« En voilà une question qu’elle est bonne » pouvait dire le regretté Coluche. Ce coefficient balistique, on en entend parler et on le voit inscrit partout, notamment sur les emballages de munitions mais sans vraiment discerner ce que c’est réellement : en fonction du poids, de la forme de l’ogive, de la vitesse susceptible de le changer ?

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En fait il s’agit d’un modèle mathématique d’une balle donnée et sa facilité à tenir la trajectoire par rapport à une balle théorique de forme similaire. A différentes vitesses, la balle correspond plus ou moins à ce modèle et c’est par rapport à cette variation qu’est apprécié ce fameux coefficient balistique. Après, les fabricants publient des chiffres qui sont ceux des observations à une certaine distance et dans un contexte donné (altitude, météo) qui ne sont importants que pour les tireurs longue distance lesquels utilisent des calculatrices  dont on n’a que peu faire, au moins dans notre pays où le tir de chasse à l’arme rayée ne doit pas excéder 300 mètres.

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Et encore aurait-il fallu que tout le monde respecte un protocole similaire de mesures à des distances standard pour mesurer la flèche, et c’est alors qu’on aurait pu, en fonction de ces modifications de masse ou de forme, mesurer la valeur dont il poussait l’air dans des conditions atmosphériques proches. Il est assez facile d’imaginer le déplacement aérodynamique de deux voitures à différentes vitesses : Ferrari contre « Deudeuche » par exemple ! Les deux vous feront faire Paris-Marseille à coup sûr certes…mais pas à la même vitesse, ni dans les mêmes conditions de conduite n’est-ce-pas ? Nos clichés ci-contre en coupe de deux balles d'un même calibre montrent bien la différence entre une balle monométallique simple (à dr.), et une balle technique (à g.). Elles feront toutes deux leur travail, mais pas exactement dans les mêmes conditions.

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Une métaphore assez facile à comprendre pour le chasseur dans l’éternel dilemme : balles légères ou lourdes ? On sait tous bien qu’une balle lourde ne chutera vraiment que lorsqu’elle aura dépassé son seuil d’utilité pratique souvent autour de 100 m en battue. Les 180 grains du 300 WM avec une vieille chemisée ronde feront tout aussi bien tomber un gros solitaire qu’une 30-06 de 150 grains profilée et configuration « boat tail » pourtant dotée sur le papier, d’un coefficient balistique élevé. C’est au moment où les deux balles atteindront les 250 m qu’elles auront à peu près la même vitesse, mais le 300 WM aura conservé plus de Joules. Donc on le voit, le coefficient balistique n’est pas vraiment un critère de chasseur, mais plutôt de tireur longue distance qui s’intéresse plus à une certaine forme de géométrie abstraite du tir que d’efficacité réelle sur le terrain, en conditions de chasse.

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C’est aussi là une des conséquences de la conception assistée par ordinateur qui fait désormais fureur partout même chez les grands encartoucheurs anglo-saxons pour nous fournir des modèles de balles issus de programmes informatiques entièrement théoriques et non pratiques. Après, tout le reste n’est qu’affaire de présentation, d’artifices de marketing en terme de « nouveauté » et de campagnes vidéo susceptibles de faire craquer le chasseur…et sa bourse !

Dans nos prochains articles, sur cette série consacrée aux petites balles rapides nous allons bientôt parler des 22 LR hyper véloces, du « vieux » 22 Hornet, puis de deux calibres d’avenir le 17 HMR, et le 300 Blackout.