
2/ C’est la raison pour laquelle Ithaca, Remington et Mossberg montent les rails Weaver et Piccatiny de fixation des optiques sur un prolongement cantilever ou porte à faux du canon pour le tir à balles des fusils à pompe ou semi-auto.
3/ Test simple pour déceler une panne éventuelle sur un point rouge : aligner l’arme, stable et bien verrouillée. Si, en tournant les molettes de réglage rien ne se passe, c’est qu’il est endommagé. S’il suit, ramener au centre, tirer (ou taper un peu dessus si vous êtes chez vous à l’atelier !) et vérifier qu’il est bien resté sur cible. Tout ce petit matériel (la plupart du temps chinois) s’est bien démocratisé, a progressé certes en solidité, mais si vous ratez le solitaire de l’année deux fois de suite, vaut mieux vérifier…
4/ Voir archive du 21 septembre 2018.
5/ Hors ses multiples titres de champion du monde FITASC, en 2007 il remporta à Dallas le premier championnat du monde toutes disciplines (skeet, parcours, ATA, hélices et les deux disciplines ISSF (trap et skeet) avec 20 plateaux d’avance sur 4 tireurs de réputation mondiale (Bill Mc Guire, Jon Kruger, S.Robertson, G .Miles). En 2011 à Briley (GB) il battit le record du monde de tir le plus long d’un plateau qu’il détenait déjà avec 130 yards soit 119 mètres. Pour ceux qui font de la régulation (dont nous somme) prenons-en de la graine : 585 corbeaux ou encore 661 ramiers (en Angleterre ils sont classés nuisibles) dans la journée…
6/ On peut le croire car la saison ne dure que 7 mois par an et seule la technique, du fait de son physique atypique, lui a permis de tenir des décennies à ce nIveau. Pour faire court, disons qu’il diffère totalement de Churchill (tir d’interception), et surtout de la position Stanbury de poids sur l’avant peu naturelle pour regarder vers le haut et maintenir le plus longtemps possible la fixation sur un point précis du plateau ou de l’oiseau. Il tire les deux yeux ouverts, légèrement de profil pour mieux répartir le poids, l’arme bien alignée dans un mouvement d’accompagnement qui va le plus loin possible.
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