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4 janvier 2017

Le fusil lisse a encore sa place en battue

 La chasse  au grand gibier en France se développe, et avec elle la pratique  de la battue. De ce côté il y a autant de différences que de terroirs. Dans les grandes forêts domaniales on utilisera l’arme rayée dans toutes ses déclinaisons, mais est-ce une généralité ? De nouvelles pratiques (chevreuil d’été par exemple) voient le jour, sont encouragées par nos fédérations, mais est-ce la fin pour autant de l’arme lisse, celle de nos pères et que nous employons tous les jours.

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Avec un certain nombre de permis au compteur que constatons-nous ? Combien de chevreuils vus ou levés en 1970 ? On se refilait l’info quand on en voyait un par an aux lisières des grands bois, et encore pire pour le sanglier vu comme un événement rare faisant la une des rubriques cantonales de nos hebdos régionaux et la gloire du chasseur qui l’avait mis au tapis. De nos jours, toutes les sociétés communales, même les plus petites ont des « bracelets », et la ronde des battues se succède imperturbable toute la saison. Dans des régions de Bocage comme la nôtre il n’est pas sûr que l’arme rayée prenne le pas sur l’arme lisse, car celle-ci a également fait des progrès, qu’il s’agisse des munitions, des armes en elles-mêmes, et surtout des optiques.

Hormis dans les grandes chasses « à actions », chères, où par mode et mimétisme social aussi on passe à l’express ou à la carabine, on ne peut pas dire que l’arme rayée soit encore entrée dans les mœurs partout. La battue communale telle qu’on la connaît tous, met dans la ligne une population de chasseurs très hétérogène, et on comprend que ses responsables hésitent à laisser  certains hurluberlus (comme il y en a dans toute société humaine n’est-ce-pas ?), aller au poste avec une arme qui porte à des kilomètres. Notre terroir, il est vrai, ne s’y prête pas forcément, paysage de vallons, de bosquets où même le tir du chevreuil d’été relève plus de la chance que de l’efficacité pratique (1), ce qui explique d’ailleurs qu’il peine tant à s’y développer.

Or, au chevreuil dont la population a triplé (sources ANCGG) depuis 1989, commence à s’ajouter, et de plus en plus, le sanglier. De la même façon qu’il y a trente ans pour le brocard, on ne parle que de « pieds » vus ici et là, d’animaux abattus par les sociétés voisines, certains de grande taille. Une présence  épisodique, qui n’implique pas encore les dégâts agricoles qui feront immédiatement  monter la pression sur les Fédés de l’Ouest, mais qui peut inciter les chasseurs à mieux s’équiper car les battues face à ce nouvel adversaire devront, par force, être mieux organisées, plus efficaces, exactement comme ça s’est passé dans le Sud-Ouest voici une vingtaine d’années (2). Le classique fusil lisse, celui de papa juxta ou super, voire les plus récents « automatiques » sont-ils pour autant dépassés ?

Pas si sûr, parce que en dehors du problème de « culture » évoqué plus haut, tous les chasseurs disons « de base » ne franchiront pas facilement le pas d’aller vers l’arme rayée qui est non seulement l’entrée dans un « autre monde », mais aussi un problème de moyens, au moment où justement l’arme lisse fait de nouvelles propositions. On ne  va pas trop s’étendre sur les « pompes » dont nous avons parlé voici quelques jours parce la loi, selon certaines sources, est prête à les renvoyer dans les limbes d’où les « rayures non dispersantes » l’avaient momentanément extrait. Par contre les semi-autos qui sont légion chez nous peuvent désormais assez facilement se « customiser » grand gibier.

