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31 juillet 2021

Browning Cynergy, les limites du "concept gun" (part. III) : mais que diable aurait fait J.M.B. ?

Troisième et dernier épisode concernant le superposé « Cynergy ».

D’un autre côté, la complexité de la bascule et de la percussion et sa détente très lourde, souvent supérieure à 14 livres (soit 2,33 kg), empêchaient l’armurier du coin d’y mettre le nez dedans comme autrefois, un peu comme de nos jours dans le monde de la réparation automobile le métier de nos « mécanos » de campagne est grevé par l’électronique. Fini le temps où le marteau et la clé anglaise formaient le couple royal de la mécanique !

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Ainsi donc, beaucoup de ces armes durent repartir vers la maison-mère, parfois pour plusieurs mois. En 2007, année où l’on trouvait encore pas mal d’armes de la première série en vente sur le Net, coururent des rumeurs d’arrêt de la ligne dans une période où les fans des Browning classiques hurlaient déjà depuis un bon bout de temps à la trahison face à ce nouveau look : imaginez, en 2008, le vieux « Citori » passait la barre du million d’exemplaires vendu ! Browning tendit le dos, multiplia les offres club ou de « goodies », vous savez ces petits cadeaux qui entretiennent l’amitié, allant des chapeaux aux couteaux siglés pour tenter d’apaiser la tempête, tout en sortant une kyrielle de modèles spéciaux pour redonner de l’attrait à une gamme de retour vers un look plus classique.

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Il y eût ainsi des modèles composites camouflés, ou encore de couleurs différentes ( Black Ice, Charcoal, Grey, Satin Dove, Desert Tan, Etain-nickel), et même jusqu’en bois d’érable sans doute pour séduire la clientèle de nos cousins canadiens de la « Belle Province » ! Si on regarde bien, rétrospectivement, toute la période 2004-2007 fut ainsi faite de tâtonnements pour voir ce qui marchait ou pas, et une fois une ligne Cynergy bien déterminée, de tenter d’en faire la production principale, tout en continuant toujours d’offrir des versions grade supérieur de la série B 25, le haut du panier issu du Custom shop (devenu depuis J.M.Browning collection) étant bien sûr, hors sujet ici, du fait de son prix.

Mais à ce moment, en 2007 les aficionados de la marque pouvaient toujours compter sur une plate-forme déclinée du B25, en constante évolution : 325-425-525, soit onze versions du Citori encore au catalogue. Duel à distance encore renforcé aux USA, par un sondage explicite dès que les deux armes étaient mises face à face (76% et victoire par K.O. pour le Citori !) quand, patatras, sans doute de guerre lasse, en 2012, Browning sortit le 725, dernier avatar du fusil conçu par J.M.Browning presque cent ans plus tôt. Le Cynergy resta malgré tout disponible au catalogue chez nous jusqu’en 2015 où il demeure, comme partout dans le monde, une arme controversée, certainement en avance, mais peu en phase avec son temps.

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Au tir, les utilisateurs hexagonaux conquis louaient son swing fluide, sa gestion efficace du recul au prix d’un pad sophistiqué mais inélégant (voir ci-contre à g.), du moins dans les premières versions. Actuellement, le nom de Cynergy se réduit chaque année comme peau de chagrin au catalogue mondial Browning. L’édition internationale 2018 a abandonné une bonne poignée de modèles dont plusieurs composites et camouflés, mais surtout les modèles « plume » qui, en 20, pouvaient encore séduire la clientèle européenne. Ne restait plus disponible qu’une demi-douzaine d’armes : le Field, les CX composites et à busc réglable, un trap combo, et un seul camouflé (Mossy Oak) pour le tir au dindon ce qui, vous l’avouerez, reste un oiseau assez peu courant dans nos contrées, sinon dans les cours de fermes !  Et en disponibilité limitée il restait trois versions camouflées : Shadow grass, Bottomlands, Realtree Max 5.

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Fusil original aux lignes futuristes, en cette période estivale où nous écrivons ces lignes il trouve néanmoins une seconde jeunesse chez les collectionneurs. On en remarque une dizaine sur le plus grand site de vente en ligne d’occasion : sept de ball-trap, trois de chasse, tous autour de 1200-1700 euros, ce qui prouve, s’il en est besoin, que même sur une arme aussi controversée, le label qualité Browning joue toujours et fait mentir les oiseaux de mauvais augure qui lui prédisaient quelques difficultés à la revente. Face au dilemme qui se posa aux dirigeants de la marque, qu’aurait-fait à leur place le grand John Moses Browning en personne ? En observant attentivement la biographie de cet ingénieur dans l’âme, on sait que, une fois le concept défini, il ne s’attardait guère aux à-côtés, et qu’il aurait sans doute fini, par trancher assez vite dans le vif du sujet…

 

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