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13 janvier 2017

Et si on se cherchait...des crosses ?

A l’heure d’Internet, tout change et assez vite. Il est fini le temps où quelques semaines avant l’ouverture on faisait une confiance aveugle à l’armurier du coin (qui vendait d’ailleurs aussi des vélos, des ciseaux, de l’outillage !) pour se réapprovisionner en cartouches ou changer d’arme. Avec l’ordinateur, en un clic, on est au fait des dernières modes et tendances.

images (4)

 

Le lamellé-collé, qui est pourtant une vieille lune (1) arrive, via les tireurs sportifs dans le monde de la chasse, par les carabines, et déjà quelques fusils lisses. Soyons sûrs, pour des raisons aussi esthétiques que pratiques qu’il va se développer. C’est un bon compromis  entre le synthétique désormais présent partout, et les aficionados du bois à l’ancienne, puristes qui pourront se satisfaire de ce look flatteur avec ce qui reste quand même du bois d’essences différentes collés sous presses avec des résines epoxy.

boyds

On reste dans des critères de solidité et d’utilisation pratique aussi bons que les armes traditionnelles mais avec des possibilités de personnalisation fortes où tout est possible en matière de formes et de présentation, couleur. Depuis une vingtaine d’années, des fabricants US (Boyds particulièrement voir ci contre) offraient des possibilités peu onéreuses (autour de 100 dollars) de se bricoler une arme originale, mais après le 11 septembre l’importation de ce genre de matériel s’est un peu compliqué. Sur la toile on propose désormais pas mal de kits à la portée du bricoleur un peu équipé et averti, et de « tutoriels » qui expliquent comment faire.

Mais attention là où une approximation dans le bedding (ou manière de poser le mécanisme sur la crosse) pardonnera aisément sur une petite 22 LR, il n’en sera pas de même si on s’attaque aux vrais calibres gros gibier. Là vaut mieux faire confiance aux « pros » qui, en ce domaine sont assez nombreux dans notre pays. Certains armuriers (E.Briano, J.Dorléac, J.P. Ridon voir leurs sites web) renommés se sont même fait une spécialité de « customiser » ainsi carabines grand public pour les adapter soit aux chasses africaines, au tir longue distance aux nuisibles ou à la cible (bench rest).

MAKURA_R8_Success_Vollschaft_Hand_li_back

C’est également de ce tir au long cours qu’est venue la mode du « trou de pouce », timidement au départ via des artisans au nez creux (comme Salomon dans l’Eure qui commença avec des BAR), et que tout le monde fait actuellement. Cette formule est venue d’Autriche, pays de tradition armurière et de tir lointain de montagne ancestral, considérant que l’on maîtrisait ainsi mieux le recul tout en offrant plus de stabilité. On le devine, avec la main forte presque en angle droit, cette idée semble privilégier plutôt le tir calme, posé, à l’affût. En battue, où il faut souvent réarmer, et pire encore dans la traque pour un tir rapide ou au ferme, cela semblait plus épineux, « trous » et protubérances diverses pouvant s’accrocher partout. Au début on suspecta des faiblesses de solidité, les crosses devenant ajourées et moins compactes, et même, au poste des difficultés à tenir l’arme en position de sécurité quand l’attente est longue, ce qui, convenons-en, est souvent le cas.

Les retours d’info sur les forums montrent que toutes ces objections sont maintenant balayées par tous les utilisateurs. Il faut dire aussi que les manufacturiers ont beaucoup, en moins de dix ans, affiné cette technologie qui se double par l’application d’inserts anti-dérapants, de cuir pour les plus luxueuses, de modularités (buscs et crosses réglables) à même de satisfaire tout le monde. Mais que les puristes se rassurent, l’arme classique, à crosse anglaise par exemple continue de se faire. Elle reste, pour le tir instinctif, au coup d’épaule toujours dans le coup car permettant rapidement à la main forte de glisser, notamment sur les doubles détentes des fusils lisses ou vieux express. La technologie des optiques, points rouges notamment n’ayant fait que renforcer cet aspect.

1/ Technologie affinée à partir de 1939 par l’armée allemande du fait des pénuries de matières premières et de bois noble habituel pour son arme réglementaire, où on remplaça le noyer par du hêtre associé des tas d’autres essences d’opportunité. Une technologie dont profita également et pour les mêmes raisons l’aviation, certains appareils de combat à la fin de la guerre, même à réaction, faisant largement appel au contreplaqué.

 

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