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12 juin 2021

Motifs, modèles, chaînes et cordes de tir

La question se pose souvent si on chasse avec des calibres différents, mettons 12 et 16, et devoir tirer à la même distance le même gibier par exemple en plomb de 7 en étant pareillement choké : peut-on en attendre les mêmes résultats ? Les bourres plastique à jupe ont un peu relégué au second plan ces préoccupations pourtant toutes abondamment traitées par les vieux auteurs.

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On y parlait de « modélisation » et de « chaînes de tir » à l’époque des bourres grasses ou fibre, quand le rechargement largement commun après-guerre concernait tous les chasseurs. Il s’agissait pour eux de vérifier « à la planche » la qualité de leur travail. Nous avons largement évoqué cet aspect quand, garçonnet dans les années 1955, nous allions constater sur la porte des cabinets et les grandes doubles pages centrales du « Progrès de Lyon » le fruit du travail hivernal de notre aïeul dans les Dombes ! Et on pouvait s’étonner qu’on puisse manquer l’envol du halbran, vu la taille du motif, large comme un capot de voiture !

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Depuis bien longtemps, de la roue de Forsyth, aux travaux plus tard dans les années 70 de Bob Brister (1), on avait affiné cette visualisation des résultats de la gerbe par un second plan dans l’espace montrant une « chaîne de tir » plus ou moins longue en fonction des caractéristiques de la cartouche, mais aussi de l’étranglement des chokes. Déjà dans le même calibre et numéro de plomb, le motif parfait semblait n’être jamais reproductible, alors que dire dans des calibres différents ! Malgré tout, la longueur de cette chaine de tir était pour les fabricants de bourres un argument marketing important car on pensait qu’une corde courte était plus puissante, notamment pour la « plume » et surtout à ce moment le faisan dont la zone vitale se trouvait dans la moitié avant de l’oiseau. Des ouvrages (« Mystères des modèles de fusils de chasse », Oberfell-Thomas 1957) résumaient ainsi la chose : « tirer le meilleur coup, le plus dur (pensez cinq atteintes), et le plus rond dans le swing ».

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Intervenait également dans l’équation des composantes de dureté de plomb (nickelé, durci, cuivré) dont on ne prend plus guère garde aujourd’hui car cette « corde » de tir était aussi déterminée, et plus encore dans les « sous-calibres » (28, 410) par cette dureté de la grenaille. Plus dure, il y avait moins de friction et de déformation, les plombs « patatoïdes », moins aérodynamiques freinant plus vite, et restant à la traîne. Le « bon modèle » devait tenir compte de la « distribution de Raleigh » à savoir, au fur et à mesure que l’on s’éloigne rapidement du centre de la gerbe, que les plombs soient également répartis et poursuivent leur route dans le même rapport si la distance s’allonge. Il s’agissait de combattre le fameux effet « donut » en anneau, la zone efficace étant censée se trouver au centre de la gerbe.

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Les notions de swing et de suivi, le fameux « queue-tête-pan » si on veut, et la métaphore du tuyau d’arrosage dont on pince plus ou moins le bout pour faire comprendre l’utilité des chokes s’il était OK pour faire comprendre le tir avec déflexion aux néophytes, fut bien sûr contredit par la balistique. Le mouvement, même le plus vif des canons, ne peut bien sûr avoir d’effet sur une masse filant tout à coup à 350m/s.

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Ce sont les caméras à très hautes vitesses qui ont relégué au rang de vieilles lunes tous ces vieux débats en faisant passer la visualisation de 2 à 3 dimensions et montrer que la gerbe loin d’être une « corde », se comportait plutôt comme un « essaim » s’allongeant plus ou moins en forme de goutte d’eau. Sir Gerald Burrard déjà, depuis longtemps dans « The Modern Shotgun », avait conseillé négliger ces considérations…fumeuses, (et c’est bien là, le cas de le dire à la sortie des canons !), et dans le doute, charger plus, pour être plus sûrement efficace. La chaîne de tir était l’artefact d’une combinaison de déplacements latéraux et de variation des différents plombs arrivant en « effet de fronde », sorte de photo-finish de leur état d’arrivée, mais non de leur efficacité en vol. Les travaux les plus tardifs comme ceux de Brister eurent au moins le mérite, alors qu’arrivait le substitut de mettre en lumière que bourres à jupe modernes, grenaille plus dure, éventuellement « tamponnée » aux « buffers » (2) amélioraient le motif.

1/ Dans « Shotgunning, the art and the science », il tirait sur des cibles en mouvement traînées par le break familial conduit par son épouse !

2/Voir archive sur les « tampons » du 3 août 2020.

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