Un calibre de battue : le 35 Whelen
Voilà un calibre que l’on commence à rencontrer, particulièrement en battue, exercice auquel il est particulièrement destiné. Comme bien souvent il nous parvient des Etats-Unis, et c’est à l’origine un « wildcat », c’est-à-dire un calibre « bricolé », mais quand même pas seulement par des amateurs on va le voir, et qui a réussi puisque popularisé par Remington.
Son origine est assez controversée, puisque né en 1922 sous la paternité du colonel T.Whelen (1877-1961) commandant de l’arsenal de Philadelphie qui n’en n’a jamais revendiqué la paternité, et sans qu’on soit sûr qu’il n’ait jamais chassé avec. Mais sous ses ordres travaillait comme chef d’atelier, James V.Howe, le futur associé de la fameuse maison Griffin and Howe spécialisée dans les carabines custom de haut niveau. Et l’on peut penser que c’est à partir d’un fusil Springfield 1903 que ce dernier eût l’idée d’évaser une douille de la munition réglementaire US 30-06 (qui est un 8 mm) pour tirer une balle plus grosse de 358, soit 9 mm. On reprit, un peu plus tard cette idée, mais avec moins de succès (un seul chargement en France !) pour faire le 358 Winchester en élargissant de la même manière une douille de 308 W.
On le comprend aisément, ce 9,12 X 63,5 est donc assez proche de notre très classique en Europe 9,3 X 62 qui est un poil plus puissant quand le 35 W recule moins mais avec un canon long. Il fut mis en lumière lors des polémiques qui font le miel encore de nos jours des spécialistes US quand Elmer Keith tua en 1937 avec, son premier ours en Alaska. C’était le grand partisan des balles « lourdes » et adversaire de Jack O’Connor le « pape » du 270 Winchester (ci-contre à dr.) qui, tout au long d’articles et de livres abondamment documentés, prônait les balles légères à trajectoires tendues. Tous les grands chasseurs de l’époque (Hemingway, etc.) prirent position et s’écharpèrent sur le sujet, et le débat est encore loin d’être clos…Nous reviendrons bientôt sur cette littérature intéressante pour tous les chasseurs, mais méconnue chez nous.
En ce qui nous concerne nous européens, ce calibre véritablement manufacturé en 1987 par Remington (homologation CIP seulement en 1994 et donc très récente !) dans sa R 7500 à pompe, a été commercialisé en France par Rivolier qui avait déjà popularisé le 280 Remington, quasi clone américain du 7X64 le plus courant des calibres rayés chez nous. On le rencontre donc surtout dans les armes semi-auto de la marque Remington que l'on voit ici.
Sur le plan balistique le 35 Whelen offre un panel de balles de 181 grains (11,7 g) blindées d’entraînement pour le sanglier courant à 250 grains (16,2 g) qu’il faudra choisir selon le célèbre adage à ne jamais oublier en battue « à gibiers lourds, balles lourdes ». La vitesse à 100 m est toujours conséquente : 700 m/s, la puissance itou : 3200 joules, la distance optimale de réglage (la fameuse DRO) étant à 170 m en général. La flèche à 250 m de 4 cm, et d’une bonne quinzaine à 400 m (voir le diagramme ci-contre à g.) montrant qu’elle n’est pas destinée au tir à longue distance. Une bonne gamme d’une douzaine de chargements est disponible dans notre pays, mais beaucoup moins quand même que la quasi centaine du classique 9,3X62 qui reste le calibre le plus polyvalent pour les battues, pourvu qu’on choisisse bien sa balle.




