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21 mars 2021

Gare aux bisous...d'ours !

Entrant dans une période électorale où le prurit écolo va immanquablement nous ramener comme marotte le loup régulateur « naturel » du sanglier, et l’ours comme « doudou », et étant coutumier d’aller rôder sur les sites US, nous y avons déniché deux études amusantes et contradictoires sur les rencontres inopinées et plus que dangereuses avec le plantigrade.

grizzly couteau rem

 

Il ne faut pas rêver, il existe là-bas comme chez nous des illuminés et irresponsables qui nourrissent les ours et les pumas dans le fond du jardin, et s’étonnent ensuite de se faire boulotter leurs animaux de compagnie (1) quand ce n’est pas de tuer ou mutiler les passants. Bien sûr, ils ont réponse à tout, même à ces attaques pour démontrer que le spray, l’aérosol de poivre ou autre substance vésicante serait efficace à 33 % si on est attaqué, et meilleure réponse qu’une arme à feu. Une méthode qui n’est en rien conseillée par les services officiels car vu la portée du jet (9m.) en plus soumis au vent, et à la vitesse où fonce l’ours, on risque d’arriver à la fameuse formule « spray and pray » (arrose et prie !) des tireurs, mais en espérant que le plantigrade lui,  ne fasse qu’éternuer…

Win 401 grizzly

Bien sûr au pays du second amendement, des petits malins ont retourné la formule : opposant à ces 33%... les 66% restants qui seraient en faveur de l’arme à feu ! Or, une enquête récente (2) fait justement le point sur une quarantaine de cas étudiés, montrant l’arme de poing efficace à 97%. Une étude précédente, uniquement pour l’Alaska, sur le même nombre d’attaques donnait 87% selon des critères différents avec, sans doute aussi une évolution des technologies des armes-munitions et des comportements des usagers de la Nature. En fait, personne ne sait vraiment ce qui peut arrêter une attaque d’ours quand elle se présente, et, en gros on n’y peut pas grand-chose. La situation la plus courante et dangereuse c’est l’ourse suitée ou l’animal surpris estimant que l’attaque vaut mieux que la retraite.

Winchester_vintage grizzky

Compte tenu du temps de réaction humaine et du temps nécessaire pour réagir face à la vitesse à laquelle se déplace une telle masse c’est quasi au corps à corps que ça se passe le plus souvent. L’étude fait peu de cas des armes longues, dont le fameux 12 « à pompe », sacro-saint viatique US reposant au fond du pick-up (3), les gens s’aventurant loin sur les sentiers emportant plutôt des armes de poing. Curieusement on voit peu de cas des très gros calibres « faits pour » : un seul au 460 SW Magnum qui a fait le job, deux au 454 Casull, un tué au contact alors qu’il mordait la jambe du tireur, le second seulement blessé et achevé par l’épouse de la victime. Le Glock 10mm, récent semi-automatique également ad hoc pour l’ours est en cause une fois en 2016, en Alaska. Trébuchant en reculant, la victime tenta de repousser le grizzly à coups de pied tout en tirant, sauvé par son dernier tir à la poitrine…qui lui a aussi enlevé un de ses orteils ! La majorité des ripostes (19 X 37) s’est faite au 44 Magnum, encore à peu près accessible à tout le monde (un peu habitué quand même !) qui toutes ont réussi. Le vénérable Colt 45 a réussi six sur six, et le 38 (4), un sur deux, la victime en ayant réchappé. Le Taurus « Judge » mix de 45 et de 410 arme également de randonneur n’a fait qu’à moitié le boulot sur un ours noir qu’il fallut achever au fusil.

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Nous avons gardé pour la fin les 5 cas concernant…le 22 Long Rifle, oui,  notre petit minus préféré dont nous cessons de mettre en garde sur la dangerosité. Il a réussi quatre fois sur 5 dans des conditions qui sont aux antipodes de ce qu’on peut attendre d’une arme de défense. En 1971, un trappeur guide et chasseur pro de l’Idaho (qui avait oublié ses munitions de 44 !), se rabattit sur son petit 22, aligna 8 balles dans le cou d’un gros grizzly…ce qui le mit encore plus en colère. Par bonheur, dans sa petite meute, son vieux chien Rocket s’accrocha, envoyant bouler tout le monde, les autres chiens ayant fini par rallier, et le combat se termina dans un fourré, l’ours étant quasiment  « farci » de 14 balles de 40 grains ! A contrario, au Nouveau-Mexique alors qu’un ours poursuivait des enfants dans un lotissement, ce furent encore les chiens, échappés de la maison qui ont distrait le fauve, tiré posément à 40m…et tué d’une seule balle ! Les témoignages de chasseurs qui, aux USA, passent souvent des jours entiers, bivouaquant en pleine nature où le dépouillage et les odeurs de popote attirent les ours, montrent que le chien, la plupart du temps prévient, fait fuir l’ours, ou pour le moins le distrait, ce qui permet de gagner quelques secondes précieuses…pour s’appliquer au tir !

1/Les défenseurs de l’ours faisant remarque qu’en 2017, si ce dernier a fait deux morts, les chiens domestiques en ont fait 17.

2/Revue Ammoland, 2019.

3/Il existe toutes sortes de balles spéciales censées faire l’affaire, mais un chasseur de tétras chargé par une ourse suitée dans des broussailles la tua à bout portant avec du 7,5 ! Le fameux « effet balle » qu’on connait tous, notamment au sanglier.

4/C’est du 9mm, calibre que tirent nos forces de l’ordre, datant de 1900, dont on fit en 1920 avec le Colt 38 Super Auto une cartouche à tout faire, notamment « plein air », plus véloce. Voir pub à dr. 

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