Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
FCM 25.00
Publicité
7 août 2021

Chasser avec un fusil ancien chambré 65

Au hasard des occasions, cette limite d’une chambre ancienne, quasi obsolète peut rebuter, même s’il est le plus souvent presque donné et dans des armes de grande qualité artisanale, notamment stéphanoise. Il ne faut pas hésiter et juste se placer dans l’esprit de l’époque où ils ont été conçus : un autre aspect de la philosophie « vintage » qui attire tant de chasseurs aujourd’hui car étant toute d’équilibre et de mesure dans une nostalgie presque « écolo » qui n’était certes pas d’actualité à cette époque où le gibier était abondant partout. 

catalogue iver johnson

 

Ce chiffre nous ramène au système anglo-saxon déroutant de « gauge » qui a longtemps pédalé dans la choucroute avant que le CIP (après la Grande Guerre) et le SAAMI aux USA (1927) s’en mêlent. Le 2 ½ qui correspond à notre « 65 » fut quasi inexistant aux USA qui opta rapidement pour le 2 5/8 (ou 66,68 mm soit notre 67) mais avec des chambres plus courtes de 1/8è de pouce dans l’air du temps dans les années trente. Les cartouches toutes demi-rond et avec bourres grasses ou fibre, faisaient joint avec le cône de raccordement très court pour canaliser la grenaille et guider la bourre avec une légère constriction meilleure pour bloquer les jets de gaz (1). La presse (American Rifleman), ou C. Askins Sr (dans Modern shotguns and loads, 1929) allaient dans ce sens pour fournir des gerbes homogènes et serrées, et Winchester X Pert ou Ranger Field fournirent ces chambres 67 jusqu’en 1945. Selon les sources de l’époque on obtenait ainsi 1000 psi de pression en plus par rapport aux 6000 des cartouches « normales » mais sans atteindre la limite d’épreuve de 10 000 psi.

cart win PN et smoke

C’est d’ailleurs ce problème de pression qui doit guider le chasseur actuel qui peut s’y perdre car une « 67 », et même une « 70 » modernes (2) peuvent parfois rentrer dans son vieux fusil mais non sans risques. Les grands auteurs, du major Burrard (1932) à Gough Thomas, mais surtout plus récemment S.Bell dans Double Gun Journal (2001) ont certes montré qu’on pouvait tirer des 67 dans du 65, mais à la condition sine qua non que la pression soit bien la même que celle préconisée pour l’arme. Ce qui exclut donc ispso facto toutes les cartouches modernes « hautes vitesses ». Par chance nous avons des fabricants (Vouzelaud Brou, Gilles Flers, mais aussi Tunet, BP, et tant d’autres) qui font des toutes roulées tenant compte de cela, mais celui qui recharge ou « recoupe » éventuellement à la longueur, s’il n’a pas de balance, doit en faire sa règle de base : moins de plomb veut aussi dire moins de poudre pour avoir moins de pression.  

helice10

Face à l’option d’une arme chambrée 65 d’occasion, il est difficile d’échapper au passage devant un armurier compétent qui vérifiera l’alésage (0,729), la longueur réelle de la chambre qui aura pu être allongée, réalésée, l’épaisseur des parois des canons, la constriction des chokes, qui auront également pu être revus notamment les bécassiers, examiner bosses, renflements,  réparations, piqûres internes et externes, verrous et portées, état des bandes sans même parler des autres fonctionnalités de base : détentes, sécurités, éjection-extraction. Le rechambrage, coûteux et dévalorisant une arme historiquement datée, est inutile car il ne rendra pas l’arme adaptée aux munitions modernes, trop fortes pour sa pression de service, et sollicitant trop ses pièces métalliques anciennes qui seront fragilisées par plus de recul, tout comme ses bois souvent secs et fendus.

Ithaca 1938

Il faut donc tirer parti de tirer léger dans une arme ne dépassant pas 2,7 kg en gardant présent à l’esprit que la charge la plus courante de l’époque était de 1 oz soit 28,34g ou 1 1/8 oz (31,89 g) à guère plus de 350m/s. Il faudra donc se soucier bien plus qu’avant de ce qu’on tire, par exemple du plomb nickelé ou durci pour une meilleure pénétration dans la fameuse loi des « cinq atteintes », (ou du cuivre doux en zone humide) et presque prévoir une cartouchière dédiée. A en manipuler encore quelques uns, croyez moi, on ne sent en aucune manière sous armé avec ces juxtaposés fins stéphanois capables de mettre par terre tout oiseau moyen (faisan ou colvert), pourvu qu’on le tire à bonne distance. Il suffit d’examiner les tables pour voir qu’en plomb de 6 et demi-choke il n’y a plus que 83% des plombs dans un carré de 60 cm à 40m, et 60% à 50m pour se persuader de tirer moins loin, disons 30m et à bon escient, en se disant que, ce qu’on perd en allonge sera compensé par un port agréable et une manipulation aisée.  Ce qui peut compter quand on avance en âge, et qu’on n’a plus rien à prouver à quiconque…

1/Bourres grasses ou fibre et le carton plus épais amortissaient mieux que le plastique le « saut » dans le cône de forçage bien plus court (1 mm contre 3 à 4mm de nos jours) et 15% de pression en plus dans des armes éprouvées à 3 tonnes au pouce carré contre 3,250.

2/ Vous l’aurez remarqué bien des « 70 » font moins, notamment les munitions à balle qui ne font 70 que « dépliées » une fois tirées, pour les problèmes d’étanchéité expliqués plus haut.

Prochain envoi fin août, le rythme habituel des parutions de ce site reprendra vers le 15 septembre.

Publicité
Commentaires
FCM 25.00
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
Publicité