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25 juin 2021

Canons : les mystères du "cône de forçage" ?

A s’intéresser aux armes de chasse depuis un bon demi-siècle, on se rend compte que peu de choses changent vraiment, et que l’affaire des « chambres » 65-70-76-89 semblaient avoir évolué sans que les cônes de forçage, immédiatement derrière, ne subissent autre chose que des modifications mineures ou non intentionnelles, les vrais progrès semblant aller vers les munitions. Or, de nos jours, il n’y a plus de bon bec autre que les « allongés, hautement polis, ajustés avec précision » et même « cryogéniques », terme qui fait joli, et qui plus est « scientifique »…

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Est-ce un effet de mode, ou l’invention du fil à couper le beurre ? Si on oublie Krieghoff, Browning fut un peu à l’avant-garde, timidement suivi presqu’à contrecoeur par Beretta, César Guérini proposant même un allongement à deux étages qui va introduire le développement ultérieur de ce papier : « une première section maximisant la pression et permettant le tir des bourres grasses ». Voilà bien le signe que les gaz contournaient autrefois ces dernières, et nous renvoie au temps du général Journée dont l’ouvrage magistral avait déjà bien remarqué la chose et la baisse de vitesse d’une dizaine de m/s en découlant. Voici ce qu’il en disait : « la chambre doit être raccordée à la partie cylindrique du canon par un cône en pente assez douce dont la longueur la plus convenable est de deux tiers du calibre soit 12 mm pour le calibre douze qui est de 18,4mm »

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Gough Thomas ne disait pas autre chose, et il faut se diriger vers les grands auteurs anglo-saxons pour commenter très précisément cet effet de mode consistant à allonger la longueur et le degré de conicité qui peut varier d’un demi (1,27 cm) à 2-3 pouces (3,62 cms) et la zone de transition entre la chambre et l’alésage. L’apparition de l’acier (1) et la nécessité de plus hautes vitesses pour compenser la moindre masse lui redonna une certaine acuité car aucune étude auparavant n’avait vraiment quantifié un véritable avantage. Tout le monde étant capable de comprendre que moins de poudre dans plus de volume de canon ne pouvait donner que moins de pression, et donc de vitesse : autour de 10 à 15 m/s. Mieux, là où on attendait une meilleure modélisation de la gerbe, Don Zutz avec un Auto 5 en perdit 1,7% le seul avantage étant moins de recul car moins de pression mesurée par Sherman Bell : 7500 psi au lieu de 8500 dans un cône allongé à 2,5 pouces.

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Il s’agit donc d’une théorie qui a longtemps profité d’un flou artistique soigneusement entretenu par les marques pour qui l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence, et que le chasseur ne peut que difficilement comprendre. Qui vous demandera un jour, au c..l des chiens, quand vous aurez fait le « coup du roi » sur un faisan stratosphérique : « beau tir cher ami…au fait quel cône de forçage avez-vous employé » ? Les avantages de cette technologie peuvent se comprendre au ball-trap où on tire beaucoup des cartouches rapides ce qui prolongera aussi la vie de fusils bien plus sollicités que ceux de chasse. A la rigueur le gain pour la gerbe pourrait être le plus spectaculaire dans le 410 du fait de son plus fort pourcentage de la charge en contact avec les parois des canons.

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Sur les armes anciennes et l’emploi de la bourre grasse, justement, les cônes standard tenaient compte de l’extrême diversité des matériaux employés : liège pas trop étanche au point qu’on mettait justement une coupelle d’étanchéité à la base, fibre et feutre un peu mieux de ce côté mais  de consistance plus variable, en « serrant » plus une obturation demi-rond où le déploiement et l’épaisseur du carton jouaient encore pour effectuer la « jointure ». Voir illustration ci-contre : en haut la cartouche carton obture parfaitement quand la cartouche plastique en bas, moins épaisse avec le sertissage étoile qui déborde peut donner des surpressions, plus de recul, et un mécanisme plus sollicité. Avec les outils ad hoc, ce qu’on gagnerait sur les variations de longueurs entre les chambres 65-67-70, serait perdu en sécurité car il n’est jamais bon d’enlever du métal, justement là « où ça force » sur des armes pas faites pour tirer les cartouches plus puissantes que nous employons de nos jours.

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Reste bien sûr moins de recul et surtout l’amélioration du modèle de la gerbe qui, bien sûr, ne peut que tirer parti d’une transition plus longue et plus fluide du passage des plombs dans le canon. On est là dans le domaine du « ressenti » et du « sentiment » bien difficile à apprécier et quantifier quand on ne tire qu’une centaine de cartouches par an. Et puis, d’ailleurs quand « on est dedans » qui se soucie encore de la modélisation de la gerbe hein ?

1/Les recommandations de l’ US Fish and Wildlife Service de 1988 furent opérationnelles en 1991 pour les zones humides, et l’Europe suivit au milieu des années 90. Et ça ne va pas aller en s’arrangeant du côté du plomb !

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