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21 septembre 2017

La chasse qui change ? L'ouverture aussi...

Je pense que sur ce petit site sans prétention nous sommes quelques-uns à pouvoir aligner quelques ouvertures par dizaines au compteur, et noté quelques changements. Souvenez-vous autrefois, les veillées d’armes, les préparatifs fébriles de la semaine précédente à retrouver une bretelle égarée, refaire le plein de cartouches…

ouverture

Les plus assidus, ceux qui avaient déjà fait l’ouverture « gibier d’eau » étaient moins démunis, car ils avaient pris de l’avance, et leur chasse particulière exigeait presque d’être sur le pied de guerre toute l’année.  Mais pour  les chasseurs de petit gibier devant soi, les « communaux », les ruraux, la sacro-sainte ouverture avait tout de la date fatidique qu’en campagne tout le monde, même les non-chasseurs connaissait. Les relations de bon voisinage qui, quelques jours plus tard allaient impliquer des offrandes de gibier toujours bienvenues en campagne où elles rompaient la monotonie de la sempiternelle volaille suivant la messe dominicale, amenait entre « vésins » et « connaissances » des renseignements toujours appréciés sur la présence du capucin dans tel ou tel endroit inattendu. Car tout chasseur du cru, rural arpentant ses champs tous les jours que le Bon Dieu fait, connaissait par cœur les « places » à lièvre, la remise des compagnies, et quand la saison s’avançait les alentours des garennes à fréquenter en fin de matinée pour éviter « la bredouille ».

De nos jours, les chasseurs-agriculteurs ont quasiment tous disparu. La chasse en campagne existe certes toujours, mais elle est exercée par des retraités de plus en plus citadins moins concentrés sur leur territoire, qui profitent des nouvelles possibilités offertes par une chasse qui a beaucoup évolué. Il y a de plus en plus de permis bi-départementaux voire nationaux et  donc à même de pouvoir profiter d’ouvertures  décalées. La quasi disparition du petit gibier naturel, les communications plus rapides, si les moyens financiers suivent, ne les rivent plus à leur territoire d’origine. L’arrivée du sanglier et du grand gibier modifie les habitudes, et les carabines tendent, au râtelier, à laisser le vieux « deux-coups » hérité du grand-père prendre tranquillement la poussière.

set et fais

Le chasseur « moderne » va aussi pouvoir happer les nouvelles possibilités qui s’offrent à lui : la ronde du ball-trap estival,  les diverses régulations (corvidés, ragondins) et battues  tout comme le renouveau des gibiers sauvages (pigeon, canard) qui sont des chasses où la technique prend plus ou moins  le pas sur la connaissance du terrain. Mais surtout, ces chasses nécessitent de s’adapter sans cesse, d’être comme on dit «  dans l’air du temps ». Autrefois on ne s’embarrassait pas de toutes ces connaissances jugées superflues, et de ces matériels acquis d’un simple clic sur un écran d’ordinateur. Le bon chasseur n’était pas celui équipé du fusil dernier cri, et de toutes ces babioles, mais celui qui connaissait son terrain. Il se confrontait à ses pairs d’une chasse  qui, comme la vie villageoise a disparu peu à peu. Habile au tir ou non, c’était bien le diable s’il ne mettait pas au carnier une pièce ou deux par journée de chasse.  Ah, il est bien loin le temps où se comparait à l’estaminet le poids du capucin qu’on avait fait bouler dans le vallon voisin : le curé est parti, l’école a fermé, le bourg ne résonne plus le dimanche matin  de l’ouverture du récri des chiens qui  depuis quelques jours de préparatifs fébriles de leurs propriétaires, avaient tout compris. Et si on les entend encore ce n’est plus qu’épisodiquement, en passant  à toute allure dans la carriole tressautante tractée par un gros 4X4 sautant allégrement d’un point de lâcher à l’autre. 

==hn

A la chasse comme dans la vie seuls les sots parait-il ne changent pas d’avis, et l’intelligence active n’est faite que d’adaptation perpétuelle. La survie de notre loisir, attaqué de toute part et de manière de plus en plus insidieuse sur ce qu’on appelle les « réseaux sociaux » ne peut rester figée dans les souvenirs mirifiques d’un âge d’or, celui de l’après-guerre dont les derniers survivants nous quittent peu à peu. Notre génération, celle d’une transition –le mot est à la mode ces jours- « en même temps »  a un peu connu et vécu à cheval sur les deux.  Que peut-on dire, sinon que c’’était une autre époque, d’autres mœurs, une autre chasse finalement ni meilleure ni pire que celle d’aujourd’hui ? Allez, les amis, il ne faut rien regretter de ce que la vie, et la chasse nous a donné… et bonne  ouverture quand même à tous !

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