21 Sharp : l'avenir du 22 LR ?
Maintes fois ici, nous avons extrapolé sur le futur de cet ancien calibre à percussion annulaire, toujours best-seller mondial de la production de munitions, mais dont le rendement balistique est obéré par un projectile resté ensablé dans la réflexion de l’ingénieur Minié, datant du XIXé siècle. Le 21 Sharp qui vient d’être déposé SAAMI cet été par Winchester peut-il révolutionner le secteur ?
En gardant les contraintes de pression (21 000 psi), du 22 LR seule la balle change : 25 grains et 522m/s avec canon de 24 pouces (60 cm) et un taux de torsion de 1/12. Faudra juste changer le canon, pas l’action car l’étui reste rigoureusement le même, et cette nouveauté répond sans doute à plusieurs objectifs. Le marché du PRS demandant des munitions de précision monte en flèche, et les possibilités de « sans plomb » peuvent répondre à la législation de certains états américains. Il y a tout à coup plus d’options de balles gainées à fort coefficient balistique (boat tail, coiffes polymères) mais qui devront être fabriquées avec une grande précision pour s’adapter à la nouvelle chambre et donc plus chères, et ces balles à enveloppe fine offriront plus de fragmentation et donc moins de ricochets.
Par contre au vu du passé, échanger la masse du projectile contre plus de vitesse n’est pas nouveau et ne donne que peu de gain : le 5 Remington magnum (1969-1984) fut tué par le 22 Magnum, et la Stinger (496m/s balle de 32 grains) fut rapidement doublée par les hyper véloces de l’époque (Golden bullets, yelllow jackets, etc.) que l’on retrouve modernisées de nos jours, comme les Aguila Super Maximum et CCI Copper : 30 et 21 grains, toutes au-dessus de 500m/s. Il y a 20 ans (2002) la sortie du 17 HMR, puis (2004) du 17 Mach II, et enfin (2012) du 17 Winchester super magnum partaient du même principe. Aux USA, gros consommateur au « plinking », mais aussi à la chasse aux nuisibles le Mach II, plus plat jusqu’à 110 m que le 22 LR souffrit d’être introduit après le HMR, et de son coût prohibitif face au 22LR (20 $ les 50 contre 5 $ pour l’entrée de gamme 22LR!). Elles sont comparées ci-contre à dr. La Vélocitor de 40 grains y est toujours massivement préférée à la Stinger, (assez proche en performances de la nouveauté 21 Sharp), par les chasseurs et certains réclament même le retour du 25 Stevens Rimfire (65 grains, 360m/s, 280 joules) à balle plus lourde et moins de vitesse…
Les USA sortent de trois ans de pénurie dans le petit calibre et de prix élevés faisant que les tireurs sautent sur tout ce qui bouge et leur a manqué dans cette période à la recherche de leur munition préférée, et il y a peu de chances que les concurrents de Winchester embrayent, même s’il serait pas trop difficile pour eux de s’adapter car l’étui reste similaire. Faudrait juste fignoler le sertissage, et bien sûr travailler sur les balles « vertes », équation pas si commode à résoudre avec les alliages nouveaux, et surtout un taux de torsion inadéquat pour des balles aussi légères. Bien sûr, il existe là-bas un marché avec les semi-autos à canons interchangeables style Ruger 10/22, et à la limite il aurait été presque plus simple, au lieu de partir d’une page blanche, de faire un 22 Magum paradoxal « court » qui aurait permis de garder avec à peu près les mêmes performances, action standard et canon tutti quanti…


