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8 janvier 2021

Au "vent" du 22 LR

Il fallait s’y attendre, comme c’est toujours le cas avec ce calibre controversé, tout le monde n’est pas forcément d’accord avec notre conception de l’utilisation disons « rurale » du minus. Et bien sûr, la joute toute amicale qui s’est engagée avec la cohorte des usagers des « hautes vitesses », (ce qui est déjà fort discutable dans la cambrousse, mais passons…) nous permet de préciser nos arguments.

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Dans l’utilisation « ennemis des cultures », sur plan d’eau balisé (dont on voit d’ailleurs un bout sur la photo du bas, dans notre archive du 14 décembre), il s’agit de distances de tir dûment répertoriées et répétitives qui reproduisent celle du stand, et se rapprochent donc de qu’on y utilise : 22 Standard, ou mieux ici, Subsonic. La raison invoquée de ces choix des tireurs de précision (meilleure résistance à l’air de la faible vitesse), rejoint celle de l’ emprise au vent, rarement absent dans notre utilisation « outdoor ». Tout se passe pour le 22 LR, et c’est le seul calibre où cette plage de vitesse est primordiale, autour du seuil sonique : l’énorme différence entre le Standard (en gros 346m/s) et l’hypervéloce (400m/s et +), ce dernier souffrant autour de 37% de sensibilité au vent supplémentaire malgré les petits 50m/s d'écart.

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Si le vent de face et d’arrière ne dévie pas le projectile, il allongera ou raccourcira le temps de vol, puis la gravité jouera peu à peu son rôle. Par contre un vent traversier à 90° est une masse en mouvement qui accompagnera la balle, et le dernier tiers de son chemin aura plus d’importance car elle ira plus lentement dans une période plus longue de cette masse en mouvement. C’est ce qui explique les « compensations » régulièrement admises illustrées par le cliché ci-dessous : la flèche représentant la direction du vent, le point l’emplacement de la balle par rapport au réticule, « head wind » vent de face, et « tail wind », vent arrière. Ajoutons que le vent n’a pas prise sur le « spin » ou dérive de rotation gyroscopique de la balle, courbure de trajectoire vers le sol de la balle liée au sens des rayures, à gauche ou à droite qui est un phénomène indépendant.

A l’extérieur vaut mieux un souffle constant que des « sautes »  de vent, et aux distances de tir des « nuisibles » il joue moins que la disposition confortable et ergonomique du poste ou les changements de luminosité liés à la couverture nuageuse. La longueur des canons a aussi fait débat. Bien sûr, les observateurs « pointus » nous ramènent à la théorie : 16 pouces pour les hypervéloces genre Stinger (454m/s), 18 pouces les hautes vitesses (393m/s), 20 pouces les standard et subsoniques (moins de 333 m/s). Bien sûr, toutes nos vieilles trappanelles aux allures de cannes à pêche, vont ralentir encore plus les munitions standard…et moindre mal si un coup par-çi par-là, on tire une HV, la transition sonique ayant plus de chance de s’effectuer dans un endroit stable (c’est-à-dire le canon !) plutôt que dans l’atmosphère !

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Les balles ? On a déjà parlé du choix 40 grains (voir archive du 23 décembre dernier), et de l’option « lourde » (60 grains) seulement représentée pour le moment sur les étagères des armuriers, par l’Aguila SSS. Le taux de torsion de 1/16 est tout à fait capable d’emmener à 324 m/s cette balle plus longue, donc au coefficient balistique un peu amélioré par rapport à ce qu’on voit d’habitude en 22 LR, avec 25% d’énergie en plus et donc admissible pour notre « varmint » hexagonal au petit pied. Mais vous avez vu la longueur de l’étui (ci-contre à g. face à une 22 "normale") ? Et où y mettre assez de poudre, sinon à redescendre par exemple autour de 50 grains…ce que fit un moment Winchester (42 grains) avec sa Super Silhouette ? Ci-dessous à dr.

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Actuellement (Shot Show de Las Vegas 2020) c’est ce que propose l’entreprise Cutting Edge Bullets avec des monolithiques cuivre de 30 à 50 grains, (ci-dessous- à g.) et taux de torsion requis adaptés de 1/6 à 1/16, dont le but est d’être précis, oui…oui, en 22 LR à 500 m ! Faudra juste s’associer aux « géants » du calibre (Eley, CCI, Lapua, RWS et consorts) dont on peut s’interroger qu’ils n’aient pas déjà creusé l’idée, mais avec pas mal d’écueils quand même à surmonter.

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Le cuivre est plus dur et surtout plus léger que le plomb, il sera plus rapide au départ, nécessitera plus de pression donc moins de charge, et des poudres adaptées et dans ce cas, une cohérence d’étuis, d’amorces, de sertissage, bref un retour d’investissement sûrement aléatoire à moins d'avoir les reins solides comme certaines "majors" de l'encartouchement mondial. Par contre le meilleur coefficient balistique (coiffe en polymère, profil aérodynamique) conservera la vitesse plus longtemps avec moins de dérive au vent et de spin. Le prix (on parle de 0,50£ la balle !) la réservera à quelques amateurs, les limites structurelles de la petite munition même avec ce nouveau design de projectiles, étant de l’avis unanime autour de 200m. largement dépassées. La « minute de ragondin » dont certains nous disputent l’utilité, avec le vieux matos (Anschütz 1315), qu'on utilise depuis des lustres et gavé à la même pâtée, n’a encore rien à craindre…

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