Du plus petit au plus gros, ou du coq…à l’âne dirons certains, la comparaison si elle n’est pas raison, n’est pas inutile pour conclure notre récente série sur les calibres rapides. Surtout que nous entrons là en pays de connaissance, puisque les « gros » 9,3 sont les plus utilisés, après le polyvalent 7X64, mais qui commence à battre de l’aile face au 30-06, dans nos battues hexagonales.

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Il s’agit de calibres anciens nés autour de 1900 qui ont à peu près la même DRO vers 150 mètres, distance à vite oublier quand il faut tirer sur des animaux en mouvement et dans les conditions de sécurité de la battue hexagonale où il importe particulièrement, et surtout avec ces calibres puissants (encore plus de 4000 joules à 100 m !)  « d’enterrer  la balle ».

La cartouche du 9,3X74 R (à bourrelet donc) est issue du 9,3X72 R à poudre noire, bien adaptée aux armes basculantes du fait de sa faible pression. C’est une arme exclusivement européenne, les Américains chez qui sévit un féroce chauvinisme armurier ne le chargeant en Europe (1) que depuis les débuts des années 2000 ! Le 9,3X62 fut développé par Otto Bock en 1905 pour l’empire prussien, notamment en Afrique autour du système Mauser 98 K et des armes à verrou qui, jusque dans les années 60 tenaient encore le haut du pavé pour le « big five ».

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Le standard de ces balles est autour de 285 grains soit 18,5 grammes avec un beau panel de chargements qui font toujours un succès peu altéré par des concurrents plus récents comme le 30 Blaser où l’ancien 35 Whelen (9,1X63). On revient désormais sur les super chargements comme le 300 W popularisé par les semi-autos BAR, sans même parler des calibres moyens dont nous avons parlé précédemment : 7X64, 280 W (encore avec des semi-auto, notamment la série des Remington qui connut son petit succès en France importé par les Ets Rivolier). Le développement, partout dans notre pays du sanglier, devrait accroître la tendance vers ces calibres lourds et puissants, avec de nombreuses armes disponibles sur le marché, et un choix de munitions éclectique. Ce petit cliché à dr. montre bien l'envergure différente de nos "grosses" cartouches de chasse : de g. à dr. le 243 Winchester apte au chevreuil, le 30-30 Winchester des armes à levier de sous-garde de l'Ouest américain, le 303 british, calibre anciennement dit "de guerre", et enfin le 9,3X62. 

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A l’origine établis pour des balles de 18,5 grammes dont l’étendue des choix couvre bien tout ce qu’on peut trouver en battue forestière, du frêle chevreuil au coriace sanglier, la balle la plus classique est la TUG Brenneke qui, dans l’un et l’autre calibre, sort bien plus vite du 9,3X62 : une cinquantaine de m/secondes (740 contre 695), et autour de 530 joules en plus à 100 mètres. Plus près, aux distances habituelles moyennes de battue, statistiques fournies par l’ANCGG de 45 m, la vitesse ne change guère mais on a encore une quarantaine de joules en plus pour le 9,3X62.

L’autre donnée, moins connue est la différence de matériel : le 9,3X74 est principalement chambré dans des express (du genre ci-dessus à g.) quand le 9,3X62 est tiré dans des armes à verrou où il est plus difficile de doubler immédiatement. Ce calibre est moins utilisé car beaucoup optent pour le choix du 9,3X74 en vertu de l’adage « qui peut le plus peut le moins » (…et la confiance qui va avec !) mais on peut penser que les tireurs au 9,3X62 s’appliquent un peu plus au tir du fait d’une plus difficile « seconde chance »…

1/ Winchester en 2001, et Federal en 2004, pour des munitions nées autour de 1900 !