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Nombre d’entre eux (notamment ceux regardant vers le gibier d’eau et le gabion nécessitant la pose de lunettes) disposent de fraisages…facilement orientés « points rouges ». Le prix de ces derniers a considérablement baissé, car en lisse et surtout sur un semi-auto qui amortit le recul de munitions en plus beaucoup moins puissantes que sur l’arme rayée, ils ont moins besoin d’être solides. Ils deviennent du « consommable made in China », du niveau d’un bon choke spécial ou de rechange soit moins d’une centaine d’euros. Pour le chasseur lambda il sera assez facile de se dédier un semi-auto plus ou moins inutilisé avant sinon au canard, et qui ne servira plus qu’à ça. Il faudra juste se préoccuper de lui conserver une longueur suffisante (de 70 à 76 cms) pour une combustion optimum des poudres et l’efficacité des munitions dont nous allons bientôt parler et de chokes lisses ou approchant pour bien les porter (3). En cela, les « slugs » à canons court  d’une cinquantaine de cms sont une fausse bonne idée sinon pour la traque, leur maniabilité n’étant plus un atout au poste, où on ne bouge pas.

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Les nouvelles balles (Sauvestre, Fier, Exact, Duppo,etc.) ont obligé l’omniprésente  Brenneke a proposer aussi de nouvelles munitions, non seulement plus performantes côté balistique et lésionnel, mais aussi en précision. La balle-flèche qui a donné le la en la matière, (voir ci contre à g.) règle en effet entre 90 et 100 m. où elle tient dans une assiette si elle est tirée dans un canon long, et avec une optique bien réglée. On n’est pas loin de la précision de l’arme rayée ! A moins de 45 m. qui est (sources ANCGG) rappelons-le la distance moyenne du tir en battue en France,  dans les mêmes conditions de tir, ses balles tiennent dans un plateau de ball-trap ! Qui peut le plus peut le moins, pour tout ce qui se tire à plomb en battue, renard, chevreuil, l’efficacité sera encore accrue. On le voit, dans une société communale figée, où la carabine sera toujours regardée de travers, le chasseur de base ira plutôt vers cette option à trois francs six sous (4), facile et néanmoins efficace plutôt que d’essuyer les plâtres avec une arme nouvelle, chère, plus inquiétante…pour lui comme pour les autres !

1/ Nous ne sommes pas dans une région jouxtant les grandes forêts où systématiquement sont vus au crépuscule des dizaines de chevreuils allant au gagnage, multipliant les possibilités de tir en toute sécurité.

2/ Dans le Sud-Ouest (vu sur la chaîne des chasseurs et des pêcheurs), des petites sociétés qui n’ont qu’une poignée de membres, se financent sur leur vingtaine de bracelets, en en gardant quelques-uns pour eux, et en vendant 300 euros le week-end le reste à des citadins étrangers « guidés » par les meilleurs chasseurs de la commune. Lesdits « parisiens »  n’étant en rien grugés puisque profitant au passage de l’hospitalité et de la gastronomie du Sud-Ouest…bonjour au confit arrosé au Madiran !

3/ On ne recommandera jamais assez pour le tir à balle dans les fusils lisses de faire des essais. Le canon bas d’un superposé peut fort bien porter la Brenneke et détester la balle-flèche…et vice-versa. Et un laser d’une cinquantaine d’euros permet en deux coups de tournevis de régler facilement un point rouge. Et si on n’a pas de laser, on peut encore dégrossir en simbleautant à travers les canons…

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4/ Si on prend un semi-auto bas de gamme d’occase genre Baïkal ci-contre à g. (à 200-300 euros) possédant les fraisages ad hoc, en y ajoutant le point rouge (60 euros, pas la peine de prendre le top d’une marque suédoise bien connue exigé certes pour les carabines), le montage (là aussi pas besoin du haut de gamme, un  rail weaver ou pikattiny airsoft en alu faisant l’affaire) à 12 euros, on se fait facilement pour moins de 500 euros un « spécial battue ». Si on a déjà le semi-auto, la mise en fonds sera seulement d’une centaine d’euros. Il existe certes des « packs carabines » à 5-600 euros, mais les verrous basiques d’un certain niveau démarrent à 1000, et les express…trois fois plus chers…et trois fois plus durs à régler (convergence entre autres qui ne se fait qu’en armurerie). 

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