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6 juin 2021

Heureux qui comme "le lisse" a fait un long...usage !

C’est le marketing, notamment des marques de cartouches qui a banalisé la généralisation des chokes forts sur toutes les armes de chasse, selon le critère demi et full. Mais a-t-on forcément besoin toujours de tirer serré et loin ? Elmer Keith (1) après-guerre ne préconisait-il pas un bon vieux canon lisse et un coup de 2 où mieux, de « buckshots » (chevrotines) pour tout régler, gibier petit et gros, dans son Idaho natal ?

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Pas mal de chasseurs peuvent aussi se retrouver, au gré de certaines aubaines, comme une poule qui a trouvé un couteau, avec une arme ancienne de bécassier réalésée, ou un semi-auto dont la multitude de chokes a été égarée lors de multiples déménagements. Faut-il pour autant négliger tout le fourbi ? Ce qui nécessite, en fait, revenir à l’esprit de la chasse du temps de la poudre noire pour espérer tirer parti de cette situation nouvelle. A cette époque, tous les canons étaient lisses, certains se rechargeaient encore par la bouche et il existait un vieil adage très explicite : « moins de poudre, plus de plomb tire loin et tue raide » ! Les canons étaient plus longs (2), et plus tolérants car on chargeait parfois « à la louche », et étant pour beaucoup encore en damas, on ne pouvait pas trop monter en pression.

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On ne pouvait donc jouer que sur la charge de plomb dont on allongeait la chaîne de tir, ce qu’on jugeait « à la plaque », et à l’oreille de la manière dont elle « tambourinait » à l’arrivée et plus c’était long, meilleur c’était bon ! Le canon lisse permettait aussi, pour les vieux filous qui ne voulaient pas payer le timbre du tir à balle, la découpe partielle des cartouches à hauteur de la bourre. Tout l’avant de ces « balles corses » aurait été dangereux pour cause de surpressions dans un canon très serrés, et beaucoup de canons gauches étaient expressément frappés « non pour la balle » ! Aux USA, de tels kits « shell cutters » (non exportés) existent toujours. Voir ci-contre

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On avait bien compris que l’efficacité du motif se jugeait à la partie centrale qui s’étend et change de forme en s’éloignant du canon, du centre vers l’extérieur, le point critique se situant vers 30 m. où plus de plomb allongeait un peu la distance. La base universelle des rétreints était autour de lisse (cylinder) ou lisse « amélioré » (IC). Notion d’alésage qui peut varier, même au sein d’une même marque. Voir ce tableau Browning à g.. Avant l’invention des chokes (WR Page en 1886, F.Kimble en 1870 aux USA) ou les travaux de W. Greener, on pouvait encore jouer, comme le préconisait le général Journée, des charges dites « tamponnées » (3) pour fluidifier la grenaille entre elle et les parois, voire  passer le bout des canons à l’émeri et le rendre "rugueux" pour retenir les bourres ou, du moins,  les retarder afin qu’elles ne viennent pas perturber la colonne de tir.

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Un schéma que l’on retrouve de nos jours avec certains chokes spéciaux « à picots » (Patternmaster), ou des bourres plastiques « à ailettes » (Flite control de chez Federal, à droite) qui, résistant à l’air, arrêtent la bourre dès sa sortie du canon quand la masse de plomb file, elle, tout droit. Le chasseur actuel, confronté à une arme à canon lisse, pour tirer aux distances habituelles, devra donc privilégier, comme conseillé par Ron Forsyth pour « Rifleman », une charge lourde de 1 3/8 (38,98 grammes) à bourre grasse, ne dépassant pas 330m/s, dans un numéro de plomb pas trop gros (5-6 par exemple) qui « garnira » plus le centre du motif, et si possible à forte teneur en antimoine, soit nickelé, cuivré, ou durci. C’est ainsi qu’on peut être surpris, quand invité le matin à une battue grand gibier et donc en lisse toute la journée pour le tir à balles, de succès surprenants, enregistrés le soir à la passée sur un étang proche avec la même arme, dont on aurait pu croire, de prime abord, qu’elle « fanerait » trop.

1/Voir notre archive du 7 mai 2020

2/Hormis les canardières et « punt guns » montés sur de petites embarcations, les plus longs doubles canons furent des Webley-Scott de 42 pouces (1,06 m), et aux USA, des Parker de 40 pouces (1m) en calibre 10. Dans cette période de bascule poudre noire et sans fumée et avant que Robert Churchill propose des canons de 65 cm,  on hésitait encore entre leurs mérites pour un meilleur modèle de tir, une longue ligne de visée…et la possibilité d’y mettre au bout une baïonnette pour accessoirement servir les sangliers comme à l’épieu !

3/Voir notre archive du 3 août 2020 sur les « buffers ». Les tampons « Grex » qui étaient présentés comme une alternative moins chère aux substituts exotiques amélioraient de 25% la densité des charges des sauvaginiers nord-américains lors de l’apparition du sans-plomb.  

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