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21 septembre 2020

Avant l'ouverture, quand on tirait "à la planche" !

Dans le cadre des menaces sur le plomb, et des nouvelles dispositions acier, voilà bien un vieux truc qui, avec le rechargement, pourrait bien revenir d’actualité, et pourquoi pas donc, redonner du crédit à la réponse à deux dimensions, d’un problème qui en pose trois ?

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Il y a bien longtemps, en 1955, passant chaque vacance d’été dans les Dombes, chez son Pépé, le garçonnet devenu maintenant septuagénaire qui prend la plume ici, prit certainement goût à la chasse car dans ces semaines précédent « L’Ouverture », où après de fiévreuses soirées à jouer de la dosette et du sertisseur, sous l’abat-jour de la cuisine, il s’agissait maintenant de « faire peuter » comme disait l’aïeul avec son inimitable accent traînant bourguignon ! Deux ou trois fusils étaient sortis du râtelier, le fond du jardin réquisitionné, et entre deux plans de tomates, les « cabinets » interdits car tapissés de larges pages centrales du « Progrès de Lyon ». Toute la famille reculait prudemment derrière les rames de flageolets, se bouchait les oreilles dans l’attente de la déflagration, et puis on allait ensuite comme on l’apprendra plus tard, sous les drapeaux, « au résultat ».

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L’objet de tout ce remue-ménage familial n’était plus de voir si le tir était un poil haut ou bas (1) avec des armes éprouvées depuis l’après-guerre (celle de 14…il était de la classe 17 !), mais surtout si « ça groupait ». Comme Monsieur Jourdain qui sans le savoir, faisait de la prose, le bon grand-père cherchait à « modéliser » ses séries de cartouches, car en tant que garde particulier il effectuait aussi du tir à distance sur prédateurs, et pour lequel il ne s’embarrassait guère : son vieux dix à chiens (de chez Herzog à Lausanne), étant abonné une fois pour toutes, à la « neuf grains » ! Aux faibles vitesses, guère plus de 350m/s auxquelles il farcissait ses douilles carton, il constatait juste que les petits plombs s’organisaient mieux. Cette vue simpliste lui suffisait, il garnissait en 7 pour tout, à une époque il est vrai, où le gibier était abondant surtout là-bas, autour de Bourg-en-Bresse.

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Il observait donc, avec ses moyens, en deux dimensions, l’effet de la gerbe que la roue de Griffith, déjà, avait modélisé en trois, avant que R.Brister (2) affine le processus en tirant sur une remorque tractée laborieusement par sa patiente épouse, quand l’acier commença à s’imposer comme substitut au plomb en zones humides. Il s’agissait de tenir compte de la vitesse relativement lente de la cible entre le moment où l’avant de la gerbe l’atteint, et l’arrière du « nuage » en forme de larme, la dépasse. A charge et vitesse standard, les vieux manuels donnaient 4,5 m. pour le plomb, et 3,35 m pour l’acier, une différence donc d’un bon tiers non négligeable, paradoxalement indiscernable comme le prouvèrent ses essais, avant 40m.

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Par contre, c’est après qu’il vit des phénomènes de désagrégation inconnues avec le plomb. La longueur de la gerbe est en effet liée au type de métal employé, et à la déformation qui en découle. Si les billes restent bien rondes, et c’est le cas de l’acier qui se déforme moins, la gerbe est plus courte, mais leur moindre densité les disperse plus vite et isolées elle sont moins vulnérantes, et c’est ce qui explique qu’au départ, les fabricants mirent plus de vitesse pour compenser ces effets. Ce qui marchait « à la louche » avec 36 grammes de plomb comme mon bon grand-père et ses émules des années soixante, se trouvait tout à coup bouleversé.

Si toutes les charges étaient identiques, passe encore, et une petite différence d’un grain (15,3 grammes) de poudre dans la cartouche peut faire une différence énorme sur le terrain, surtout si vous êtes « limite », et ça, si vous ne testez pas, vous ne le saurez pas ! La sauvagine a mis des années avant de trouver un équilibre à l’aune d’un gibier moyen, le colvert, qui ne représente pas l’énorme diversité de la chasse devant soi…du chevreuil à la bécassine ! La taille de la charge avec le large éventail de métaux (bismuth, cuivre, tungstène, etc.) va être un véritable casse-tête, et c’est en cela que l’acier, moins cher, et ayant fait l’objet d’études particulièrement documentées chez les anglo-saxons, risque bien de s’imposer.

Tableau-Vitesse-Distance

Il est toujours amusant d’en discuter et de couper les cheveux en quatre, mais il y a tant de variables pour apprécier la charge (dureté, sphéricité, taille de la grenaille, type de bourre, de poudre, d’étuis, d’amorces, de vitesse, de chambre, d’alésage, de chokes) qu’il est difficile de généraliser, mais tentons néanmoins de faire simple en deux mots. Dans la limite des chokes, les billes les plus dures auront tendance à mieux rester groupées, et les plus grosses auront un pourcentage de groupement plus élevées en mettant moins de rétreint. Vous l’aurez compris, à l'avenir si le plomb est banni, et l'acier plébiscité, il faudra « déchoker » !

1/ On ne s’en préoccupe plus guère de nos jours, mais faites l’essai si vous en avez plusieurs, les armes groupent différemment plus qu’on ne le croit en fonction du type de chokes et de munitions.

2/ Voir nos archives récentes des 11 et 19 juin.

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