Nettoyage de Printemps : réinventons...l'eau chaude !
Hé les gars, le confinement est terminé, chevreuil d’été et sanglier arrivent, il aurait fallu en profiter, comme nous l’avons prescrit voici deux mois, pour préparer les nombreuses armes du râtelier non ? Pour les retardataires, voici une vieille méthode qui se passe des solvants et autres détergents qui, en plus, abîment les mains !
C’est une méthode qui date du temps où les poudres étaient corrosives, et que connaissent bien les gens qui tirent et chassent à la poudre noire. L’eau savonneuse est un vieux truc ancien qui avait un avantage, éliminer les vieux lubrifiants qui s’étaient accumulés en les repoussant à l’extérieur. Fallait juste bien sécher, ce qui valait même pour les canons, de nos jours chromés dur donc plus résistants à l’oxydation. L’air chaud, le sèche-cheveux, le compresseur, furent mis à contribution, la lubrification ultérieure étant un point important à bien maîtriser. Vous l’aurez remarqué, l’huile est un piège à poussière et crasses diverses, et, posez-vous la question, pourquoi nos doseurs actuels et anciens sont dotés de compte-gouttes ! C’est sans doute pour une bonne raison : les détentes doivent être quasi sèches, et l’action nécessite pas plus de quatre gouttes apposées au pinceau et non avec des bombes aérosols qui « beurrent » partout !
Les utilisateurs des semi-autos doivent se laisser guider par notre père fondateur à tous, le sublime Auto 5 dont l’action est réputée tenir cinquante ans sans ouvrir, ce qui n’exempte pas de regarder ce qui se passe autour du magasin, des bagues et du ressort, à surveiller de près tous les ans. Le bon JMB proposait en son temps (en 1900 !) des huiles « grasses », car se maintenant mieux autour du magasin, pensée profonde que l’on peut adapter de nos jours, aux huiles « fines » qui auront un autre avantage, celui de se déposer et remettre plus facilement qu’à la Belle Epoque. Adaptée aux semis actuels, notamment les plus nombreux, ceux à emprunt de gaz, l’eau savonneuse marchera toujours notamment si l’on fait attention aux évents qu’on peut débarrasser des résidus de bourres plastique avec un petit fil de fer, ou des brosses laine d’acier, des patches à l’acétone, des boresnakes du commerce.
L’eau savonneuse, il ne faut pas l’oublier, fut le quotidien, outre des tireurs à la poudre noire, des militaires qui, au Vietnam, passaient, en même temps que les Marines qui les employaient les M 16 à la douche, voire au lave-vaisselle. L’eau chaude chauffait le métal, faisait flotter la graisse, le métal chaud ayant tendance à faire évaporer l’eau, la condition sine qua non étant derrière, de bien sécher et lubrifier. Tout le monde possède une baignoire et du savon, et pas forcément des bacs à détergents, ou à ultrasons, et ces recettes « à la papa » marchent toujours contrairement aux finitions modernes beaucoup plus agressives. Même chose pour les chokes : privilégiez les extensions plus faciles à agripper, monter et démonter, et à noyer de la fameuse « graisse blanche » applicable à toutes sortes d’écrous et boulons marins, automobiles, industriels, agricoles. Idem pour la vaseline utile pour serrer et desserrer sempiternellement après chaque sortie. C’est un des avantages de posséder plusieurs armes que de leur opposer moins de contraintes, à condition de nettoyer souvent, si possible à chaque sortie.
Bien entreposer joue aussi son rôle, bouche en bas, ressorts détendus. La plupart des canons modernes n’ont pas besoin d’être lubrifiés pour éviter de « piquer » mais il faut éviter que les lubrifiants divers se faufilent dans les trous de percuteurs, les pièces internes, les bois de crosse. N’oubliez pas une chose, même si vous portez la dernière casquette en tweed à la mode, vous serez jugé à la première battue sur la qualité de votre arme.


