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28 janvier 2021

22 LR : le mur du son...et des 100 mètres !

Nous l’avons tous remarqué, même en précisant bien que nous ne sommes pas ici chez les tireurs sportifs ni dans leurs conditions optimum d’utilisation, (stand couvert, bien calé, etc.) que c’est  bien là, autour de 70 m. que ça commence à se corser pour nous autres, vulgus pecus du tir à la campagne…

brow

 

Justement, voyons ce qu’en disent les tireurs. Georges Stidworthy qui fut un des meilleurs aux fameuses épreuves de Camp Perry, dans les années 70 parvint à mettre 40 coups à la suite à 100 m. sous la minute d’angle soit 29,9 mm. Voir ci-dessous ce que ça donne. En 1937, la Winchester modèle 52 battait le record de 1934 qui était de 1,5 MOA pour l’abaisser à 1,25 sortie d’usine, au banc d’essai. Donc, ce qui semblait logique avec l’amélioration des canons et des munitions semblerait encore difficile à dépasser de nos jours. A un autre niveau bien sûr pour les tireurs sportifs, mais quand même, ce qui tient à 50m aussi pour nous, semble s’effondrer à 100 parce que le rechargement qui n’existe pas en 22 LR (contrairement à la percussion centrale), ne peut s’ajuster aux contraintes balistiques. Il faut tout simplement inlassablement tester dans l’offre pléthorique de munitions proposées sur le marché.

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C’est ce que font les tireurs sportifs, certains disposant de chronographes ayant même constaté sur les munitions « match », des variations de 2 à 9 m/s. Des écarts minimes certes, mais qui ne sont pas sans incidences sur une munition très lente, qui met du temps à quitter le canon. Le recul est bien sûr à première vue inexistant ou faible, mais tout manque de contrôle se paie cash immédiatement. C’est ce qui explique aussi la moindre précision des semi-automatiques, (auxquelles nous n’avons hélas plus droit), la plupart du temps à culasse non calée, le va-et-vient mécanique nuisant au maintien en ligne. Il s’agit donc d’utiliser les accessoires de tir (sac arrière, trépied, bretelle) à plein potentiel, bien sûr de « lire le vent » (1) et d’acquérir certains reflexes d’entretien comme le « flambage » des canons bien connu sur les stands. L’encrassement, les résidus divers de poudre et de solvants peut entraîner avec la chaleur une lubrification augmentant la vitesse moyenne des premiers coups mesurée parfois de 3 à 15m/s, et donc des flyers hauts inattendus.

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L’usage « rustique » à des distances raisonnables, que nous préconisons, disons autour de 50-70m. étant moins exigeant en précision nous exonère, à tort, de toutes ces préoccupations. On a d’autres contraintes, de luminosité, de météo, de positionnement hasardeux en fonction de tirs d’opportunité où le grossissement 4 permet un placement pas toujours idéal, mais satisfaisant à ces distances où on se contente « que ça tombe ». Surtout qu’il s’agit de simple « régulation »…Nous sommes là, dans le même esprit que celui qui oppose aux USA les « varminters » et les tireurs de « bench-rest » : quelle précision demander à 100m. si on veut encore  être précis à 2 ou 300 et plus ?

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 Le second doit rééditer des groupes de 5 coups parfois dans un quart de pouce (0,6 cm) à 100m. quand le premier se contentera parfois de dix fois plus large, mais toujours en zone létale en option chasse, où on ne peut cependant s’y reprendre à plusieurs fois car ce qui compte, c’est de frapper le gibier dès le premier tir. Mais il faut suivre malgré tout, les principes et conseils des tireurs et agir dans cet ordre : choix de la munition (2), de l’arme (si possible lourde et stable), position du tireur, notamment le suivi du tir qu’on néglige le plus souvent, on l’a vu plus haut, parce qu’il n’y a pas de recul et qu’on tire le plus souvent, avant que plonge le ragondin, au coup de bras, (et coup de doigt ?) un peu comme le sanglier au saut du layon !

On n’a pas l’habitude de ces fondamentaux, et disons plutôt que c’est quand la distance s’allonge sur le plan d’eau (dont on connait les innombrables points de repères liés au tir des poses de canard), et qu’on commence à hésiter de tirer, qu’il faudrait patienter et les appliquer systématiquement. Nous avons le souvenir, sur lapin, il y a bien longtemps en 1971 un soir d’été à Quintin (22) d’un tel tir, sur une garenne, visée fer et une Anschütz à un coup, après un long conciliabule pour savoir si on tentait le coup ou non, et l’application de tels préceptes : munition habituelle (sans doute une vieille Gévelot qui trainait au fond du paletot ?), hausse à fond, bretelle engagée dans le coude, appui sur un muret, respiration maîtrisée, une fois, deux fois, trois fois sur le métier remettant son ouvrage…et tir « lâché », presque en désespoir de cause, car il n’y avait pas de pression face aux copains, vu la distance…90 m. mesurés ! Cinquante ans après, on s’en souvient encore…

mary keys

1/ Voir notre archive du 8 janvier dernier.

2/Certaines particulièrement renommées comme la Eley Tenex connaissent une constante évolution. Lançée en 1951 son chargement fut amélioré en 1979 par l’amorçage à sec et l’injection de poudre soigneusement contrôlée désormais depuis 2001 par l’électronique. Elle fut dès 1960 la référence des meilleurs tireurs (125 médailles olympiques depuis 1964) comme Lones Wigger, battu en 1971 battu par une écolière (Mary Keys ci-contre) qui l’utilisait elle aussi ! Ce qui put faire dire au grand champion en tapotant malicieusement sur la boîte la mise en garde « tenir hors de portée des enfants » !

 

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