Visées "fer", et autres "anneaux fantômes"
Les points rouges et aides à la visée comme les lunettes dites « de battue » de faible grossissement (1-3X20) le plus souvent ont relégué au second plan le tir traditionnel « à la papa » où on lâchait avec son vieux Robust, ses deux balles Brenneke sur un ragot de passage guère bien différemment que sur un perdreau.
Pourtant, il n’est que d’observer ce qui se passe autour de soi, les fusils lisses sont encore bien là, et peu s’encombrent des appendices disgracieux dont on parle pourtant assez souvent ici. Ces aides à la visée doivent être installées par un armurier pour être efficaces et précises, peuvent coûter un bras et tout le monde n’est pas prêt à sacrifier un fusil s’il faut aller, sur sa « communale », à la traque seulement deux fois par an.
A peu de frais on peut conserver la polyvalence de son fusil habituel et juste l’améliorer un peu, notamment pour le tir à balle qui sera bien plus fréquent du fait de l’arrivée massive du sanglier sous nos cieux bocagers. Les bandes ventilées communes désormais, se prêtent bien au positionnement de visées ouvertes qui alignent un peu mieux le canon du fait d’une visée en deux points qui peut être en V, en U ou en carré. D’usine, de la peinture luminescente ou non peut contraster le fond du décor pour saisir plus facilement la cible en mouvement.
Mieux, des produits comme le tritium ou des fibres optiques dont on peut jouer sur les couleurs (guidon rouge, points de hausse verts) améliorent encore la rapidité d’alignement, faculté qui pourra même donner un plus à la billebaude, notamment pour les chasseurs âgés dont les facultés d’accommodation se réduisent peu à peu. Dans cet ordre d’idée, les anneaux « peep » ou « ghost rings », très populaires aux USA, notamment sur les carabines à levier de sous-garde sont encore un atout supplémentaire car, plus près de l’œil, en raison de la manière dont la pupille se contracte, ils apparaissent flous au premier plan (raison de l’appellation de « fantôme ») et dirigent plus vite la vue sur la cible qui apparaît plus nette.
Par contre leur fixation, plus près de l’œil nécessite des embases qui n’existent, d’entrée que sur certains semi-automatiques ayant prévu le tir à la lunette de gabion. Les armes ayant prévu de telles dispositions sont bien sûr idéales pour l’adjonction éventuelle de toutes les aides à la visée modernes, adaptées à l’emploi de balles « techniques » pour fusils lisses.
Ces visées ouvertes, un poil améliorées garderont des adeptes car elles sont simples, ne se dérèglent pas, résistent aux intempéries, et ne changent pas l’équilibre de l’arme. Pour les armes rayées la précision théorique de ces visées « fer » traditionnelles qui est de 300 mètres est ramenée à 100 par la plupart des utilisateurs US qui, à 65% l’utilisent encore pour le whitetail, preuve s’il en est qu’elles ne sont pas dépassées pour une chasse il est vrai d’approche-affût. A la battue, on tire plus près, mais plus vite encore et cette visée, certes un peu moins précise que l’aide optique voire électronique, peut aussi mieux correspondre à l’éthique de ceux qui veulent tirer plus simple et plus proche de ce qu’ils font habituellement. Seule peut-être la baisse des coûts continuelle des artifices « modernes » peut la menacer.



