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9 juin 2021

Poids des armes ? Querelle d'Allemands !

Les fusils allemands sont-ils lourds, massifs, maousse-costauds ? Voilà bien un poncif auquel on se heurte souvent dans les discussions d’amateurs, auquel il semble difficile de répondre avec objectivité. On peut aimer ou non les gravures profondes, mais pourquoi il se dégage du trio Merkel-Sauer-Simson d’avant la chute du Mur de Berlin, une telle impression pataude, voilà la question à laquelle nous allons tenter de répondre ?

piegeur

 

Toutes ces armes des années 70 sont d’une grande similarité mécanique, ce qui n’était pas le cas auparavant, mais elles ont toutes la caractéristique de proposer des chokes plus serrés que la norme européenne. L’extrémité des tubes était forée à l’extrémité mini de la plage, car, avant 1939 les caractéristiques de la chasse germanique étaient celles de petites charges nécessitant de jolis modèles de gerbe pour tirer, plus que la plume, le poil (lièvre et renard) à grande distance. Le plus gros volatile, le tétras (auerahn) se tirant même au posé. Il s’accompagnait en Allemagne et en Autriche d’une tradition plus large sur les chasses collectives du port de la bretelle, ouvert en bandoulière, canons vers le bas, (voir les deux illustrations ci-joint) favorisant là encore le « tir long ».

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 L’utilisation était très restreinte de charges « chaudes » (comme aux USA les Winchester Super X), des chevrotines, et des balles lisses, face à la concurrence de l’arme rayée, bien plus communément admise que dans le reste de l’Europe. La fameuse balle « Brenneke » pour armes lisses était même prévue, par construction (1) être tirée dans des canons les plus serrés. La tradition armurière était donc, hormis sur les armes chères où le choix du client était déjà fait, de proposer un choix Full-Full que l’on pouvait ensuite « ouvrir » à sa guise (2) à une époque où chaque armurier de campagne était outillé pour le faire.

Merkel-Model-8-Closeup

C’est la raison pour laquelle, de 1902 (rétreint Full Sauer à 0,722), à 1939 (Merkel entre 0,716 et 0,732), même si on n’était pas très loin de la norme européenne (0,725) on restait quand même sous-percé pour laisser de la marge de métal à l’artisan. La métallurgie de l’acier fluide Krupp, et la fameuse mention « Spezial gewehr lauf stahl » pionnière lors de son brevet de 1896, fut longtemps bloquée par les péripéties de l’Histoire, et n’évolua que fort tard quand Krupp acheta en 1958 la technologie (3) Bochumer verein et devint le plus grand sidérurgiste d’Europe…ayant été libéré quatre ans plus tôt pour participation à l’effort de guerre nazi !

La pénurie d’acier liée aux destructions de guerre ne fut débloquée qu’en 1953 quand tout le secteur armurier de Thuringe passa sous contrôle russe et approvisionné par ces derniers en acier venu d’Izveskh pour faire tourner des « kombinats » où 3000 ouvriers assemblaient manuellement des canons coulés et non forgés et usinés où le coût de la main d’œuvre était subventionné à 50% ! Estampillées pour l’export « Q1 », elles étaient vendues à perte pour ramener de l’autre côté du rideau de fer des devises fortes, et ces armes marques « RDA » n’ont rien à envier aux actuelles faites par 300 personnes grâce aux ordinateurs de la CAO dont elles reprennent à l’identique les cotes, grâce toujours à des fonds étrangers…qui ne sont plus venus de l’autre côté de l’Oural, mais des pays du Golfe !

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L’armurerie allemande qui, dès 1900 était loin d’avoir adhéré avec l’idéal britannique de poids et de masse minimum, continua de céder aussi à son penchant de gravures profondes et en relief incorporant des scènes de chasse qui peuvent certes avoir leur charme, mais nécessitent également chacun peut aisément le comprendre, plus de métal ! Et les poudres sans fumée (4), tout comme l’alésage serré vu plus haut lui fit opter pour une technologie à action très forte, lourde et volumineuse comme le verrou supérieur Kersten-Greener. Il obligeait à une extension et donc à alourdir des canons déjà pesants, avec plein de pièces mobiles tout en haut de la bascule. Sur un juxtaposé, c’était certes solide car s’ajoutant aux deux verrous classiques, plus une portée de recul en bas. Voir ci-dessus, les flèches rouges signalant tous ces verrous. Mais au même moment, Aimé-Cœur Tyrode inventait (1913) la fermeture « Aiglon » qui faisait tout cela en même temps…Utiliser une arme allemande de cette période offre certes des garanties de solidité à toute épreuve, mais, il faut le savoir, ce ne sera jamais une ballerine…

1/Il ne faut pas oublier que les « ailettes » sont là, non comme on le croit communément à faire « tourner » la balle, mais pour la faire passer dans tous les chokes.

2/Les fusils « prussiens » de Lindner, importés par Daly (voir notre archive du 27 novembre 2020) aux USA étaient d’office forés Full-Lisse combinaison dite « mortelle à la plume » !

3/Les aciers Boëlher Antinit et Poldi se diffusèrent vers 1964.

4/C’est le marquage « nitro » qui, pour une charge de 36 grammes de plomb, fut employé par le banc d’épreuves britannique de 1896 à 1904. Les Allemands employaient 45 grains de poudre Schulze, ce qui correspond et se trouve encore assez proche (3,25 au lieu de 3 drams) de l’épreuve anglaise de 3,25 tonnes au pouce carré.

 

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