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13 septembre 2020

22 : du "long"...au "rifle"

Avec des milliards de petites cartouches fabriquées et tirées par an, on croit tout connaître de la minuscule munition dont la balistique reste cependant assez méconnue. On préconise tirer efficacement de 25 à 30m., les cibles habituelles sont prévues pour 100, voire à la limite 150 mètres, mais les militaires du début XXè s’en servaient pour l’entraînement des cadets et des recrues (1) jusqu’à 200, et il existe même de l’ultra à plus de 300 m, alors ?

250px-22_Long,_22_LR,_22_Winchester_Magnum

 

Fondé en 1887 par Stevens, le « long rifle » est une adaptation du « long » de 1871 tirant une balle de 29 grains (1,9 gramme) d’abord chargée à la poudre noire pour les petits pistolets (1), et trouvant vite son usage dans de légères carabines de campagne pour chasser toutes sortes de vermines à courte distance. L’extension des gaz étant complète bien avant la sortie du canon, le bruit était affaibli, le manque de pénétration ne posant pas trop de problèmes pour un tir de près qui, en sus, n’abîmait pas les peaux des « coons » pour se confectionner, entre autres, la fameuse casquette de Davy Crockett !

Fess parker cap b

Le « gros tas » de poudre noire expliquait la longue douille qui fit un peu godailler avec moins de poudre sans fumée, même avec les apprêts, mais elle entraîna alors une balistique très particulière. Les 1,2 grains de PSF, à vitesse standard subsonique (325m/s) et 150 joules à la bouche donnent une impulsion brutale de 15 000 psi et de fortes contraintes à la balle qui se dilate fortement pour prendre les rayures à droite au taux de 1/16 bien plus lent que la plupart des percussions centrales, ce qui n’est sans doute pas pour rien dans la longévité générale de ces canons donnés pour 50 à 100 000 coups. La vitesse progressive atteignant son maximum dès 19 pouces (sur un canon généralement de 28), les fortes contraintes sur la jonction balle-étui, obligent donc à sertir fortement ce dernier.

win tewenty two

La vitesse transsonique sur les munitions standard, ou même clairement frappées « subsonic » sur les boites, évite les turbulences de passage du « mur » du son, et le projectile évolue dans un air de plus en plus fluide, son « vol » au long cours étant alors bien moins perturbé. C’est ce coefficient de traînée quasi inexistant qui explique tous les avertissements de danger à des distances qui nous semblaient exubérantes à l’époque où nous l’utilisions à tort et à travers dans nos campagnes des seventies (2). Sa précision est donnée pour 1 MOA (une minute d’angle soit 20,09 mm) à 50 m. voire deux (58,18mm) à 100 m. mais on peut faire mieux selon l’arme et les optiques, surtout en fonction du vent pour les raisons évoquées plus haut : petit projectile lent, mais qui subissant moins de contraintes conserve encore à 500m (temps de vol 2 secondes) 55% de sa vitesse initiale. C’est cette particularité qui donne en effet à réfléchir et incite, comme les « grandes » à bien prévoir « enterrer » sa balle !

win super X

Paradoxalement, ce sont les hyper véloces genre « Stinger » qui, avec de nouvelles poudres ont fait revenir sur le devant de la scène la balle de 30 grains, sachant que le 22 Long est toujours produit à des performances un peu supérieures au standard : 368m/s et 123 Joules (contre 316 et 91), toujours dans son utilisation « nuisibles », son faible bruit, et recul bien sûr, comme toutes les 22, inexistant.

long

1/Le 22 Short, variante en 1857 de la 9 mm Flobert pour le Smith/Wesson N°1 connut son heure de gloire à la vitesse olympique discipline passée depuis au 22 LR, consistant à expédier à 25 m., 5 balles sur 5 cibles dans un laps de temps de plus en plus rapide. Dans une carabine sans silencieux il est moins bruyant, et dans une bûche du garage pénètre aussi profond qu’une 22 LR standard ! Par contre, tout comme les bosquettes, il use à la longue la prise de rayures du fait du « temps de vol » la précédant.

2/Les « d’jeuns » de nos jours qui ont remplacé les « teenagers » que nous fûmes, ne font guère mieux, le journal Ouest-France signalait en 2013, dans l’Eure, un gamin ayant essayé son « cadeau de Noël »…en tuant un cerf avec trois copains près de la Ferté-Vidame. Et « Sud-Ouest » en 2015, un essai ayant mal tourné, la balle ayant terminé sa trajectoire dans le boitier de commande de l’installation hydraulique de la ferme voisine…et 65 000 euros de dégâts à la clef !

 

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