On ne s’en soucie guère quand on va à la chasse, mais on sait seulement depuis Courally que, par convention, les deux gerbes de plomb doivent, sur un douze, se rejoindre à 35 m (1), ce qui implicitement donne à penser qu’à 60 m et plus, elles s’écarteraient de plus en plus en ciseaux…ce qui limiterait donc pour de simples raisons d’efficacité balistique, sans même parler de la résistance du gibier…le tir de loin !

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De fait, même avec nos meilleures machines de production actuelle sauf à forer simultanément deux tubes dans un bloc d’acier, (ce que fort peu de marques se risquent à faire à des prix compétitifs), il est difficile de faire des canons impeccablement réglés, ad vitam aeternam, pour tirer au même point d’impact (2). Il faut en effet comprendre, par exemple dans un classique « deux coups » juxtaposé (ou express à balle) que, pendant que la charge file en haut vers la droite, le canon fait la même chose. Dans le canon gauche c’est en haut vers la gauche que ça se passe, et c’est pour compenser ce phénomène qu’il faut, selon une patiente alchimie, jouer de cales et de réglages qui ne sont pas à la portée du chasseur, (et même de l’armurier !) moyen.

A cela s’ajoutent des variables comme la charge de poudre, les poids de projectiles (plombs ou balles), du fusil, température ambiante, voire conformation de l’arme à la morphologie et au poids du tireur (3). L’idéal, serait d’avoir en tête une charge fixe, ce qui est plus aisé reconnaissons-le sur une arme rayée. C’est d’ailleurs ce qui est conseillé sur certains express neufs, réglé avec un certain type de munition, le résultat en cible étant fourni avec l’arme. D’usine on a dessoudé et soudé à nouveau les canons jusqu’à obtenir la convergence la meilleure à une distance donnée, toujours avec la même munition qu’il est donc fortement recommandé d’utiliser. C’est marqué sur la notice !

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Empiriquement, si on a affaire à une arme dont on ne sait rien du réglage, sans avoir un bon armurier à proximité, et qui n’est pas satisfaisant, on devrait après quelques essais jouer sur la variation de la charge. En effet, celle-ci, si elle traverse plus vite le canon plus la force exercée sur l’arme est importante, la fera plus reculer, ce que l’on constatera en cible avec un fort écart de groupement entre les canons droit et gauche. Si l’on ne joue que sur la charge de poudre, on risque le même résultat. Il faudrait donc théoriquement jouer à la fois sur le poids de la charge, et celui de la poudre, lents tâtonnements encore possibles si on est patient et qu’on recharge soi-même à l’arme rayée. Bien sûr ce sera moins déterminant à plombs où, cependant, l’on se rend compte néanmoins à l’usage d’une efficacité meilleure selon certaines combinaisons. Par exemple une cartouche très rapide sera plus efficace à 35 m avec un trois quart de choke qu’un full dont on sait que le fort rétreint perturbera la gerbe. Et dans l’autre sens une cartouche lourde mais lente, méritera être plus chokée, c’est ce qui explique l’avènement des rétreints spéciaux venus le plus souvent des USA et qui coûtent un œil qu’on visse au bout des automatiques pour aller au marais ou à la hutte.

1/La distance de convergence est également selon ces convenances issues des réflexions du théoricien belge, de 33 m pour un seize et 30 m pour un vingt.

2/Le canardouze utilisé à la hutte est ainsi conçu pour optimiser la gerbe de deux cartouches tirées en même temps sur les grosses poses. Mais il s’agit toujours de deux canons assemblés et réglés pour ce faire.

3/ Trop de pente sur une crosse par exemple fait tirer bas.