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30 septembre 2021

Corps rond, ou action rondement menée ?

Certains termes ont tendance à être utilisés à tout propos, ou de manière interchangeable dans notre monde des armes où ils répondent à une traduction approximative de termes armuriers anglo-saxons qui peuvent être souvent plus précis que les nôtres. Les bascules « round action » ne sont pas que des flancs arrondis pour la cosmétique, et qui répondraient à d’hypothétiques « corps carrés », qui n’existent pas.

MacNaughton Patent Drawing

La paternité en revient à l’armurier écossais James Mac Naughton qui déposa le premier brevet en 1879 de ce design lequel cachait, en fait, un mécanisme original. Toute la batterie était fixée sur la plaque de détente, elle-même amovible pour nettoyage et réglages, ce qui évitait en sus, d’avoir à percer les flancs de bascule pour y monter vis et pivots et donc à l’affaiblir. Ce qui permettait d’enlever du métal excédentaire ne jouant aucun rôle dans la force de cette bascule, les flancs étant sollicités en torsion, et le fond en compression. Tout au centre, un long levier supérieur parfois doté d’une petite fenêtre en cristal pour constater où on était, faisait office d’armeur. Il n’y avait plus rien dans le devant, l’ouverture des canons était accentuée, les extracteurs poussaient les cartouches plus loin. Le mécanisme interne était parfaitement centré employant des pièces plus solides et faciles à fabriquer, et d’accès immédiat pour l’entretien.

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Ce système fut repris l’année suivante par John Dixon, autre entreprise écossaise (1)… où Mac Naughton avait été apprenti sans qu’il n’y ait jamais eu de procès, malgré la concomitance suspecte de ces dates...En 1890, ce dernier y ajouta des subtilités comme un brevet pour des éjecteurs automatiques, mais on a surtout retenu cette amélioration esthétique, mais aussi ergonomique. Il n’y avait pas de rupture de galbe entre la longuesse, la bascule, la crosse, ni d’arête vive pour casser les courbes et manier l’arme à son point d’équilibre sur l’articulation avec le devant. S’agissant au départ de systèmes « bar in wood », (2) la marge d’erreur était minime pour les monteurs en bois, employant nécessairement des noyers de grande qualité car toute la partie avant  de la crosse était plus fine. Les risques de fissures au fil du temps étaient notamment avérés, un peu comme nos Darne contemporains de cette même époque.

SZAnKIG

Au plan esthétique, la gravure était plus compliquée à effectuer, mais offrait des effets de relief plus appuyés, et les formes synchrones fluides comme de beaux motifs foliés pouvant se développer sans rupture sur les côtés et le dessous. Ce système plus avantageux sur les juxtaposés où le boitier est nécessairement plus large fut repris ensuite sur des actions Anson ordinaires où seuls les « coins » étaient arrondis, et bien sûr pour les superposés. Toutes les grandes marques ont repris ce design, mais l’action est perpétuée actuellement par D.McKay-Brown et Boxall and Edmiston. Parmi les marques italiennes les superposés permettent des gravures spectaculaires (Rizzini, Fabarm Elos, Guérini Ellipse), et Zoli avec le Pernice a conservé le groupe détente amovible. Toutes ces armes sont conformes au principe selon lequel la forme doit suivre la fonction qui, elle-même,  crée l’organe, pour être agréable à l’œil…comme on peut le constater ci-dessous n’est-ce-pas, sur ces autres…corps ronds !

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1/Fondée en 1830, elle reprit Mac Naughton en 1947.

2/Les armuriers écossais préféraient la notion « skeleton » (squelette) pour cette technique qui minimise l’emploi du métal et rend le raccord au bois plus élégant.

 

 

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