Un beau souvenir de l'armurerie stéphanoise : la carabine Alpine Gaucher
L’affût-approche, le tir du chevreuil d’été, la chasse en montagne ont remis au goût du jour les kipplaufs, carabines à un coup légères et maniables suffisantes pour une balle bien ajustée sur un animal, le plus souvent immobile. « L’Alpine » de chez Gaucher nous ramène à une époque bénie, celle des années 80 où on pouvait encore, et sans trop de frais se faire fabriquer à St-Etienne une belle arme précise.
Conçue en 1984, abandonnée un moment puis reprise en 1989, cette carabine se positionnait sur un créneau à l’époque occupé par les armes artisanales des pays de l’Est, mais à un niveau bien supérieur de prix car Gaucher, firme de la rue Neyron, à St-Etienne, produisait depuis la fin des seventies le Simplarm, copie du fameux Simplex de la Manu, mais avec une bascule un peu plus fine car réduite en épaisseur. On y retrouvait la fermeture avec un seul verrou large en fond de bascule, manœuvré par la même clef faisant également office de pontet. Les canons (51 cms) venaient de chez Delcourt à Liège dans deux calibres assez bien choisis : le 7X65 R clone à bourrelet du 7X64 calibre standard de la chasse au grand gibier de l’époque capable, de tout tirer en France, selon la balle utilisée, mais surtout le 6,5X57 R (1), plus plat que le 6,5x55 Suédois (0,38 m contre 0,46 à 300m).
Pesant moins de 3 kg, elle était compacte (92 cm) et surtout démontable rapidement en deux fardeaux faciles à placer dans le sac à dos. Les bois étaient simples, seule la détente s’avérait un peu dure (2kg) ce qui, avec la bande de battue (inattendue pour une telle arme où l’on n’est guère susceptible d’avoir à doubler ? ), semblait vouloir ménager, vis à vis de la clientèle, une certaine polyvalence. Un sentiment renforcé par le catalogue où on se rendait compte que pour 1000 F de l’époque (soit un cinquième du prix de l’arme) on pouvait lui faire adjoindre un stecher, et même faire graver à son nom la bascule, dans une époque où St-Etienne recelait des bon nombre d’artisans capable d’effectuer ces finitions.
Avec une lunette basique de l’époque genre 3-6X45 Bushnell, la facture ne dépassait pas 7000 F soit 1100 environ de nos euros actuels. Un chiffre à mettre en perspective avec sa cote de l’occasion qui est de 620 euros de nos jours où, même si elle est rare, elle se montrerait, dans ces deux calibres efficaces, une bonne affaire.
1/ Le 6,5X57R, tire des balles de 8,2 grammes avec une DRO à 165m vitesse 842m/s et 2325 joules à 100m, et encore 1490 à 300m.

